Joe Biden, sa mère et la règle d’or
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Opinion

Joe Biden, sa mère et la règle d’or

L'Amérique a la chance d’avoir comme président un conciliateur expérimenté, chargé de guérir la nation ; Israël aussi a des raisons d'être soulagé et satisfait

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Le Président américain Joe Biden prononce son discours d'inauguration après avoir prêté serment en tant que 46e Président des États-Unis, le 20 janvier 2021 au Capitole américain à Washington. (Patrick Semansky / POOL / AFP)
Le Président américain Joe Biden prononce son discours d'inauguration après avoir prêté serment en tant que 46e Président des États-Unis, le 20 janvier 2021 au Capitole américain à Washington. (Patrick Semansky / POOL / AFP)

Le discours inaugural de Joe Biden mercredi n’était pas exaltant. Il n’a pas été marqué par des envolées lyriques extraordinaires, ni délivré avec un charisme stupéfiant.

C’était en revanche un discours clair, sincère, passionné et sensé, à un moment extrêmement tendu de l’histoire de l’Amérique. Quelques instants après avoir prêté serment, le président d’un pays dangereusement divisé a exposé les défis à relever, a indiqué des pistes pour trouver des solutions, et juré de faire tout ce qui est en son pouvoir, désormais considérable, pour les mettre en œuvre.

Quand les temps sont graves, vient l’homme de la situation, et la femme : l’Amérique a de la chance que Biden, un conciliateur expérimenté, soit l’individu le mieux placé pour soigner un pays dont plusieurs dizaines de millions de citoyens ne croient toujours pas qu’il ait gagné l’élection. Et qu’il ait eu la sagesse de choisir, à ses côtés, Kamala Harris, la première vice-présidente noire du pays.

« La démocratie a prévalu », a déclaré Biden au début de son discours – et la démocratie a effectivement tenu, puisque le président dûment élu a pris ses fonctions et son prédécesseur a quitté la Maison Blanche, certes à contrecœur, et en promettant comme un mauvais présage de revenir « d’une façon ou d’une autre ».

Mais l’Amérique est déchirée, comme l’ont montré il y a deux semaines les manifestants, attisés par Donald Trump, à l’assaut du Capitole, qui représente l’aboutissement à la fois concret et symbolique de cette déchirure interne. « Nous devons mettre fin à cette guerre incivile qui oppose le rouge contre le bleu, le rural contre l’urbain, le conservateur contre le libéral », a déclaré le 46e président. « Nous pouvons le faire si nous ouvrons nos âmes au lieu d’endurcir nos cœurs, si nous faisons preuve d’un peu de tolérance et d’humilité, et si nous sommes prêts à nous mettre à la place de l’autre – comme disait ma mère. » La Règle d’or est en effet vitale, qu’elle soit enseignée par Hillel l’Ancien ou par Catherine Biden.

Le Président américain Joe Biden prononce son discours d’inauguration après avoir prêté serment en tant que 46e Président des États-Unis le 20 janvier 2021 au Capitole américain à Washington. (Patrick Semansky / POOL / AFP)

Alors que Biden tente maintenant de réparer l’Amérique en interne tout en la protégeant et faisant progresser ses intérêts à l’étranger, Israël a également des raisons de se réjouir.

Le pendule s’est éloigné d’une administration avec laquelle les dirigeants israéliens se sont trouvés tant de points communs. Mais il n’a pas basculé vers les candidats démocrates hostiles et mal informés quant à notre pays, et il y en avait. Bien au contraire, Biden comprend mieux que quiconque les défis auxquels Israël est confronté, qu’il s’agisse de tenir ses ennemis en respect que de survivre en tant que nation à la fois juive et démocratique.

Il y aura des désaccords – amers et probablement publics – sur les politiques concernant les Palestiniens et les implantations. Des désaccords sont déjà apparus entre le président à peine entré en fonction Joe Biden et le Premier ministre de longue date Benjamin Netanyahu, sur la façon de faire obstacle au programme d’armement nucléaire illégal des ayatollahs iraniens. C’est un problème capital. Mais au moins, il sera traité par Israël et un allié sioniste à la Maison Blanche.

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