Instagram change son algorithme après des accusations de biais anti-palestinien
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Instagram change son algorithme après des accusations de biais anti-palestinien

L'entreprise, qui appartient à Facebook, affirme que la suppression de certains messages n'était pas spécifiquement liée à leur contenu politique

L'application Instagram sur un smartphone, en août 2019. (Crédit : AP Photo/Jenny Kane)
L'application Instagram sur un smartphone, en août 2019. (Crédit : AP Photo/Jenny Kane)

Instagram a modifié son algorithme suite à des accusations de ses employés selon lesquelles il supprimait les publications arabes, et en particulier pro-palestiniens, pendant les récents combats entre Israël et le Hamas, a indiqué l’entreprise dimanche.

Ces dernières semaines, des employés du réseau de partage de photos et de vidéos appartenant à Facebook se sont plaints que des messages de soutien aux Palestiniens n’étaient pas partagés sur la plateforme, tandis que d’autres messages et hashtags étaient bloqués et supprimés par le système de modération après avoir été signalés à tort comme étant associés à « la violence ou à des organisations dangereuses », a rapporté Buzzfeed au début du mois.

Le cas le plus important concernait des messages avec des hashtags sur la mosquée Al-Aqsa dans la Vieille Ville de Jérusalem, qui a été le théâtre de violents affrontements entre les fidèles et les forces israéliennes pendant les derniers jours du mois sacré musulman du Ramadan.

La mosquée, troisième site le plus sacré de l’islam, se trouve sur le mont du Temple, site des temples bibliques et lieu le plus sacré du judaïsme. Ce site est souvent le théâtre de violences.

Les forces de sécurité israéliennes lancent des gaz lacrymogènes pôur disperser des Palestiniens au sein du complexe de la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Instagram a également été critiqué pour avoir retiré des messages et supprimé des comptes d’utilisateurs qui publiaient des informations sur les manifestations contre les efforts d’expulsion des Palestiniens de leurs maisons dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est. Cela a donné lieu à une lettre ouverte signée par 30 organisations demandant à savoir pourquoi les publications avaient été supprimées.

Si les publications concernant Al Aqsa et Sheikh Jarrah ont été rétablies à la suite de plaintes, d’autres publications manifestant un soutien aux Palestiniens ont continué à être supprimées.

Instagram a reconnu le problème, mais a déclaré qu’il était lié à la façon dont le site donnait la priorité aux messages de manière générale et ne visait pas spécifiquement le contenu anti-israélien.

Un porte-parole de Facebook a déclaré au site The Verge dimanche que le problème était causé par l’algorithme qui donnait la priorité aux publications originales par rapport au contenu partagé, donnant l’impression qu’il supprimait certains points de vue ou sujets.

« Nous voulons être vraiment clairs – ce n’est pas le cas », a déclaré le porte-parole. « Cela s’appliquait à toute publication qui est re-partagée dans les stories, quel que soit son sujet ».

L’entreprise a déclaré que, par le passé, les utilisateurs préféraient clairement voir du contenu original, mais que cela a changé, notamment en période de conflit.

« Il y a eu une augmentation – pas seulement maintenant mais aussi dans le passé – du nombre de personnes qui re-partagent des publications, et nous avons constaté un impact plus important que prévu sur la portée de ces publications », a déclaré le porte-parole. « Les stories qui re-partagent les publications de flux n’obtiennent pas la portée que les gens attendent d’elles, et ce n’est pas une bonne expérience. »

Les réseaux sociaux ont été confrontés à de nombreux problèmes pour tenter d’éliminer les discours haineux et la désinformation sur leurs sites, et pour s’assurer qu’ils ne sont pas utilisés pour soutenir le terrorisme.

Au début du mois, une autre application appartenant à Facebook, la plateforme de messagerie WhatsApp, a bloqué 17 journalistes palestiniens, apparemment après avoir rejoint un groupe WhatsApp qui diffuse des informations liées aux opérations du Hamas. Le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, est considéré comme une organisation terroriste par Israël et les États-Unis, où se trouve le siège de Facebook.

Des roquettes tirées depuis la bande de Gaza vers Israël, le 10 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

WhatsApp a également bloqué les comptes de plus d’une douzaine de militants d’extrême droite israéliens associés au parti Otzma Yehudit, dont le compte de l’épouse de son leader, le député Itamar Ben Gvir et celui de Bentzi Gopstein, qui dirige le groupe extrémiste Lehava.

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