Hadash-Taal ne recommande personne au poste de Premier ministre
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Hadash-Taal ne recommande personne au poste de Premier ministre

Lors de leur rencontre avec le président Reuven Rivlin, les responsables du parti ont accusé Netanyahu "d’incitation à la haine sans limite"

Des membres du parti Hadash-Taal rencontrent le président Reuven Rivlin à la résidence du Président à Jérusalem le 15 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des membres du parti Hadash-Taal rencontrent le président Reuven Rivlin à la résidence du Président à Jérusalem le 15 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Lundi, les responsables du parti Hadash-Taal ont informé le président Reuven Rivlin qu’ils ne recommanderont personne au poste de Premier ministre d’Israël.

Hadash-Taal est une alliance entre un parti communiste qui milite pour une coopération arabo-juive et un parti exclusivement arabe.

« Nous ne recommandons personne », a déclaré Ayman Odeh, le chef d’Hadash-Taal, lors de la rencontre entre Reuven Rivlin et des officiels de l’alliance.

Lundi, Rivlin a également reçu des officiels du Likud, de Kakhol lavan, d’Yahadout HaTorah et du Shas pour leur demander qui ils recommandaient pour devenir le prochain Premier ministre. Le président demandera probablement au candidat qui a été recommandé par le plus de députés de former et diriger le gouvernement de coalition.

Le Likud, de Yahadout HaTorah et Shas ont dit au président qu’ils recommandaient Benjamin Netanyahu pour continuer à servir en tant que Premier ministre, alors que Kakhol lavan l’a informé qu’il soutenait son propre chef, Benny Gantz, à ce poste.

Netanyahu devrait former le prochain gouvernement d’Israël, après que des partis de droite ont remporté plus de 60 sièges à la Knesset aux élections nationales de mardi dernier.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu salue les partisans au siège du parti du Likud, dans la ville côtière de Tel Aviv, lors de la soirée électorale dans la nuit du 10 avril 2019 (Crédit : Thomas Coex / AFP).

Lors de la rencontre de lundi avec Rivlin, Odeh a également fustigé Netanyahu pour ce qu’il a qualifié de campagne électorale « clivante ».

« Nous avons subi la campagne électorale la plus difficile, qui comprenait de l’incitation à la haine sans limite de la part du Premier ministre », a déclaré Odeh à Rivlin. « une telle situation ne s’était pas produite depuis 1948. »

Pendant sa campagne électorale, Netanyahu et ses alliés ont affirmé, à de nombreuses reprises, que Gantz prévoyait de s’appuyer sur le soutien des partis à majorité arabe en Israël pour former un gouvernement, insinuant qu’une telle décision lui retirerait toute légitimité politique.

Le Premier ministre avait également déclaré en mai 2018 : « Israël n’est pas l’État de tous ses citoyens. Selon la loi de l’Etat-Nation que nous avons adoptée, Israël est l’État-nation du peuple juif – et de personne d’autre ».

La loi de l’Etat-Nation, que la Knesset a approuvée en juillet 2018, a ancré Israël comme « le foyer national du peuple juif », en reconnaissant les fêtes et jours du souvenir juifs, et a fait de l’hébreu la seule langue nationale de l’État.

Ahmad Tibi, le numéro 2 de la liste Hadash-Taal, s’est en pris au Likud pour avoir organisé l’installation de caméras cachées dans des bureaux de vote des communautés arabes le jour de l’élection.

« Mille trois cents caméras dans des bureaux de vote. Le parti au pouvoir est fier de faire ce genre de choses et ceux qui ont organisé tout cela disent, ‘Nous avons essayé de nuire aux partis arabes et nous avons réussi à faire baisser la participation [arabe] au scrutin », a-t-il dit à Rivlin. « M. le Président, imaginez si le parti au pouvoir en France plaçait 1 300 caméras dans des quartiers juifs parce que les Juifs sont des faussaires. Cela serait très grave. Ici aussi, c’est très grave. »

Mardi dernier, le Likud a reconnu être responsable du placement de 1 200 caméras dans des bureaux de vote dans des villes arabes. Des officiels du parti ont fait savoir que cela avait pour but de surveiller ce qu’ils considéraient être des zones à haut risque de fraude électorale.

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