Iran/législatives : les modérés espèrent confirmer leur percée au second tour
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Iran/législatives : les modérés espèrent confirmer leur percée au second tour

Les réformistes cherchent à consolider leurs gains dans 68 élections où aucun candidat n'avait atteint 25 % des voix en février

Une iranienne vote pour les élections parlementaires  dans un bureau de vote de Massoumeh dans la ville sainte de Qom, à 130 kilomètres au sud de Téhéran, le 26 février 2016. (Crédit : Behrouz Mehri/AFP)
Une iranienne vote pour les élections parlementaires dans un bureau de vote de Massoumeh dans la ville sainte de Qom, à 130 kilomètres au sud de Téhéran, le 26 février 2016. (Crédit : Behrouz Mehri/AFP)

Quelque 17 millions d’Iraniens sont appelés à voter vendredi au second tour d’élections législatives au cours duquel le camp modéré et réformateur, qui soutient le président Hassan Rouhani, espère confirmer sa percée au premier tour du 26 février.

La campagne de ce scrutin qui s’achève jeudi matin n’a pas suscité un enthousiasme débordant dans les villes et régions où il se tient pour élire 68 députés sur les 290 que compte le Parlement.

Les électeurs de grandes villes comme Tabriz ou Shiraz retournent aux urnes, contrairement à ceux de la capitale Téhéran où les 30 sièges ont été gagnés par les candidats réformateurs et modérés dès le premier tour.

Ce résultat exceptionnel à Téhéran, où ces sièges étaient tous détenus par les conservateurs, a été la grande surprise du 26 février.

« L’Iran, ce n’est pas seulement Téhéran », a rappelé le leader de la coalition des conservateurs, Gholam-Ali Hadad Adel, en appelant à voter « conformément aux objectifs » du père de la révolution islamique, l’imam Khomeiny, et de son successeur, l’ayatollah Ali Khamenei.

La tête de liste iranienne de la coalition réformiste pour les élections législatives de 2016, Mohammad Reza Aref, montre son doigt après avoir voté à Téhéran, le 26 février 2016. (Crédit : AFP/ATTA KENARE)
La tête de liste iranienne de la coalition réformiste pour les élections législatives de 2016, Mohammad Reza Aref, montre son doigt après avoir voté à Téhéran, le 26 février 2016. (Crédit : AFP/ATTA KENARE)

En province, les résultats du premier tour ont été moins nets. Modérés et réformateurs ne sont pas parvenus à obtenir la majorité au Parlement, pas plus que les conservateurs, qui disposaient d’une écrasante majorité dans l’assemblée sortante.

Sur 290 sièges, 103 ont été remportés par des conservateurs ou proches, 95 par des réformateurs/modérés ou proches et 14 par des indépendants dont la tendance politique n’est pas clairement définie.

Quatre conservateurs modérés soutenus par les réformateurs et cinq représentants des minorités religieuses qui n’ont généralement pas d’affiliation politique, ont également été élus dès le 26 février.

Restaient donc 69 sièges à pourvoir, tandis que le scrutin a été invalidé dans une circonscription où une élection partielle aura lieu ultérieurement.

Vers un Parlement modéré

La plupart des ultraconservateurs ont perdu au premier tour et la tendance est à la formation d’une assemblée composée majoritairement de députés réformateurs et modérés pro-Rouhani, ainsi que de conservateurs modérés et pragmatiques pouvant apporter leur soutien à la politique d’ouverture du président iranien.

C’est le cas du président du Parlement sortant, Ali Larijani, conservateur modéré qui a défendu l’accord historique du 14 juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien conclu entre Téhéran et les grandes puissances, Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne.

Après le premier tour, Larijani, qui pourrait être réélu à la tête d’une assemblée composée de pragmatiques des deux camps, avait appelé à « la convergence » des forces « pour faire avancer les objectifs » de l’Iran.

L’ex-président réformateur Mohammad Khatami (1997-2005) a appelé à concrétiser « l’espoir » né du premier tour.

Un an avant la présidentielle de 2017 à laquelle il devrait se représenter pour un second mandat de quatre ans, le président Rouhani mise sur les retombées de l’accord nucléaire pour faire baisser le chômage qui touche 11 % de la population active et près de 25 % de jeunes.

Pas de résultats ‘tangibles’

Mais, un peu plus de trois mois après l’entrée en vigueur le 16 janvier de l’accord et la levée de la plupart des sanctions internationales qui étouffaient l’économie iranienne, ces retombées se font attendre.

Ali Khamenei lors d'une réunion le 17 février 2014 à Téhéran (Crédit : Site officiel de Khamenei/AFP)
Ali Khamenei lors d’une réunion le 17 février 2014 à Téhéran (Crédit : Site officiel de Khamenei/AFP)

Le guide suprême Ali Khamenei, l’homme fort du pays qui a la main sur les grands dossiers nationaux et internationaux, a récemment souligné que l’Iran avait besoin de résultats « tangibles ».

Il a accusé « l’ennemi » historique, les Etats-Unis, de faire pression sur les pays européens afin d’empêcher l’Iran de bénéficier concrètement de l’accord, incitant ses compatriotes à privilégier « l’économie de résistance », axée sur la production nationale.

Les grandes banques européennes hésitent à intervenir en Iran, inquiètes de possibles représailles de la part de Washington qui continue à sanctionner Téhéran pour ses atteintes au droits de l’Homme et son soutien présumé à des organisations « terroristes ». De nouvelles sanctions américaines ont en outre été imposées à l’Iran, liées à son programme balistique.

Lors de rencontres la semaine dernière à New York, le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’est efforcé de rassurer son homologue iranien Mohammad Javad Zarif sur la levée effective des sanctions contre Téhéran, notamment pour que des banques européennes puissent de nouveau commercer avec l’Iran.

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