Hancock : Corbyn serait « le 1er dirigeant occidental antisémite » depuis 1945
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Hancock : Corbyn serait « le 1er dirigeant occidental antisémite » depuis 1945

Le secrétaire d'Etat à la Santé britannique, candidat à la succession de Theresa May, avertit des conséquences d'un mauvais choix de leader par le parti conservateur

Jeremy Corbyn, chef du parti d'opposition britannique travailliste, quitte son domicile dans le nord de Londres le 4 avril 2019. (Photo par Tolga AKMEN / AFP)
Jeremy Corbyn, chef du parti d'opposition britannique travailliste, quitte son domicile dans le nord de Londres le 4 avril 2019. (Photo par Tolga AKMEN / AFP)

Un cadre du Parti conservateur britannique a déclaré mercredi que si le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn était désigné Premier ministre, il serait « le premier dirigeant antisémite d’une nation occidentale depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Le secrétaire d’Etat à la Santé Matthew Hancock, candidat à la succession de Theresa May au poste de Premier ministre après la démission de cette dernière, a tenu ces propos lors d’une réunion avec des militants du parti. Il les a avertis des conséquences d’un mauvais choix de dirigeant conservateur.

« Le Parti conservateur ne doit pas se tromper. Sinon, on pourrait se retrouver avec le premier dirigeant antisémite d’une nation occidentale depuis la Seconde Guerre mondiale », l’a cité le Guardian.

Des organisations juives accusent Corbyn, issu de l’extrême gauche, d’avoir laissé l’antisémitisme se développer dans les rangs du Labour, un parti autrefois considéré comme le foyer naturel des Juifs britanniques. Des milliers de cas présumés de propos antisémites ont été enregistrés dans le parti depuis 2015, année de l’élection de Corbyn à la tête du parti.

Un cadre du Labour a qualifié les commentaires de Matthew Hancock de « honte », tandis qu’une source travailliste a indiqué au Guardian que « cette attaque politique infondée sonne creux », et noté que le Parti conservateur soutenait des « gouvernements qui défendent activement des politiques antisémites en Hongrie et en Pologne, et a passé la semaine à faire des courbettes à Trump – l’homme qui a refusé de condamner les néo-fascistes de Charlottesville qui ont scandé « les Juifs ne nous remplaceront pas ».

Trump, en visite officielle au Royaume-Uni, a refusé de rencontrer Corbyn — auteur d’un discours féroce contre la politique de Trump bien qu’il ait également demandé à le rencontrer en tête-à-tête — le présentant comme « une force négative ».

Le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn est un antisémite qui s’ignore, a déclaré lundi Tony Blair.

En visite en Israël, l’ancien Premier ministre a dit qu’il ne reconnaissait plus le parti qu’il a dirigé de 1994 à 2007.

« Pour être franc, ce problème d’antisémitisme est honteux », a déploré Tony Blair, qui a été interrogé lors d’un débat organisé à l’Université Bar Ilan, qui se situe en proche banlieue de Tel Aviv.

« Si vous m’aviez dit, non seulement en mai 1997, mais à n’importe quel moment des 10 années suivantes, que le parti que j’ai dirigé pendant 13 ans aurait un problème avec l’antisémitisme, je n’y aurais pas cru, et pourtant, c’est bien le cas aujourd’hui », a constaté Blair.

La semaine dernière, la Commission pour l’égalité et les droits humains (EHRC) du Royaume-Uni a ouvert une enquête sur des allégations d’antisémitisme contre le Parti travailliste.

« Quand j’ai créé [l’EHRC], je n’aurais jamais pu penser qu’il mènerait une enquête sur le Parti travailliste », a déclaré Blair.

Lorsqu’on lui a demandé s’il pensait que Corbyn lui-même était antisémite, Blair a répondu que oui.

« Certaines des remarques ne seraient pas explicables autrement, j’en ai bien peur, et c’est triste », a déclaré Blair. « Pense-t-il être antisémite ? Non, il ne le pense pas du tout ».

Le Board of Deputies of British Jews a accusé Corbyn d’encourager la rhétorique antisémitisme et parfois de l’avoir lui-même pratiquée, même s’il conteste ces affirmations.

Corbyn a promis de sanctionner tout membre du parti qui tiendrait des propos racistes, mais il a défendu un certain nombre de membres du parti qui ont fait des déclarations antisémites, et n’a expulsé quasiment aucun membre malgré plus de 850 plaintes officielles. Le mois dernier, il a avoué dans un enregistrement secret que des preuves de l’antisémitisme au sein de son parti ont peut-être « égarées, ignorées ou inutilisées ».

Corbyn lui-même a fait l’objet de critiques pour ses actions. L’année dernière, il a exprimé son regret d’avoir défendu une peinture murale antisémite de l’East End de Londres en 2012. La fresque, intitulée « Liberté de l’Humanité », a été réalisée sur une propriété proche de Brick Lane par le graffeur Kalen Ockerman, basé à Los Angeles. Elle dépeignait un groupe d’hommes – apparemment des caricatures de banquiers et d’hommes d’affaires juifs – comptant leur argent sur un tableau de Monopoly mis en équilibre sur le dos d’ouvriers nus.

La fresque de Kalen Ockerman intitulée « L’ennemi de l’humanité, » qui recourt à une imagerie antisémite (Crédit : capture écran/YouTube)

En avril, on a découvert que Corbyn avait élogieusement préfacé un livre qui affirme que les Juifs contrôlent les systèmes financiers mondiaux et les décrit comme des « hommes d’une race singulière et particulière ».

En outre, le groupe terroriste du Hamas a remercié Corbyn pour sa solidarité dans la reconnaissance du deuil palestinien lors de l’anniversaire de la formation de l’Etat d’Israël.

Dans le passé, le leader travailliste a été critiqué pour avoir qualifié les groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah « d’amis » alors qu’il avait invité des membres pour une réunion parlementaire en 2009. Il a ensuite minimisé le commentaire et a dit regretter l’usage du mot.

L’année dernière, il est apparu qu’en 2014 Corbyn était présent à une cérémonie qui rendait hommage aux terroristes derrière le massacre olympique de Munich en 1972. Il a ensuite déclaré : « j’étais présent quand [une gerbe] a été déposée, mais je ne pense pas que j’ai réellement participé à la cérémonie ».

Jeremy Corbyn porte une gerbe de fleurs durant une visite aux Martyrs de Palestine, en Tunisie, en octobre 2014. (Crédit : page Facebook officielle de l’ambassade palestinienne en Tunisie)
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