J Street : les 2 états ne sont pas une “solution magique”
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J Street : les 2 états ne sont pas une “solution magique”

Jeremy Ben-Ami déclare que son lobby de gauche n’est “intéressé que par l’Etat d’Israël” et fustige David Friedman, l'ambassadeur désigné en Israël

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Jeremy Ben-Ami, directeur de J Street. (Crédit : J Street)
Jeremy Ben-Ami, directeur de J Street. (Crédit : J Street)

WASHINGTON – Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump n’ont pas nécessairement besoin de prononcer les mots « solution à deux états » ou « état palestinien » pendant leur rencontre de mercredi à la Maison Blanche pour envoyer un message de paix, a déclaré mardi le directeur de l’association pacifiste J Street.

« Ces mots ne sont pas magiques, a déclaré Jeremy Ben-Ami. Le résultat final que préfère J Street est que l’Etat d’Israël ait des frontières sûres et que ces frontières soient reconnues par ses voisins et par le monde. »

« En quelque sorte, le seul état qui nous intéresse réellement est l’Etat d’Israël », a-t-il déclaré.

« Nous pensons qu’il doit y avoir un état palestinien et des relations entre l’Etat d’Israël et tous les états qui l’entourent, mais il n’est pas absolument nécessaire que Trump et Netanyahu fassent allégeance à une ‘solution à deux états’ », a-t-il ajouté.

Le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Les propos de Ben-Ami faisaient suite à des tentatives répétées de politiciens israéliens de droite de marginaliser J Street ou de délégitimer son soutien à Israël.

L’organisation a affirmé son opposition à « l’occupation israélienne » de la Cisjordanie et au soutien juif américain aux implantations de Cisjordanie.

Pendant un petit déjeuner avec des journalistes israéliens, Ben-Ami est passé à l’attaque contre l’ambassadeur en Israël désigné par Trump, David Friedman.

« Ses opinions sur la politique sont opposées aux administrations américaines des deux partis des 50 dernières années », a déclaré Ben-Ami, faisant référence au soutien fervent de Friedman aux implantations israéliennes.

L’ambassadeur choisi par Trump a fait de l’extension des implantations une part importante de sa vie d’adulte, levant des « dizaines de millions de dollars » pour cette cause, a déclaré le directeur de J Street.

« Deuxièmement, il n’a absolument aucune expérience diplomatique ou professionnelle pour ce poste. Et troisièmement, son tempérament et ses dispositions sont totalement inadaptés pour le poste d’ambassadeur, où la diplomatie est nécessaire, pas savoir mettre de l’huile sur le feu », a déclaré Ben-Ami à une dizaine de journalistes israéliens arrivés lundi soir aux Etats-Unis avec Netanyahu.

Donald Trump et l'avocat David Friedman sortent de l'immeuble fédéral à laz suite d'une apparition devant le Tribunal des Faillites, le jeudi 25 février 2010 à n Camden, New Jersey. (Crédit : Bradley C Bower/Bloomberg News, via Getty Images / JTA)
Donald Trump et l’avocat David Friedman sortent de l’immeuble fédéral à laz suite d’une apparition devant le Tribunal des Faillites, le jeudi 25 février 2010 à n Camden, New Jersey. (Crédit : Bradley C Bower/Bloomberg News, via Getty Images / JTA)

Friedman, dont l’audition de confirmation au Sénat doit avoir lieu jeudi, avait déclaré que les membres de J Street sont « pires que des kapos ». Les kapos étaient les prisonniers des camps de concentration nazis chargés de superviser les autres prisonniers.

Ben-Ami a également déclaré qu’il était opposé au déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, comme Trump l’a promis pendant sa campagne, parce qu’il s’inquiète que cela ne déclenche une « explosion de violence ».

Beaucoup de dirigeants arabes ont dit à la Maison Blanche que le déplacement de l’ambassade ne devrait se produire qu’à la fin d’un processus politique qui déterminerait le statut de la ville. « Cela ne devrait pas arriver au début, cela finira probablement par tuer le processus et par commencer un nouveau cycle de violence », a déclaré Ben-Ami.

David Friedman, ses propos sur le ‘kapo’ et l’honneur juif

Il a ajouté que, alors que J Street ne se concentrait que sur les dossiers politico-diplomatiques, comme le conflit israélo-palestinien et l’accord nucléaire iranien, l’organisation avait commencé, depuis l’élection de Trump à la présidence, à étudier d’autres sujets de préoccupations de la communauté juive américaine, comme les politiques de l’administration à l’égard des réfugiés, ou l’omission des Juifs du communiqué de la Maison Blanche publié à l’occasion de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste.

Il est important de garder à l’esprit que 75 % des Juifs américains « votent pour les Barack Obama de ce monde, et pas pour les Donald Trump », a-t-il déclaré, supposant que ce fait était souvent négligé par la population israélienne.

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