Gilbert Montagné et Michel Lejoyeux livrent les clés du bonheur d’une vie simple
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Gilbert Montagné et Michel Lejoyeux livrent les clés du bonheur d’une vie simple

Ou quand un chanteur aveugle optimiste et un professeur de médecine (Le)joyeux discutent des pouvoirs médicinaux de la musique, de la gratitude et de la nourriture

Illustration d'un smiley souriant (Crédit : PixaBay/domaine public)
Illustration d'un smiley souriant (Crédit : PixaBay/domaine public)

En littérature, il arrive qu’un petit miracle advienne. Tel fut le cas à la lecture de deux ouvrages, parus à quelques semaines d’intervalle : La médecine du bon sens (JC Lattès) dans lequel Michel Lejoyeux, professeur de psychiatrie et d’addictologie à l’université Paris VII, chef de service de plusieurs hôpitaux parisiens, nous fait prendre conscience des ressources naturelles dont notre corps dispose pour faire face à la maladie et à la mélancolie. Dans Au jardin de ma vie, (Flammarion), l’artiste surdoué et citoyen engagé Gilbert Montagné explore les premiers mois de sa vie passés en couveuse, berceau de ses forces vives et de son optimisme contagieux. Un dialogue semblait déjà s’instaurer.

Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer, échanger et… mettre à mal les questions bien ordonnées que l’initiatrice de cet entretien a vite fait de remiser afin d’en préserver l’authenticité, la spontanéité et la bouffée de bien-être qui s’en dégageait. Morceaux choisis. Pour le reste, rendez-vous dans toutes les bonnes librairies.

Times of Israël : Un « homme libre, gourmand de la vie » : sans doute serez-vous d’accord, Gilbert Montagné, pour nous accorder que ce pourrait être là le sous-titre de votre livre marqué par deux mots : liberté et vie…

Couverture du livre Au jardin de ma vie, de Gilbert Montagné. (Autorisation/Photo de Gianni Candido)

Gilbert Montagné : Je suis le premier étonné d’avoir tenté et réussi ce voyage introspectif, afin de retrouver les tous premiers feelings de la période de trois mois et demi passée en couveuse.

Quand Flammarion m’a contacté, cette idée m’est apparue comme un flash.

Je suis né sur la table de la cuisine, dans le petit appartement familial, en plein hiver. L’ambulance a mis du temps à trouver l’hôpital de secteur qui m’a renvoyé vers le centre néonatal de Port-Royal.

A l’époque, les parents n’étaient pas autorisés à venir près du bébé pour le toucher, lui parler. Rien ne me parvenait, ni son ni image. Cette solitude n’a pourtant pas été dramatique. J’ai senti que si je ne pouvais compter que sur moi-même, il y avait aussi la vie qui me faisait confiance, qui m’expliquait qu’en retour, il fallait que je lui fasse confiance et que je n’avais aucune raison de m’inquiéter.

Dans ma couveuse, je ne savais pas si j’allais être non-voyant ou pas mais la bonne nouvelle, c’était que je ne savais pas davantage que j’étais
voyant ! La confiance que la vie m’a donnée m’a aidé à ne pas considérer ma déficience comme un handicap.

Voilà qui s’accorde d’emblée, Pr Lejoyeux, à la définition que vous donnez de la médecine du bon sens dont vous déployez les grands axes dans votre livre. Elle prescrit du plaisir, de la liberté, de grands principes de santé mais aussi des moments où l’on se laisse un peu aller…

Michel Lejoyeux, professeur de psychiatrie et d’addictologie à l’université Paris VII, chef de service de plusieurs hôpitaux parisiens. (Autorisation)

Michel Lejoyeux : Quand je vous entends, Gilbert, je me dis que vous avez un maître : c’est celui auquel je fais référence dans mon livre « La médecine du bon sens » : Hippocrate.

Sans doute n’imaginiez-vous pas que vous étiez un chanteur hippo-cratique ! Hippocrate a dit que ce qu’il y a d’extraordinaire dans l’homme est sa capacité d’auto-guérison.

La médecine du bons sens rappelle que nous avons en nous des super pouvoirs de santé et de résilience qui n’excluent évidemment pas le recours à la médecine lorsque nous en avons besoin. Je tiens à préciser que mon propos n’est pas, bien sûr, anti médical et que je ne suis pas en train d’inventer une médecine parallèle !

