Jérusalem-Est : l’UE inquiète des violences à Issawiya
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Jérusalem-Est : l’UE inquiète des violences à Issawiya

L'envoyé Tomas Niklasson a appelé "les responsables sur le terrain" à la "retenue" ; des diplomates européens ont visité le quartier où la police a renforcé ses raids

Des Palestiniens jettent des pierres lors d'affrontements avec la police israélienne dans le quartier d'Issawiya à Jérusalem le 28 juin 2019, un jour après qu'un Palestinien a été tué par balle par la police lors d'une manifestation dans le même quartier. (Crédit : Hazem Bader/AFP)
Des Palestiniens jettent des pierres lors d'affrontements avec la police israélienne dans le quartier d'Issawiya à Jérusalem le 28 juin 2019, un jour après qu'un Palestinien a été tué par balle par la police lors d'une manifestation dans le même quartier. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Le plus important envoyé de l’Union européenne (UE) auprès des Palestiniens a exprimé ses préoccupations face aux violences survenant dans le quartier d’Issawiya, à Jérusalem-Est, qui a été la cible de raids sécuritaires presque tous les soirs ces derniers mois.

« L’Union européenne s’inquiète des événements préoccupants et des violences à [Issawiya] », a ainsi fait savoir Tomas Niklasson, le chef du bureau de représentation de l’Union européenne du côté Palestiniens, dans un communiqué rendu public mardi.

« Les acteurs responsables sur le terrain doivent montrer du calme et de la retenue pour prévenir toute escalade », a-t-il encouragé.

Les dirigeants communautaires ont clamé que la police avait renforcé déraisonnablement ses opérations à Issawiya au cours des derniers mois et employé une force excessive contre les résidents, sapant la stabilité et attisant les tensions dans le quartier.

Pour leur part, les responsables de la police ont rejeté ces accusations, affirmant que les opérations en augmentation à Issawiya correspondaient à ce qu’ils ont qualifié de violences croissantes émanant du quartier.

Niklasson et d’autres diplomates européens ont visité le quartier lundi. Ils y ont rencontré les résidents et des représentants des organisations non gouvernementales, a précisé le site internet de l’ONU.

Comptant une population de plus de 18 000 Palestiniens, Issawiya est un quartier qui se situe entre l’université hébraïque de Jérusalem, l’hôpital Hadassah, la colline française et la Route 1, première artère de circulation faisant la liaison entre Jérusalem et la vallée du Jourdain.

Illustration : Des Palestiniens portent le corps de Mohammed Obeid lros de ses funérailles à Jérusalem-Est, dans le quartier d’Issawiya le 1er juillet 2019. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Ilean)

Le quartier souffre, entre autres, d’une pénurie majeure de plans de zonage et de permis de construction, de services sanitaires inadéquats, d’un manque d’espaces publics pour les loisirs et de salles de classe, commente Amy Cohen, porte-parole de Ir Amil, un groupe de défense des droits israéliens dont le travail se porte étroitement sur Jérusalem-Est.

Depuis le mois de mai, la police a mené des opérations dans plus de 500 habitations d’Issawiya et arrêté plus de 600 résidents. Seuls 20 ont été ultérieurement inculpés, a indiqué dans un entretien la semaine dernière Mohammed Abu Hummus, membre du comité des parents du quartier.

Pour leur part, les habitants ont récemment redoublé de violence à l’encontre des agents des forces de l’ordre, selon le porte-parole de la police israélienne Micky Rosenfeld.

« Nous avons récemment dû prendre en charge de nombreux incidents graves à Issawiya, avec des résidents qui ont jeté des cocktails Molotov sur la Route 1 et qui ont agressé la police à l’aide de feux d’artifice, de bombes artisanales et de pierres », avait-il commenté dans une interview au mois de décembre, affirmant que deux voitures de police patrouillaient régulièrement dans le quartier et que la police des frontières et l’unité de reconnaissance d’élite Yasam étaient présentes en renfort pendant les heurts.

« Nos activités sont une réponse directe à la hausse majeure des violences que nous avons constatée dans le quartier », avait-il assuré à l’époque.

Niklasson a également clairement établi qu’Israël « a l’obligation de protéger et d’assurer les droits des enfants en garantissant que les écoles soient un espace de sécurité inviolable ».

Ces derniers mois, les chefs des établissements scolaires d’Issawiya ont déploré que les agents de police effectuaient des opérations dans le quartier lorsque les enfants allaient et revenaient des écoles.

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