Historiographie : Macron soutient Varsovie contre les attaques de la Russie
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Historiographie : Macron soutient Varsovie contre les attaques de la Russie

"La Pologne n'est pas responsable du déclenchement de la Seconde guerre mondiale, elle en fut victime. La Pologne n'a pas choisi d'être le lieu de l'horreur", a dit le président

Le président français Emmanuel Macron lors d'un discours sur la Pologne et la France en Europe à l'université de Jagellonne  à Cracovie, en Pologne, le 4 février 2020 (Crédit : Photo by Ludovic Marin / AFP)
Le président français Emmanuel Macron lors d'un discours sur la Pologne et la France en Europe à l'université de Jagellonne à Cracovie, en Pologne, le 4 février 2020 (Crédit : Photo by Ludovic Marin / AFP)

Au deuxième jour de sa visite en Pologne, Emmanuel Macron a mis en garde mardi Varsovie contre la « négation des principes européens », avertissant que les subventions de l’UE en vue de la transition énergétique auront pour contrepartie un changement des politiques polonaises.

Dans un discours à l’Université Jagellone de Cracovie (sud), le président français a ainsi critiqué à mots couverts les réformes qui menacent l’Etat de droit et l’indépendance des juges en Pologne, cibles d’une procédure d’infraction de la Commission européenne.

Réaffirmant que l’Europe doit aider financièrement ce pays à réduire la place du charbon et ses émissions de CO2, M. Macron a évoqué un lien avec cette procédure.

« Ne vous trompez pas ! » a-t-il lancé aux étudiants présents dans le public. « La Pologne ne pourra jamais toute seule faire un tel changement, elle ne le peut que par l’Europe, avec l’Europe ».

« Et ne vous trompez pas non plus : ne croyez pas ceux qui vous disent, l’Europe va me donner de l’argent d’une main pour faire ma transition climatique mais elle va me laisser (faire) mes choix politiques de l’autre. Ce n’est pas vrai ! » a-t-il poursuivi.

« L’Europe c’est un bloc, un bloc de valeurs, un bloc de textes, un bloc d’ambitions », a-t-il martelé.

Tout en se défendant de lui « donner des leçons », il a mis en garde la Pologne contre « une résurgence nationaliste en négation des principes politiques européens ».

Il ne peut y avoir le choix par la Pologne « d’une part d’Europe qui (nous) arrange mais en prenant ses distances avec ses valeurs fondamentales », a-t-il insisté, après avoir célébré les liens franco-polonais.

Son discours rempli de références historiques a laissé les étudiants présents sur leur faim. « Le président Macron a manqué d’éléments concrets, il a beaucoup parlé d’idéaux mais n’a pas dit quels intérêts communs la France et la Pologne pourraient défendre », a jugé Michal Klusek, 29 ans.

« Son discours a semblé plutôt vague, les gens d’Europe centrale sont plus habitués à un style de discours anglo-saxon », a renchéri Johana Klusek, sa femme tchèque.

« Certains graves problèmes qu’il a évoqués passent relativement inaperçus en Pologne, comme l’environnement », a regretté Maciej Bujalski, un étudiant en droit de 21 ans.

Il a en revanche exprimé sa solidarité avec ses hôtes polonais contre les attaques de la Russie, qui a accusé la Pologne de collusion avec Hitler et d’antisémitisme, voire d’avoir contribué au déclenchement du conflit mondial.

« Je veux redire la solidarité de la France avec le peuple polonais face à ceux qui veulent nier la réalité » et contre « toute tentative de falsification » de l’Histoire. « Je vois la démarche russe de réinterpréter la Seconde guerre mondiale, de culpabiliser le peuple polonais. C’est un projet éminemment politique », a-t-il relevé.

« La Pologne n’est pas responsable du déclenchement de la Seconde guerre mondiale, elle en fut victime. La Pologne n’a pas choisi d’être le lieu de l’horreur », a-t-il lancé.

Manifestement désireux de s’en faire un nouvel allié dans l’Europe post-Brexit, le président français s’était montré lundi très conciliant envers un pays qu’il a jusqu’ici sévèrement critiqué et voulu rassurer sur sa volonté de rapprochement avec la Russie.

Le président polonais Andrzej Duda a par ailleurs annoncé mardi que son homologue français l’avait invité de manière informelle à un sommet du « triangle de Weimar » (avec l’Allemagne) le 14 juillet à Paris.

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