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Iran : Décision de justice samedi pour un Français accusé d’espionnage – Famille

Benjamin Brière a entamé une grève de la faim fin décembre pour protester contre ses conditions de détention ; il a été arrêté en Iran en mai 2020

Une femme tient une photo de Benjamin Brière lors d'un rassemblement à Paris, en France, le samedi 8 janvier 2022. Le touriste français emprisonné en Iran depuis l'année dernière a entamé une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements en prison, selon sa sœur et son avocat. Brière, 36 ans, a été arrêté en mai 2020 après avoir pris des photos dans une zone désertique où la photographie est interdite. (Crédit : AP Photo/Adrienne Surprenant)
Une femme tient une photo de Benjamin Brière lors d'un rassemblement à Paris, en France, le samedi 8 janvier 2022. Le touriste français emprisonné en Iran depuis l'année dernière a entamé une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements en prison, selon sa sœur et son avocat. Brière, 36 ans, a été arrêté en mai 2020 après avoir pris des photos dans une zone désertique où la photographie est interdite. (Crédit : AP Photo/Adrienne Surprenant)

Benjamin Brière, un Français détenu en Iran depuis plus d’un an et demi, a comparu jeudi devant un tribunal à Mashhad (nord-est) pour y répondre d’accusations d’espionnage et de propagande contre le régime, et une décision est attendue samedi, a indiqué à l’AFP sa sœur Blandine Brière.

« Nous n’avons que très peu d’informations, tout ce que nous savons c’est que l’audience a eu lieu et qu’une décision sera rendue samedi », a déclaré Mme Brière à l’AFP, précisant que l’avocate iranienne de son frère et un interprète étaient présents lors de la comparution.

« Nous ne disposons d’aucune précision quant au déroulé de cette audience (de jeudi), ni aux éventuelles réquisitions, pour ou contre Benjamin Brière, ou de la possibilité qui lui a été donnée de présenter sa défense », a déclaré à l’AFP son avocat français à Paris, Philippe Valent.

« Il semble que le délibéré puisse être rendu à partir de ce samedi, ou courant de la semaine prochaine. Nous demeurons donc dans l’attente de meilleures informations, mais également dans l’espoir de la fin de ce calvaire et de voir enfin libéré Benjamin Brière », a-t-il ajouté.

« Le procès n’était pas ouvert au public mais il y avait caméras et photographes », a dénoncé dans un tweet un avocat défenseur des droits de l’homme Saeid Dehghan.

Selon le réseau d’activistes en exil HRNA, M. Brière était toujours en grève de la faim, qu’il a entamée fin décembre pour protester contre ses conditions de détention.

Arrêté en Iran en mai 2020, ce Français de 36 ans est poursuivi pour espionnage et propagande contre le régime iranien, ce qu’il dément.

M. Brière, qui s’est toujours présenté comme un touriste, a été arrêté pour avoir pris « des photographies de zones interdites » avec un drone de loisir dans un parc naturel en Iran. Il est détenu dans la prison de Valikabad, à Mashhad (nord-est).

L’espionnage est passible de la peine de mort en Iran.

Sollicité par l’AFP, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que ses services suivaient la situation du Français « avec la plus grande attention » et que l’ambassade maintenait des « contacts réguliers » avec lui. M. Brière a eu deux visites consulaires le 21 décembre et le 17 janvier, selon le Quai.

L’Iran retient plus d’une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux, pour la plupart des binationaux, ce que des ONG condamnent comme une politique de prise d’otages destinée à obtenir des concessions des puissances étrangères.

L’Iran et plusieurs pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Chine, plus les États-Unis de manière indirecte) ont relancé en novembre les pourparlers pour sauver l’accord de 2015 (« JCPOA »), censé empêcher Téhéran de se doter de l’arme atomique, un dossier particulièrement brûlant et scruté dans toute la région.

M. Brière est le seul occidental connu détenu en Iran à ne pas avoir de passeport iranien.

Fariba Adelkhah, directrice de recherche à Sciences Po, en février 2019 sur le plateau de France 24. (Crédit : Capture d’écran / France 24)

La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah est détenue depuis juin 2019 et a été condamnée en mai 2020 à cinq ans de prison pour atteintes à la sécurité nationale. Aux arrêts domiciliaires depuis octobre 2020, elle a été réincarcérée mi-janvier, accusée d’avoir enfreint les règles de son assignation à résidence.

Son compagnon Roland Marchal, également chercheur, avait été détenu avec elle avant d’être libéré en mars 2020, après que Paris eut libéré l’ingénieur iranien Jallal Rohollahnejad, dont les États-Unis réclamaient l’extradition pour violation des sanctions américaines contre l’Iran.

Au cours des dernières années, la République islamique a procédé à plusieurs échanges de détenus avec des pays étrangers.

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