Je suis professeur de médecine et je défends aussi une médecine classique. Mais nous avons en nous une capacité d’auto-guérison dont nous ne nous servons pas suffisamment. Je ne me livre pas à un grand exercice d’imagination et je fais dans mes ouvrages ce que je fais en consultation. Il s’agit au fond de montrer qu’avant la maladie, peut-être en prévention, nous pouvons faire des expériences de santé positives qui nous permettront d’aller bien.

Aujourd’hui, dans une consultation sur deux, je pratique une médecine très « classique », avec des soins et des médicaments. Pour d’autres, je vais plutôt utiliser cette médecine du bon sens qui revient à conseiller quelques pratiques dont l’esprit rejoint, Gilbert, votre façon de concevoir la vie.

C’est la raison pour laquelle je suis très sensible à ce que vous dites. De récentes études sur la biologie du cerveau donnent raison aux optimistes et à ceux qui croient qu’on peut s’en sortir. Lorsque l’on est animé d’une telle envie, on est capable de changer la configuration de son cerveau.

Gilbert Montagné : Que j’aime cette conversation ! Vous savez, Michel, un vieil ami non-voyant a récemment été opéré du cœur pour un triple pontage. Le problème est qu’il s’est formé un caillot qui le laisse pour l’instant hémiplégique. Quand je lui rends visite, je lui dis : « Il faut que tu parles à ton cerveau et que tu lui dises que tu veux t’en sortir. Il faut que le cerveau réapprenne à vouloir fonctionner du côté gauche ».

Je parle avec mes mots, je ne suis pas un scientifique mais je suis certain que c’est de cette façon qu’il va réussir. Le problème, c’est que les médecins ne connaissent pas l’univers des non-voyants, surtout en rééducation. Il faut qu’eux aussi y croient. C’est en cela que je rejoins votre propos sur la confiance et la foi en sa force intérieure. Et c’est surtout quand on ne va pas bien qu’il faut y croire.

Michel Lejoyeux : Il faut incarner cette confiance, voire la dépasser, à travers des expériences. Notre métier de médecin est de passer d’une grande démarche à de petites expériences.

C’est ce que je fais dans mon livre. J’ose parler d’un art formidable qui agit remarquablement sur le cerveau : la musique. Nous savons aujourd’hui à quel point elle est active sur les émotions et qu’elle agit comme un protecteur sur des cerveaux lésés.

Gilbert, il est une phrase de votre livre que l’on a envie de fredonner sur l’air des Beattles : « Silence et résilience sont des mots qui vont très bien ensemble »…

Gilbert Montagné : C’est la force du silence extérieur et toute l’intensité intérieure…

Vous appréciez la transparence des êtres et des choses. Comment la percevez-vous ?

Gilbert Montagné : La transparence n’est pas qu’une affaire de perception visuelle. J’ai toujours su que j’avais ma propre façon de voir et qu’elle était tout aussi légitime.

Mes yeux ne voient pas, certes, mais j’ai d’autres itinéraires. Imaginez ma joie quand je fais tomber quelque chose et que ma main arrive immédiatement dessus, sans tâtonner. Dans ces moments-là, je remercie la lumière du ciel.

Vous évoquez l’optimisme viscéral que beaucoup vous envient… Selon le Professeur Lejoyeux, « un gladiateur pessimiste n’a aucune chance de survie, même en dehors de l’arène ». Il ajoute que « ceux et celles qui croient en eux, en leur potentiel présent et à venir, réussissent mieux. Ils ont un corps et un esprit en meilleure forme ». Voilà qui va dans votre sens !

Gilbert Montagné : À ce moment précis, je pense aux survivants de la Shoah qui ont été des êtres dotés d’une confiance incroyable jusqu’au bout. Peut-être n’en aurais-je pas été capable. Elie Buzyn [chirurgien orthopédique français, d’origine polonaise, survivant et témoin de la Shoah] m’a raconté son parcours. C’était fascinant…

Elie Buzyn, survivant du ghetto de Lodz, du camp d’Auschwitz et de la marche de la mort, est aujourd’hui le père d’Agnès Buzyn, ministre de la santé et grand passeur de mémoire (Crédit: capture d’écran BFMTV)

Michel Lejoyeux : Gilbert, je suis très content d’entendre vos propos. Je vais dorénavant conseiller à ceux et celles qui vont mal de vous lire et d’écouter encore plus souvent vos chansons.

