Institut Weizman : des peptides pourraient aider à lutter contre les cancers
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Institut Weizman : des peptides pourraient aider à lutter contre les cancers

L'immunothérapie a besoin de peptides pour fonctionner, mais si un patient en manque, les médicaments seront inefficaces ; des chercheurs israéliens pourraient avoir la solution

Un médecin et une malade du cancer dans l'unité d'un hôpital. Photo d'illustration. (Crédit : Ridofranz; iStock by Getty Images)
Un médecin et une malade du cancer dans l'unité d'un hôpital. Photo d'illustration. (Crédit : Ridofranz; iStock by Getty Images)

Des chercheurs israéliens ont trouvé sur des tumeurs des acides aminés jusqu’alors inconnus, qui pourraient être exploités à l’avenir pour renforcer l’efficacité des traitements contre le cancer.

Des chaînes courtes d’acides aminés, appelées peptides, sont essentielles au succès de l’immunothérapie : elles agissent en activant les cellules T, qui combattent le cancer.

Mais de nombreux patients manquent de ces peptides, qui sont dérivés de gènes cancéreux mutés, pour que l’immunothérapie soit efficace.

L’insuffisance de peptides est considérée comme l’une des raisons pour lesquelles de nombreuses personnes ne répondent pas aux médicaments inhibiteurs de points de contrôle, qui empêchent le cancer de supprimer la réponse immunitaire et envoient les peptides en action.

« Nous avons identifié une nouvelle catégorie de peptides, qui ne sont pas dérivés de l’ADN du cancer, mais qui ont simplement été négligés jusqu’à présent », a déclaré le professeur Yardena Samuels, chercheur principal de l’étude, au Times of Israël.

« Nous avons également vu, in vitro, qu’ils peuvent activer les cellules T, qui à leur tour peuvent être réactives contre le cancer », a-t-elle déclaré.

Les recherches de Yardena Samuels ont été publiées mercredi dans la revue à comité de lecture Nature.

Illustration : Cellules cancéreuses à l’intérieur du corps. (wildpixel ; iStock de Getty Images)

Ses recherches se limitent pour l’instant au mélanome, un cancer de la peau mortel, mais elle pense que le peptide sera également présent chez les patients atteints d’autres formes de cancer.

Samuels, son équipe de l’Institut Weizmann des sciences et son collaborateur, le professeur Reuven Agami de l’Institut néerlandais du cancer, ont qualifié les nouveaux peptides d’aberrants car ils diffèrent de tous les autres peptides connus.

Ils pensent que la production du peptide est provoquée par la tumeur elle-même.

« Nous avons réellement vu ces peptides sur les tumeurs », a commenté Samuels.

Prof. Yardena Samuels, experte en cancerologie, de l’Institut Weizmann des sciences (Crédit : Institut Weizmann)

Les experts en cancérologie pourraient finir par créer de nouvelles formes d’immunothérapie qui ne reposent pas sur les peptides nécessaires au traitement actuel, mais qui utilisent plutôt les peptides qu’elle a découverts.

L’utilisation de ces peptides pour lutter contre le cancer reste théorique, mais les trouver et réaliser qu’ils pourraient être utilisés pour combattre le cancer est « passionnant », a-t-elle déclaré.

« Nous ne pouvons pas encore utiliser cela comme une thérapie », a souligné Samuels. « Mais en montrant que ces peptides existent et activent les cellules T, cela pourrait potentiellement améliorer l’efficacité de l’immunothérapie à l’avenir ».

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