Jérusalem : Rivlin appelle le monde à déchirer le « masque de l’hypocrisie »
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Jérusalem : Rivlin appelle le monde à déchirer le « masque de l’hypocrisie »

Le président a remercié Trump pour avoir aidé à "rectifier des injustices historiques" contre Israël, appelant les autres états à cesser le "boycott" de la capitale israélienne

Le président Reuven Rivlin s'exprime devant les diplomates israéliens à la résidence du président de Jérusalem, le 22 janvier 2018 (Crédit : Mark Neiman/GPO)
Le président Reuven Rivlin s'exprime devant les diplomates israéliens à la résidence du président de Jérusalem, le 22 janvier 2018 (Crédit : Mark Neiman/GPO)

Le président Reuven Rivlin a appelé lundi les pays du monde entier à déchirer le « masque de l’hypocrisie » et à suivre les Etats-Unis dans leur reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale israélienne.

S’adressant aux diplomates israéliens dans sa résidence de Jérusalem, Rivlin a évoqué un certain nombre de développements géopolitiques qui ont touché Israël et, avant tout, la présidence de Donald Trump.

Qualifiant le président américain de « véritable ami d’Israël », Rivlin a déclaré avoir été impressionné par ses « intentions de trouver une issue dans la résolution du conflit israélo-palestinien, et dans son engagement stratégique à faire revenir l’Amérique au Moyen-Orient ».

Rivlin a remercié Trump pour avoir aidé à « rectifier les injustices historiques » subies par Israël au niveau international, faisant particulièrement l’éloge de la déclaration de Trump sur Jérusalem, le 6 décembre.

« Cette décision a permis de déchirer le masque de l’hypocrisie qui caractérisait et caractérise encore l’attitude de la communauté internationale envers la capitale d’Israël. Une hypocrisie exprimée dans un boycott de la localisation des ambassades, un boycott de facto de Jérusalem en tant que capitale d’Israël », a-t-il ajouté.

Suite à cette décision de Trump, Rivlin a expliqué « qu’Israël doit arrêter d’être sur la défensive et prendre dorénavant l’initiative, en appelant clairement les nations du monde à ne plus boycotter Jérusalem en tant que capitale d’Israël ».

« Soixante-dix ans se sont écoulés, ce boycott n’a aucune justification et nos alliés doivent rejoindre les Etats-Unis », a-t-il dit.

Le président Reuven Rivlin, à droite, et son homologue américain Donald Trump, à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 22 mai 2017. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Evoquant les Palestiniens, Rivlin a critiqué le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dénonçant sa réaction « choquante et décevante » suite à la décision de Trump. Abbas, qui a expliqué que les Etats-Unis ne pouvaient plus jouer le rôle d’intermédiaire honnête dans les négociations de paix suite à la déclaration du président américain, a maudit Trump dans un discours prononcé au début du mois et qualifié l’accord de paix qu’il est en train de développer de « gifle du siècle ».

Les propos de Rivlin sur la reconnaissance américaine de Jérusalem sont survenus alors que le vice-président venait de donner le coup d’envoi de la première journée de son séjour en Israël, la première visite d’un haut-responsable de la Maison Blanche depuis la déclaration de Trump.

Le vice-président américain Mike Pence, à la Knesset, le 22 janvier 2018. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Ariel Schalit)

S’exprimant à la Knesset, dans l’après-midi de la même journée, Pence a souligné que Jérusalem est la capitale d’Israël et annoncé que les Etats-Unis y relocaliseraient leur ambassade fin 2019.

Rivlin doit accueillir Pence à la résidence du président de Jérusalem mardi.

Dans son discours, Rivlin a évoqué un certain nombre de problèmes régionaux, notamment l’économie à Gaza qui s’effondre, l’enracinement militaire iranien en Iran et en Syrie, et les revers connus par le groupe terroriste de l’Etat islamique.

Il a également parlé de l’ascension des partis d’extrême-droite en Europe, qui, a-t-il dit, gagnent dans les urnes « tout en utilisant et en faisant se propager des slogans antisémites ».

« L’Etat d’Israël doit être clair dans son approche. Quiconque figure dans une alliance avec des antisémites et l’antisémitisme n’a pas sa place dans la famille des nations. Ne nous y trompons pas – il n’est pas possible d’aimer les Israéliens et de haïr les Juifs », a-t-il dit.

Le président a exprimé son soutien à la décision prise par le ministère des Affaires étrangères d’interdire tout contact avec des ministres issus du Parti de la Liberté autrichien, disant que c’est « le minimum pour une nation qui se souvient et qui saura se souvenir de ses victimes ».

Le Parti de la Liberté, arrivé en troisième place lors des élections législatives qui ont eu lieu cette année, est partenaire d’une coalition gouvernementale au côté du Parti populaire autrichien, une formation conservatrice.

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