Hamas : Les manifestations de la semaine prochaine seront « décisives »
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Hamas : Les manifestations de la semaine prochaine seront « décisives »

Yihya Sinwar annonce que le point culminant des manifestations à Gaza aura lieu lorsque les États-Unis déménageront leur ambassade à Jérusalem

Yahya Sinwar (au centre), leader du mouvement terroriste du Hamas, crie des slogans alors qu'il participe à une manifestation près de la frontière avec Israël à l'est de Jabaliya au nord de la bande de Gaza, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Mohammed ABED)
Yahya Sinwar (au centre), leader du mouvement terroriste du Hamas, crie des slogans alors qu'il participe à une manifestation près de la frontière avec Israël à l'est de Jabaliya au nord de la bande de Gaza, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Mohammed ABED)

Le chef du groupe terroriste du Hamas à Gaza a déclaré mercredi qu’une manifestation de masse à la frontière israélienne la semaine prochaine sera « décisive », jurant que lui et d’autres hauts responsables étaient « prêts à mourir » lors de la campagne visant à mettre fin au blocus du territoire par Israël depuis une dizaine d’années. Israël maintient le blocus pour empêcher le Hamas, un groupe terroriste qui cherche à détruire Israël, d’importer des armes.

Dans un discours prononcé devant des centaines de jeunes de Gaza, Yahya Sinwar a déclaré que le Hamas a rejeté les propositions internationales visant à mettre fin aux rassemblements hebdomadaires, souvent violents, qui culmineront en une manifestation de masse le lundi 14 mai.

« Nous ne pouvons pas arrêter ces manifestations. Nous les soutenons, voire les organisons », a-t-il déclaré. Les manifestants seront « comme un tigre qui court dans toutes les directions », a-t-il ajouté.

Les manifestations dirigées par le Hamas visent ostensiblement à protester contre le blocus israélo-égyptien imposé depuis une dizaine d’années après que le groupe terroriste a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et à faire valoir les demandes palestiniennes pour que des millions de personnes « retournent » dans leurs propriétés perdues dans ce qui est aujourd’hui Israël. Israël affirme cependant que le groupe terroriste utilise les manifestations comme couverture pour des attaques à la frontière et tente de la franchir.

La manifestation de lundi couronnera six semaines de protestations et coïncidera avec le transfert de l’ambassade d’Israël à Jérusalem et la date à laquelle les Palestiniens marquent le 70e anniversaire de leur expulsion. Les deux tiers des 2 millions d’habitants de Gaza sont des descendants de Palestiniens qui ont fui ou ont été expulsés de leurs foyers pendant la guerre qui a suivi la création d’Israël.

Des pompiers israéliens tentent d’éteindre un incendie dans un champ de blé près du kibboutz de Nahal Oz, le long de la frontière avec la bande de Gaza, le 8 mai 2018, après qu’il ait été déclenché par des engins explosifs attachés à des cerfs-volants par des manifestants palestiniens de l’autre côté de la frontière. (AFP/Menahem Kahana)

L’auditoire du discours de Sinwar, mercredi, était constitué de militants qui ont pris part aux affrontements chaque vendredi, brûlant des pneus le long de la clôture, jetant des pierres sur les soldats israéliens et faisant voler des cerfs-volants incendiaires au-dessus des champs secs du côté israélien de la frontière. Certains des jeunes ont brandi les coupes-fil, un outil courant, dans les tentatives hebdomadaires de franchir la barrière frontalière. Le Hamas a signalé qu’il pourrait pousser les manifestants à prendre d’assaut la frontière la semaine prochaine.

Sinwar a déclaré que des intermédiaires « régionaux et internationaux » ont transmis des propositions dans une tentative de désamorcer les tensions. Il n’a pas identifié les médiateurs et n’a pas révélé les offres.

Allant plus loin, il a déclaré que les dirigeants du Hamas « sont prêts à mourir avec des dizaines de milliers de personnes » alors que les marches atteindront leur point culminant la semaine prochaine.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, 48 Palestiniens ont été tués depuis le début des manifestations et des affrontements le long de la frontière de Gaza le 30 mars et des centaines d’autres ont été blessés par des tirs d’armes à feu.

Groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, le Hamas a pris violemment le contrôle de Gaza des mains du Fatah de Mahmoud Abbas en 2007, deux ans après qu’Israël a retiré sa présence militaire et civile de la bande de Gaza. Israël et l’Égypte maintiennent un blocus de sécurité à Gaza. Israël affirme que c’est essentiel pour empêcher le Hamas – qui a déclenché trois conflits contre Israël depuis qu’il s’est emparé de Gaza, a tiré des milliers de roquettes sur Israël et a creusé des dizaines de tunnels d’attaque sous la frontière – d’importer des armes.

Le Hamas a reconnu que cinq de ses terroristes faisaient partie des victimes après la manifestation du premier vendredi, mais s’est depuis lors abstenu de préciser si ses hommes figurent parmi les morts. Israël a identifié d’autres morts comme membres de divers groupes terroristes.

Un manifestant palestinien portant une tenue de  » Batman  » agite son drapeau national près de la frontière entre Israël et Gaza, à l’est de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza, lors d’une manifestation le 9 mai 2018. (AFP/Said Khatib)

Israël précise qu’il n’ouvre le feu que lorsque cela est nécessaire pour arrêter les incursions, les dommages à la barrière et les attaques.

Bien qu’initialement prévues comme des manifestations non violentes, les protestations ont été cooptées par le groupe terroriste Hamas, qui dirige Gaza et dont les dirigeants ont déclaré que leur but est de supprimer la frontière et de « libérer la Palestine ».

L’armée israélienne a fait l’objet de critiques internationales et nationales concernant l’utilisation de tirs à balles réelles, l’ONU et l’Union européenne demandant une enquête indépendante qu’Israël a rejetée.

Israël affirme que le Hamas utilise les marches pour couvrir les attaques terroristes.

Israël a exprimé à maintes reprises sa préoccupation face à la possibilité d’une violation massive de la clôture de Gaza, au cours de laquelle les Palestiniens afflueraient avec des terroristes parmi eux, faisant des ravages. Sinwar a juré dans le passé que les manifestants « franchiraient les frontières et prieraient à Al-Aqsa », en faisant référence au principal lieu de culte musulman à Jérusalem.

Sinwar a été libéré lors d’un échange de prisonniers avec Israël en 2011 et a été élu chef du mouvement à Gaza en 2017.

Le Hamas a déclaré que si les manifestations « n’atteignent pas leurs objectifs », elles se poursuivront.

Lors des précédents pourparlers de paix, les Palestiniens ont toujours exigé, avec la souveraineté en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-Est et dans la Vieille Ville, un « droit au retour » en Israël pour les réfugiés palestiniens qui ont quitté ou ont été chassés d’Israël lorsqu’il a été créé. Les Palestiniens revendiquent ce droit non seulement pour les centaines de milliers de réfugiés encore en vie – un chiffre estimé à quelques dizaines de milliers – mais aussi pour leurs descendants, qui se comptent par millions.

Aucun gouvernement israélien ne serait susceptible d’accepter cette demande, car cela signifierait la fin d’Israël en tant qu’État à majorité juive. La position d’Israël a généralement été que les réfugiés palestiniens et leurs descendants deviendraient citoyens d’un état palestinien à la fin du processus de paix, tout comme les Juifs qui ont fui ou ont été forcés de quitter les pays du Moyen-Orient par des gouvernements hostiles sont devenus citoyens d’Israël.

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