Je suis par ailleurs très sensible à la force du silence que vous avez mise en avant. Votre capacité à avoir un silence extérieur et une vie intérieure est ce que l’on appelle la capacité à vivre le temps présent. La notion de mindfulness, l’ouverture à l’instant présent, est essentielle en psychologie moderne. On n’est capable de tolérer le silence que si l’on est détenteur d’une richesse d’émotions.

Nous conseillons à nos patients anxieux un petit exercice : nous les invitons à s’imaginer chauffeur de bus. Le chauffeur doit rester concentré sur sa conduite, quels que soient les voyageurs – sympathiques ou agressifs, calmes ou turbulents – qu’il prend en charge.

Le fait de poursuivre une activité est probablement l’un des éléments déterminants de la santé. Ce qui vous nourrit, Gilbert, et ce vers quoi j’essaie de faire tendre ceux et celles qui n’ont pas la chance d’avoir cette nourriture, naturelle ou entraînée, c’est la gratitude. La vraie gratitude, qui n’est pas une politesse affectée, est un facteur de protection. Elle entretient l’optimisme. C’est tellement vrai que nous proposons également de petits exercices qui aident, par exemple, à la vie de couple. Ils consistent à écrire, le soir venu, dans une lettre de gratitude à celui ou celle qui partage notre vie, les trois plus belles choses qu’il ou elle nous a offertes, plutôt que de lui reprocher ce qu’il ou elle n’a pas fait ou aurait dû faire. Il suffit de se remémorer tout ce que l’autre nous a apporté de bien dans notre vie, pour orienter notre relation sur le mode de la gratitude. La gratitude s’acquiert avec de l’entraînement. Elle agit objectivement sur le cerveau, en augmentant les molécules de la bonne humeur, comme par exemple la sérotonine, et en diminuant les molécules du stress.

L’optimisme a donc une action sur les paramètres qui vont contribuer à la bonne santé. J’ajoute que quand on est optimiste, on a plus de copains, on entretient de meilleures relations familiales et on a davantage confiance dans ce que peuvent dire les docteurs ! Pour ma part, je connais un chanteur dont toutes les chansons rendent optimiste. Nous sommes d’ailleurs en train de lui parler. Celui-là me fait des perfusions d’optimisme.

Vous avez, donc, Gilbert, une action anti-adrénaline. Peut-être faudrait-il suggérer que vos livres et vos albums soient remboursés par la sécurité sociale !

Dans votre livre, vous en admirez un autre, Michel Lejoyeux : l’Homo sapiens qui faisait preuve d’une belle dose de confiance en ses possibles. Gilbert serait donc un magnifique spécimen d’Homo sapiens…

Couverture du livre de Michel Lejoyeux, professeur de psychiatrie et d’addictologie à l’université Paris VII. (Autorisation)

Michel Lejoyeux : C’est plutôt Gilbert qui nous rendrait un peu Homo sapiens en ce qu’il nous ramène à nos plaisirs primitifs quand on écoute ses chansons !

Mais, plus sérieusement, le sujet de la médecine du bon sens concerne les pouvoirs qu’avait l’Homo sapiens. Ce sont ceux que Gilbert utilise. Quand je vous vois chanter, je suis impressionné par le fait que vous êtes toujours en mouvement. Or les neurobiologistes sont en train de démontrer que lorsque l’on bouge, on augmente le facteur de croissance des neurones. Ce qui signifie, Gilbert, que chaque fois que vous bougez en chantant, vous faites pousser vos neurones ! C’est un peu comme si vous produisiez de la morphine sur scène, de façon totalement légale.

