Haïm Korsia dénonce « le racisme » de Valerie Giscard d’Estaing
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Haïm Korsia dénonce « le racisme » de Valerie Giscard d’Estaing

Commentant son choix de soutenir Chirac face à Balladur en 1995, l'ex-président a fourni une explication inattendue

Valérie Giscard d'Estaing lors de son débat face à François Mitterrand lors de l'entre deux tours des élections présidentielles en 1981. (Crédit : capture d'écran France 3)
Valérie Giscard d'Estaing lors de son débat face à François Mitterrand lors de l'entre deux tours des élections présidentielles en 1981. (Crédit : capture d'écran France 3)

Pour annoncer la diffusion de ces entretiens exclusifs avec l’ex-président Valérie Giscard d’Estaing, France 3 claironnait: « Pour la première fois, l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing se confie avec franchise, n’éludant aucun sujet ». Aucun, en effet.

Le journaliste lui demandant pourquoi aux présidentielles, en 1995, il avait choisi de voter Jacques Chirac, le dissident du RPR, plutôt qu’Edouard Balladur, le candidat naturel du parti auquel VGE est lui-même affilié, il répond : les origines orientales de Balladur, né en Turquie, seraient signe d’une culture complexe, byzantine, paraissant peu stable face au candidat Chirac « aux racines limousines ».

Une explication « ethnique » qui a fait bondir le Grand rabbin de France, Haïm Korsia, qui a signé, dès le lendemain, une tribune dans l’Express pour y exprimer son indignation.

« Explication qualifiée d’ « inattendue » par le commentateur, explique Haïm Korsia qui résume l’épisode, les origines orientales de Balladur [né à Izmir, en Turquie] lui conféraient selon lui une culture complexe et donnaient à ses propositions un côté incertain. Alors que les racines limousines de Jacques Chirac, « Chirac c’est le Limousin, la France du Centre », permettaient d’être sûr de son imprégnation de la culture française… »

« On est frappé. Violemment. Atterré devant une déclaration aussi ouvertement raciste, pétainiste, devant une pensée aussi nauséabonde, » continue-t-il.

Une déclaration « franche » qui lui rappelle celle d’un Xavier Vallat refusant de rejoindre le gouvernement Blum le 6 juin 1936 à cause de « Blum lui-même »: « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un Juif… »? avait déclaré Vallat.

Haïm Korsia pointe enfin les conséquences que pourraient avoir de tels propos, surtout prononcés par un ancien président, qui tendraient à banaliser le discours raciste en France, surtout « dans la période troublée que nous traversons ».

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