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Israël aurait averti Beyrouth de frappes du Hezbollah

Jérusalem offre au Liban la possibilité de prendre ses propres mesures contre des sites présumés où l'Iran transforme des projectiles en missiles guidés, selon un rapport israélien

Les forces de sécurité libanaises à l'entrée du stade Al-Ahed, au sud de Beyrouth, durant une visite des sites de missiles présumés organisée par le ministre des Affaires étrangères libanais pour les ambassadeurs, le 1er octobre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ANWAR AMRO)
Les forces de sécurité libanaises à l'entrée du stade Al-Ahed, au sud de Beyrouth, durant une visite des sites de missiles présumés organisée par le ministre des Affaires étrangères libanais pour les ambassadeurs, le 1er octobre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ANWAR AMRO)

Israël aurait envoyé un message au gouvernement libanais via Paris pour lui demander d’agir contre les usines de roquettes de l’organisation terroriste du Hezbollah dans le pays, disant que si le Liban refusait de le faire, Israël pourrait prendre des mesures militaires.

Le message a été transmis par le conseiller adjoint à la sécurité nationale d’Israël, Eitan Ben-David, à Aurélien Lechevallier, l’un des principaux conseillers du président français Emmanuel Macron, lors de la visite de ce dernier à Jérusalem lundi, selon les informations de la Dixième chaîne israélienne d’information.

« Le gouvernement libanais doit être prudent lorsqu’il s’agit des usines de fabrication de roquettes du Hezbollah. Si la question n’est pas traitée avec des moyens diplomatiques par le gouvernement libanais, Israël agira de son propre chef », peut-on lire dans le message, selon le rapport, qui cite des « sources diplomatiques occidentales » non identifiées.

Ben-David a demandé à Lechevallier de transmettre le message au Premier ministre libanais Saad Hariri.

La France entretient des liens étroits de longue date avec le Liban et est considérée comme proche de Hariri.

Le cabinet du Premier ministre a refusé jeudi de commenter l’information.

Ben-David a déclaré qu’Israël serait patient et prêt à attendre de voir si le Liban prend des mesures contre les usines, mais qu’il ne permettrait pas que leur fabrication se poursuive sans intervenir.

Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, prononce un discours diffusé sur écran géant lors d’un rassemblement marquant le 12e anniversaire de la guerre Israël-Hezbollah de 2006, le 14 août 2018, à Beyrouth, Liban. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Largement financé par l’Iran, le Hezbollah reste populaire au Liban, où il s’est transformé en puissante force politique alliée au président Michel Aoun. De nombreux politiciens se sont opposés aux appels lancés pour forcer le Hezbollah à se désarmer.

M. Aoun a récemment démenti l’affirmation du Premier ministre Benjamin Netanyahu selon laquelle l’Iran procédait à la modernisation des missiles du Hezbollah dans des installations secrètes à Beyrouth, emmenant journalistes et diplomates visiter certains des sites présumés quelques jours plus tard.

Netanyahu avait dévoilé les sites lors d’un discours à l’Assemblée générale des Nations Unies dans le but de provoquer une action internationale. Il a affirmé que la technologie permettrait aux missiles de frapper à moins de 10 mètres de leur cible.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 27 septembre 2018 et brandit une carte indiquant les sites de missiles présumés du Hezbollah à Beyrouth. (Crédit : AFP / TIMOTHY A. CLARY)

Le mois dernier, Fox News a rapporté que l’Iran avait livré au Hezbollah des composants GPS avancés qui permettent à l’organisation terroriste de transformer des roquettes auparavant non guidées en missiles guidés de précision.

Israël a mis en garde à plusieurs reprises contre la menace de missiles guidés de précision du Hezbollah, et a effectué de nombreuses frappes aériennes en Syrie pour empêcher le transfert d’armes avancées à l’organisation terroriste.

Des informations selon lesquelles l’Iran construit des usines souterraines de transformation de missiles au Liban sont apparues pour la première fois en mars 2017.

Le Liban « est en train de devenir une usine de fabrication de missiles guidés de précision qui menacent Israël. Ces missiles représentent une grave menace pour Israël, et nous ne pouvons pas accepter cette menace », a déclaré M. Netanyahu en janvier.

Israël et le Hezbollah se sont livrés une guerre en juillet 2006 au cours de laquelle des milliers de missiles se sont abattus sur le nord d’Israël.

Depuis, on estime que l’organisation terroriste a porté son arsenal à plus de 100 000 roquettes et qu’elle est capable de frapper presque partout dans le pays, bien que seul un petit nombre d’entre elles aient des capacités de guidage précises.

Une photo d’un avion de combat furtif F-35 israélien survolant la capitale libanaise de Beyrouth sur la chaîne israélienne Hadashot. (Capture d’écran)

L’armée de l’air israélienne s’est en général abstenue de mener des raids à l’intérieur du Liban, mais elle a indiqué qu’elle était prête à le faire.

Plus tôt cette année, le chef des forces aériennes Amikam Norkin a montré aux généraux en visite une photo d’un chasseur furtif israélien F-35 volant près de Beyrouth, dans ce qui a été considéré comme un message direct au Hezbollah.

En mai, Netanyahu a déclaré qu’Israël « agissait contre le transfert d’armes meurtrières de la Syrie au Liban ou leur fabrication au Liban ».

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