Israël accuse à l’ONU le Hamas d’avoir « prémédité » le conflit
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Israël accuse à l’ONU le Hamas d’avoir « prémédité » le conflit

La réunion dimanche est la troisième - et la première publique - du Conseil de sécurité depuis lundi dernier, organisée à l'initiative de la Chine, de la Norvège et de la Tunisie

Gilad Erdan (Crédit : Flash90)
Gilad Erdan (Crédit : Flash90)

L’ambassadeur israélien aux Etats-Unis et auprès de l’ONU, Gilad Erdan, a accusé dimanche le mouvement palestinien Hamas d’avoir « prémédité » une guerre avec Israël et de vouloir « s’emparer du pouvoir en Cisjordanie », lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient, qui s’est terminée sans adoption de texte.

« Le Hamas a choisi d’accélérer des tensions, utilisées comme prétexte, pour commencer cette guerre » avec Israël, a affirmé le diplomate israélien, en évoquant une « manipulation palestinienne ».

Il n’y a « aucune justification au tir aveugle de roquettes contre des civils », a-t-il souligné. Les Palestiniens « utilisent des boucliers humains », augmentant le nombre de victimes civiles, a assuré Gilad Erdan.

Il a réclamé au Conseil de sécurité de l’ONU de condamner les attaques à la roquette, alors que ses 15 membres peinent à s’entendre sur une déclaration commune depuis une semaine.

Selon l’ambassadeur israélien, qui a salué le soutien apporté à son pays par les Etats-Unis, l’Etat hébreu n’avait « pas d’autre choix » que de riposter aux attaques des Palestiniens pour les faire cesser.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a lui vivement dénoncé ce qu’il a appelé « l’agression » d’Israël contre « le peuple » palestinien et ses « lieux saints ». « Certains ne veulent pas utiliser ces mots – crimes de guerre et crimes contre l’humanité – mais ils savent que c’est la vérité », a-t-il dit lors d’une réunion en urgence du Conseil de sécurité, en critiquant « la politique coloniale » des Israéliens.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a regretté dimanche « l’obstruction » des Etats-Unis pour faire adopter au Conseil de sécurité de l’ONU une déclaration appelant à la fin des hostilités entre Israéliens et Palestiniens, lors d’une session d’urgence de cette instance.

« Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures », a-t-il dit, en rappelant que la Chine était (avec la Norvège et la Tunisie) à l’origine d’un projet de texte depuis une semaine. « A cause de l’obstruction d’un pays, le Conseil de sécurité n’a pas été capable de parler d’une seule voix », a-t-il déploré en demandant à Washington « de prendre ses responsabilités » à l’ONU.

Washington a jusqu’à présent mis en avant la nécessité de laisser du temps à la diplomatie en coulisses pour arriver à un cessez-le-feu et jugé qu’une déclaration du Conseil serait « contre-productive », une position non comprise par une majorité des membres du Conseil, notamment chez les alliés traditionnels des Etats-Unis.

L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, au siège de l’ONU à New York, le 1er mars 2021. (Crédit : TIMOTHY A. CLARY / AFP)

S’adressant à son tour au Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, a déclaré que les États-Unis « travaillent sans relâche par les voies diplomatiques pour essayer de mettre fin à ce conflit ».

« Le bilan humain de la semaine dernière a été dévastateur. Malheureusement, ces chiffres vont probablement augmenter d’ici la fin de la session d’aujourd’hui », dit-elle.

L’envoyée s’est dite préoccupée par la violence entre Arabes et Juifs dans les « communautés mixtes à l’intérieur d’Israël ».

« Nous avons vu le voisin se retourner contre le voisin », dit-elle.

Thomas-Greenfield a exprimé son « inquiétude » face aux attaques contre des journalistes et appelle toutes les parties à protéger les civils, les établissements médicaux et les installations de l’ONU.

Elle dit que dans leurs pourparlers avec les parties, les États-Unis ont « clairement indiqué que nous sommes prêts à apporter notre soutien… si les parties recherchent un cessez-le-feu… parce que nous croyons que les Israéliens et les Palestiniens ont tous le droit de vivre en sécurité ».

L’envoyée appelle le Hamas à « arrêter immédiatement » ses attaques à la roquette contre Israël et s’oppose aux expulsions imminentes de Palestiniens à Jérusalem-Est ainsi qu’à la construction d’implantations et aux démolitions de logements par Israël.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait appelé quelques heures avant la réunion de dimanche les membres du Conseil de sécurité de l’ONU « à exercer le maximum d’influence pour mettre fin aux hostilités entre Gaza et Israël », un conflit d’une « intensité jamais vue ».

« Les populations de Gaza et d’Israël font face au plus intense cycle d’hostilités depuis des années », écrit le CICR dans un communiqué.

« L’intensité de ce conflit, c’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant avec des raids aériens incessants contre Gaza, qui est densément peuplé et des roquettes qui frappent des grandes villes en Israël avec pour conséquence des enfants qui meurent des deux côtés », affirme Robert Mardini, le directeur général du CICR.

Il souligne que l’accès des gens à Gaza à des hôpitaux ou autres infrastructures importantes est « très compliqué » et il exhorte les parties « à mettre fin à ce cycle de violences », parce que les règles « sont très claires : les civils doivent toujours être protégés et malheureusement cela n’est pas le cas actuellement ».

Le communiqué souligne que les bombardements incessants empêchent son accès et celui d’autres organisations humanitaires à porter secours à Gaza et que le CICR communique avec les deux parties sur la nécessité d’adhérer aux règles du droits humanitaire international.

Le CICR indique avoir fait don de brancards, de lits d’hôpitaux et d’équipement médical pour soigner 150 blessés graves à Gaza et avoir visité des victimes de tirs de roquettes dans le centre d’Israël.

L’Égypte a ouvert son poste-frontière avec la bande de Gaza pour soigner les blessés gazaouis.

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