Israël veut légaliser un avant-poste controversé
Rechercher

Israël veut légaliser un avant-poste controversé

Selon l’État, Adei Ad n’est pas en territoire palestinien ; le ministre de la Défense rejette la notion de gel de la construction en Cisjordanie

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La barrière de sécurité qui sépare Israël de la Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La barrière de sécurité qui sépare Israël de la Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le Bureau du procureur général a informé la Haute Cour de l’intention du gouvernement de légaliser l’avant-poste non autorisé d’Adei Ad, en Cisjordanie.

La demande de l’État fait suite à une pétition de Yesh Din, un organisme des droits de l’Homme actif en Cisjordanie, selon Kol Israël mercredi.

La pétition, signée par quatre présidents de conseils de villages palestiniens, affirme que l’avant-poste est illégal et exige qu’il soit démoli.

Adei Ad fait partie du bloc d’implantations de Shiloh et se situe entre plusieurs villages palestiniens au nord de Ramallah.

Selon la radio, l’Etat a admis que l’avant-poste a été construit illégalement, mais fonde sa position sur une décision de la Haute Cour de 2003, selon laquelle la terre n’appartient pas aux Palestiniens mais à l’Etat d’Israël. L’Etat chercherait également à autoriser des bâtiments érigés sans permis.

Plus de 150 dossiers ont été ouverts contre les constructions illégales à Adei Ad depuis la création de l’avant-poste en 1998.

S’exprimant lors d’une visite aux collines de Hébron dans le sud de la Cisjordanie mercredi, le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré qu’ « il n’y a pas – et qu’il n’y aura pas – de gel de la construction [dans les implantations], vu que notre légitimité à nous implanter sur la terre fait l’objet d’attaques ».

L’avant-poste a attiré l’attention des médias internationaux en janvier dernier, lorsque des résidents ont jeté des pierres sur des responsables consulaires américains, venus en Cisjordanie pour enquêter sur des allégations d’atteintes aux biens agricoles palestiniens.

Le personnel du consulat a visité les alentours de l’avant-poste d’Adei Ad, au nord de Ramallah, avec un certain nombre de Palestiniens du village voisin de Turmus Ayya.

Les villageois avaient affirmé que des milliers de jeunes plants d’arbres d’oliviers situés sur leurs terres avaient été déracinés par des résidents des implantations. Un certain nombre de Palestiniens de citoyenneté américaine ont invité le personnel du consulat à voir les dégâts de près.

Plusieurs résidents des implantations ont lancé des pierres sur les visiteurs. Selon des rapports initiaux, les agents de sécurité américains ont brandi leurs armes ; un M-16 et un pistolet, d’après les résidents des implantations. Le Département d’Etat a nié les faits. L’affrontement s’est terminé sans blessés, bien que de légers dégâts aient été causés à des voitures du consulat.

En août, des maisons d’Adei Ad ont été perquisitionnées dans le cadre d’une campagne de répression des terroristes juifs suivant l’attaque au cocktail Molotov d’une maison de Duma le 31 juillet – située à seulement un kilomètre d’Adei Ad – où trois membres de la famille Dawabshe ont trouvé la mort. L’attaque aurait été perpétrée par des extrémistes juifs.

Itamar Sharon a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...