Une expérience israélienne très édifiante vient d’ailleurs d’être menée. Elle invite à plonger les mains dans l’eau glacée. Tout le monde a évidemment envie de les retirer très rapidement. Or, il a été constaté que si l’on a bougé ou couru quelques minutes avant l’expérience, on tient plus longtemps grâce à l’augmentation des endorphines. L’absorption d’un bloqueur des endorphines fait disparaître l’effet. C’est une belle étude qui montre que l’un des pouvoirs du Sapiens était le mouvement. Bouger – faire de la gym, marcher, bouger sur scène comme vous le faites -, permet de mobiliser son cerveau et ses émotions.

Gilbert est donc bien mieux qu’un Sapiens mais il en a toutes les qualités !

Gilbert Montagné : J’en apprends ! Pour revenir sur la gratitude, je dirais qu’être grateful, empli de gratitude, c’est aussi se faire du bien à soi-même. Je le mesure avec mon public qui me suit depuis cinquante ans maintenant.

Pour moi, chaque personne est importante. Je le dis souvent à ceux que je rencontre : « Nous sommes tous différents et importants ». Je crois que ce qui manque, notamment en France, c’est le sourire. Savez-vous qu’une note émise est différente selon que l’on sourit ou non ?

Gilbert, vous écrivez avoir entendu « l’ombre de la porte », lorsque vous êtes entré, quelque soixante ans plus tard, dans le service des grands prématurés qui vous avait accueilli, pour expérimenter le retour à la source de votre vie. Que signifie « entendre l’ombre de la porte » ?

Gilbert Montagné : Je fonctionne ainsi. J’entends ma voix qui rebondit contre un mur, un visage, une porte, sans identifier nécessairement exactement ce dont il s’agit, si je n’ai pas encore apprivoisé le lieu. Et quand je suis arrivé près de la porte du service, j’ai entendu son ombre.

A lire : « L’essentiel » freudien au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris

En commentant l’exposition que le Mahj consacre à Freud, Joëlle Bernheim a évoqué un verset de l’Exode (Ex 20,15), dans Chemot, où les Hébreux réunis au pied du mont Sinaï, ont « vu » les voix. Voir prend le sens de comprendre…

Gilbert Montagné : C’est tout à fait cela ! J’aime ce passage. Je n’ai jamais compris pourquoi on n’apparentait la vision qu’à l’œil. Cela empêche de considérer la possibilité de voir avec ses autres sens. L’ouïe ne se réduit pas à la définition et au rôle qu’on lui donne généralement. Entre parenthèses, Braille s’appelait Louis…

Michel Lejoyeux : Joli !

Gilbert Montagné : Je suis convaincu que l’on doit penser que nos oreilles nous donnent le pouvoir de communiquer avec l’esprit. Il faut d’ailleurs faire attention à ce qu’on dit parce que l’esprit a des oreilles…

Michel Lejoyeux : Une étude vient de sortir sur les effets de la musique sur le cerveau. Les chercheurs ont utilisé pour cela la musique de Mozart et les conclusions auxquelles ils sont parvenus vont totalement dans votre sens. Si l’on vous dit qu’entendre les murs est une idée un peu folle, répondez que vous avez un ami professeur de psychiatrie qui affirme que c’est au contraire totalement normal !

On s’est aperçu que ceux qui ont écouté une musique en pleine conscience traitent mieux les émotions et sont plus créatifs face à une situation inédite.

Enfin, si on leur fait écouter des mots désagréables (pour certains, ce sera
« impôts », pour d’autres « travail », etc…), la mesure objective de leur stress à l’écoute de ces mots montre qu’ils ont été protégés ou « vaccinés » par l’effet de l’ouïe et de la musique.

J’ajouterai que les éditions classiques des livres de Freud ont toutes été traduites par Samuel Jankélévitch (père du grand philosophe Vladimir Jankélévitch), qui était ORL. Il avait l’habitude de dire qu’au fond, il était normal que ce soit un ORL qui traduise Freud parce que le vrai sujet est l’écoute. Pour nous qui travaillons en psychiatrie, cette force de l’écoute est la base de notre métier. Ce que vous ressentez, Gilbert, n’est rien de moins qu’une prescience de ce qu’est le pouvoir de l’écoute.

