Iran : Washington propose à l’ONU de prolonger l’embargo sur les armes
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Iran : Washington propose à l’ONU de prolonger l’embargo sur les armes

L'Iran est soumis jusqu'à octobre à un embargo sur les armes lié à la résolution ayant entériné l'accord nucléaire international conclu en 2015

Sur cette photo fournie le 5 novembre 2018 par l'armée iranienne, un missile Sayyad 2 est tiré par le système de défense aérienne Talash lors d'exercices dans un endroit non divulgué en Iran. (Armée iranienne/AP)
Sur cette photo fournie le 5 novembre 2018 par l'armée iranienne, un missile Sayyad 2 est tiré par le système de défense aérienne Talash lors d'exercices dans un endroit non divulgué en Iran. (Armée iranienne/AP)

Les Etats-Unis ont remis lundi à leurs partenaires du Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution condamnant des attaques en 2019 en Arabie saoudite imputées à l’Iran et proposant de prolonger pour ce pays un embargo sur les armes, selon des diplomates.

Soutenus depuis vendredi par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, les Etats-Unis devraient utiliser une réunion semestrielle sur l’Iran du Conseil de sécurité prévue le 30 juin pour défendre leur projet, auquel devraient s’opposer la Russie et la Chine.

Aucune date pour un vote n’a encore été avancée.

L’Iran est soumis jusqu’à octobre à un embargo sur les armes lié à la résolution 2231 ayant entériné l’accord nucléaire international conclu en 2015 avec Téhéran.

Depuis le début de l’année, Washington a entrepris d’inciter des membres du Conseil de sécurité à soutenir une prolongation de l’embargo, en remettant à certains d’entre eux un projet de résolution en ce sens. 

Vendredi, dans un communiqué conjoint, Paris, Berlin et Londres, signataires de l’accord nucléaire avec Moscou et Pékin, se sont prononcés contre la levée de l’embargo.

« Nous considérons que la levée programmée pour octobre prochain de l’embargo des Nations unies sur les armes conventionnelles, instauré par la résolution 2231, pourrait avoir des implications majeures pour la sécurité et la stabilité régionales », ont-ils écrit.

La Russie et la Chine ont déjà rejeté par avance toute idée de prolonger l’embargo et ont à nouveau dénoncé récemment le retrait en 2018 des Etats-Unis de l’accord nucléaire conclu avec Téhéran.

Le projet de résolution américain, obtenu par l’AFP, « condamne les attaques de septembre 2019 contre l’Arabie saoudite menées par l’Iran ».

Ces attaques spectaculaires, qui avaient visé les sites du géant pétrolier étatique saoudien Aramco, avaient provoqué d’importants dégâts et réduit momentanément de moitié la production pétrolière du pays.

Des parties des missiles de croisière et des drones employés dans ces attaques étaient soit fabriquées en Iran soit exportées vers ce pays, selon un rapport de l’ONU basé sur un examen des débris rendu public début juin.

Le projet de résolution américain décide qu’à partir d’octobre « tous les Etats membres interdisent la fourniture, la vente ou le transfert, direct ou indirect (…) d’armes et matériels annexes » sauf exceptions approuvées avec un préavis de 30 jours.

Certains experts voient la démarche américaine vis-à-vis de l’embargo, a priori vouée à l’échec, comme un premier pas avant d’essayer de faire réimposer par l’ONU des sanctions économiques contre Téhéran qui avaient été levées grâce à l’accord nucléaire conclu en 2015.

Vendredi, Paris, Londres et Berlin avaient lancé à cet égard un avertissement aux Etats-Unis, en rejetant « toute tentative unilatérale » pour réimposer les sanctions de l’ONU contre l’Iran. 

Depuis que les Etats-Unis ont dénoncé unilatéralement l’accord en 2018 et que l’Iran a répliqué en relançant ses activités d’enrichissement d’uranium, l’accord nucléaire historique de 2015 est devenu très précaire.

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