Iran : « Nous pouvons enrichir de l’uranium en 48h”
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Iran : « Nous pouvons enrichir de l’uranium en 48h”

Le porte-parole de l'Agence atomique de la République islamique affirme que les centrifugeuses sont 24 fois plus puissantes que ses anciens modèles

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Centrifugeuses enrichissant de l'uranium (Crédit : Ministère de l'énergie / Wikimedia Commons)
Centrifugeuses enrichissant de l'uranium (Crédit : Ministère de l'énergie / Wikimedia Commons)

Un responsable iranien de l’énergie nucléaire a averti lundi que son pays est en mesure de produire de l’uranium hautement enrichi en « moins de 48 heures », si les États-Unis abandonnaient l’accord nucléaire de 2015.

« Si nous voulons enrichir l’uranium à 20 %, nous pouvons le faire en moins de 48 heures », a déclaré Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, à la chaîne iranienne Al-Alam TV en langue arabe.

L’uranium enrichi à plus de 20 % est considéré comme hautement enrichi et pourrait théoriquement être utilisé dans une arme atomique, bien que la plupart des bombes nucléaires contiennent de l’uranium enrichi à plus de 80 %.

Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, dans une interview avec la chaîne de télévision iranienne de langue arabe al-Alam, le 5 mars 2018. (Capture d’écran)

Dans son interview, Kamalvandi a déclaré que l’Iran a développé des centrifugeuses très avancées, 24 fois plus puissantes que les modèles précédents.

Il a déclaré que ces machines pourraient être remises en service si l’accord nucléaire de 2015 – officiellement connu sous le nom de Plan d’action global conjoint [Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA] – venait à disparaître.

Cette interview a eu lieu le même jour où le Premier ministre Benjamin Netanyahu – en Amérique pour la conférence annuelle de l’AIPAC à Washington DC – devait rencontrer le président américain Donald Trump pour discuter de la JCPOA.

M. Trump critique vivement l’accord avec l’Iran depuis sa campagne électorale de 2016 et, en janvier, il a renoncé à de nouvelles sanctions contre la République islamique pour la dernière fois, a-t-il souligné.

Le président américain Donald Trump (à droite) et le premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une réunion bilatérale en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos (Suisse) le 25 janvier 2018. (AFP/Nicholas Kamm)

« Aujourd’hui, je renonce à l’application de certaines sanctions nucléaires, mais uniquement afin d’obtenir l’accord de nos alliés européens pour corriger les terribles lacunes de l’accord nucléaire iranien », a déclaré Trump dans une déclaration. « C’est la dernière fois. »

Le mois dernier, M. Netanyahu a déclaré aux journalistes qu’il profiterait de la réunion de lundi pour convaincre M. Trump d’imposer de telles sanctions à l’Iran afin d’aborder certains aspects de l’accord nucléaire qu’Israël juge problématiques – notamment ses « clauses de temporisation » qui permettent à l’Iran de reprendre la production de matières fissiles après un certain nombre d’années – et des questions qui ne font pas partie de l’accord, comme le programme de missiles balistiques de la République islamique.

Le Premier ministre a déclaré que ces problèmes doivent être réglés, bien qu’il ait souligné que cela « ne signifiait pas nécessairement modifier le JCPOA, mais changer la situation », une référence à son appel aux puissances mondiales de contenir l’agression iranienne au-delà des limites de l’accord.

M. Netanyahu a déclaré que le reste du monde devrait se demander comment l’Iran agira s’il acquiert un arsenal atomique, à la lumière de ses actions déstabilisatrices actuelles dans la région.

« Voilà ce qu’ils font aujourd’hui, alors qu’ils ne sont pas dotés d’armes nucléaires », a-t-il dit, en faisant référence à l’implication de Téhéran en Syrie, au Liban et au Yémen.

L’argument majeur de Netanyahu est que si les Etats-Unis mettaient en place de nouvelles sanctions contre l’Iran, les pays du monde entier seraient contraints de choisir entre l’accès à l’économie iranienne, avec son PIB d’environ 500 milliards de dollars, et l’économie américaine, avec son PIB de près de 20 000 milliards de dollars.

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