Sigmund Freud (photo credit: Max Halberstadt/LIFE/Wikimedia Commons)
Sigmund Freud (Crédit : Max Halberstadt/LIFE/Wikimedia Commons)

Professeur Lejoyeux, vous rapportez qu’Hippocrate affirmait que la nature fait ce qu’il convient. Et voici ce qu’écrit Gilbert : « Je n’oublierai jamais non plus qu’un oiseau, en sifflant sa mélodie dans une forêt de l’Allier, m’a inspiré un de mes plus beaux succès »…

Gilbert Montagné : Ce qui est incroyable, c’est que je m’en sois souvenu à mon retour à Paris, trois semaines plus tard. Je n’avais rien pour enregistrer ou noter. Je suis parti de ces premières notes des chants d’oiseaux et j’ai écrit « The Fool ».

Il faut savoir écouter la nature.

Pour reprendre les mots du « Jardin de ma vie », vous refusez, Gilbert, de vous laisser polluer par tout ce qui gâcherait votre vie. De votre côté, Michel Lejoyeux, vous écrivez : « Si l’on compare l’esprit à un jardin, mieux vaut enlever le plus gros des mauvaises herbes en douceur que de pulvériser à tort et à travers un désherbant
toxique »…

Gilbert Montagné : Nous nous rejoignons totalement.

Michel Lejoyeux : Ce que vous dites sur la nature résonne avec l’idée que j’essaie de transmettre à travers la médecine du bon sens, notamment sur les régimes alimentaires. Je vois de plus en plus de gens qui adoptent des régimes d’un niveau de contraintes impressionnant. Je donne quelques petites idées simples, notamment qu’il vaut mieux, contrairement à ce que l’on croit, manger davantage l’été que l’hiver et choisir des aliments naturels, comme celui que viennent de mettre à l’honneur des chercheurs israéliens. Ils ont découvert, autour d’une tombe d’hommes préhistoriques, des feuilles de menthe dont on s’est aperçu récemment qu’elles avaient un effet calmant sur les fringales.

Ou encore un aliment très ancien que l’on ne consomme pas suffisamment : les graines de caroube qui apportent des sucres lents. Ne laissons pas maltraiter nos régimes alimentaires ! Et gardons en mémoire que les plus grands aliments toxiques restent l’alcool en grande quantité et le tabac.

Gilbert, vous vivez une partie du temps en Israël, « Au soleil » ou, en s’affranchissant de la réalité géographique, « Sous les Sunlights des tropiques » pour reprendre deux de vos tubes. Sans doute aimez-vous sentir sur votre peau le soleil qu’appréciait votre mère, Jeanne Kalfon… Dans son livre, le Pr Lejoyeux souligne les bienfaits de la chaleur, même pour ceux qui ne sont pas déprimés…

Gilbert Montagné :  C’est un bonheur qui m’est arrivé il y a un peu moins de dix ans, quand je suis tombé en amour avec Israël, comme on dit au Québec. J’y ressens la rigueur américaine et, en même temps, le balagan du Moyen-Orient. Je suis reconnaissant envers la vie de m’avoir donné la possibilité d’être en Israël.

Michel Lejoyeux : La meilleure revue de psychiatrie, « The American Journal of Psychiatry », vient de montrer que trois expositions d’une demi-heure par semaine à une température d’environ 40 °C – qui augmente d’un degré et demi la température corporelle – ont, chez certains déprimés, un effet comparable à celui d’un antidépresseur. Attention, soyons clairs : il ne s’agit évidemment pas de conseiller aux lecteurs qui en ont besoin d’arrêter les antidépresseurs. Mon propos n’est pas, là encore, de dire le moindre mal des médicaments. Reste que l’on vient de découvrir que même en hiver, trois expositions par semaine au chaud ont un effet objectif sur la bonne humeur.

Gilbert Montagné :  Pour ma part, j’ai besoin de ressentir le soleil, même quand il est derrière les nuages. Les voyants ne le voient pas mais moi, je sais exactement quand il va poindre…

Gilbert Montagné (Crédit : Philip Conrad)

Gilbert Montagné Au jardin de ma vie, Flammarion, 192 p, 16,90 €

Michel Lejoyeux  La médecine du bon sens Un programme pour une vie saine et harmonieuse fondé sur l’expérience de nos ancêtres, J.C. Lattès,
250 p, 19 €

Actualité musicale de Gilbert Montagné : La Niña. Il sera en concert à Tel Aviv le 12 août et à Netanya le 13 août 2019.

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