Kakhol lavan vise une coalition avec un Likud sans Netanyahu, le déclare « perdu »
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Kakhol lavan vise une coalition avec un Likud sans Netanyahu, le déclare « perdu »

L'alliance centriste a appelé le parti au pouvoir à agir "dans l'intérêt du pays" ; Yisrael Beytenu projette de se renforcer et appelle à la formation d'un gouvernement d'unité

Des sympathisants de Kakhol lavan à l'annonce des résultats provisioires à l'issue des élections législatives du 17 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/FLASH90)
Des sympathisants de Kakhol lavan à l'annonce des résultats provisioires à l'issue des élections législatives du 17 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/FLASH90)

Les membres du parti centriste Kakhol lavan ont réagi mardi aux résultats provisoires communiqués dans les sondages, qui le placent au-dessus, ou ex-aequo avec le Likud, en déclarant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait « perdu » et que son ère était « révolue », bien que les militants du parti aient pris soin de ne pas exulter avant que des résultats plus fiables et définitifs ne soient communiqués.

Parallèlement, un tonnerre d’applaudissements a retenti dans les quartiers généraux d’Yisrael Beytenu, alors que les trois sondages montrent que le parti de droite et son chef joueront un rôle clef dans la formation d’un futur gouvernement, quel qu’il soit.

Faisant écho aux discours tenus pendant la campagne, des responsables d’Yisrael Beytenu ont indiqué qu’ils ont l’intention d’encourager la formation d’un gouvernement d’unité avec le Likud et Kakhol lavan. La Douzième chaîne et la Treizième chaîne attribuent 8 sièges à la formation, tandis que Kan lui en prédit 10. Il s’agit d’une évolution considérable pour le parti, qui n’en détient aujourd’hui que 5.

Alors que les bureaux de vote ont fermé leurs portes, les trois sondages à la sortie des urnes montrent que le bloc de Netanyahu n’a pas les 61 sièges requis pour former une coalition, ce qui signifie qu’il n’y a pas (encore) de grand vainqueur de cette élection – si ce n’est Liberman.

Le bloc de droite, composé du Likud de Netanyahu, du parti religieux Yamina et les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah, compterait entre 54 et 57 sièges sur 120. Le bloc de gauche, en y incluant Yisrael Beytenu, devrait compter entre 42 et 45 sièges, et les partis arabes ont enregistré une évolution considérable et auraient remporté entre 11 et 15 sièges.

Les sondages à la sortie des urnes par la Douzième chaîne.
Les sondages à la sortie des urnes par la Treisième chaîne.
Les sondages à la sortie des urnes par Kan.

Le Premier ministre Netanyahu « est perdu », a déclaré un porte-parole du numéro 2 de Kakhol lavan Yair Lapid, appelant le Likud à se distancer de son chef.

« C’est évidemment prématuré et nous devrons attendre les résultats véridiques. Mais si c’est cela le tableau, il est clair que Netanyahu est perdu », a déclaré Yair Zivan à l’annonce des sondages.

L’alliance Kakhol lavan, supervisée par le principal rival de Netanyahu Benny Gantz, était pressentie pour égaler ou légèrement dépasser le Likud dans les trois sondages, même si les chances de Gantz de former une coalition sans le Likud restent plutôt minces.

« Nous avons tout le temps dit que nous voulons un gouvernement d’unité, supervisé par Kakhol lavan, avec le Likud et [Avigdor] Liberman, mais sans Netanyahu. C’est aussi ce que veut la majorité du public israélien », note Zivan auprès du Times of Israël, devant les quartiers généraux du parti à Tel Aviv.

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz arrive au bureau de bote de Rosh HaAyin, le 17 septembre 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Maintenant, tout dépendra du Likud, s’ils agissent dans l’intérêt du pays ou pas », a-t-il conclu. Interrogé sur ses propos, il a déclaré que c’était au Likud de décider.

Yoaz Hendel, député du parti Kakhol lavan, est allé dans le même sens et a déclaré que « l’ère Netanyahu est révolue » et a appelé à la formation d’un gouvernement d’unité, sans Netanyahu.

« Pour le moment, il faut patienter, être optimiste, avec précaution, attendre les résultats définitifs et espérer être à un moment charnière, le moment que la nation attendait », a déclaré Melody Sucharewicz, porte-parole de Gantz, au Times of Israël.

Interrogée sur la possibilité que Gantz envisage une rotation avec Netanyahu, où Gantz sera Premier ministre puis remplacé par le chef du Likud dans deux ans, elle a répondu que « notre objectif est clair : construire un gouvernement d’unité stable, laïc, sans Netanyahu. Aujourd’hui, nous nous rapprochons d’un nouveau leadership. »

Apparement, des leçons ont été apprises depuis la soirée post-électorale du 9 avril, durant laquelle les sondages donnaient Kakhol lavan gagnant, encourageant Benny Gantz à crier victoire prématurément, les militants et les équipes de campagne ont réagi de façon modérée à l’annonce des résultats des sondages.

A la soirée post-élections de Kakhol lavan à Tel Aviv, élus et militants se sont abstenus de faire la fête à l’annonce des résultats provisoires. L’ambiance dans la salle quasi-vide était plutôt silencieuse, avec une musique israélienne en fond sonore. Aucun drapeau ni cris, seulement quelques sourires sur les visages des membres du parti.

Le public n’a été convié au Hangar 11 qu’à partir d’une heure du matin, et Gantz ne devrait pas prendre la parole avant 2 heures, quand des résultats plus fiables seront communiqués.

Yevgeni Soba, numéro trois d’Yisrael Beytenu, aborde les différentes options auprès du Times of Israël depuis Jérusalem- à savoir que le parti a l’intention d’appeler à la formation d’un gouvernement d’unité, où il sera rejoint par Kakhol lavan et le Likud.

« Nous avons un mandat pour un gouvernement national large », a déclaré Soba, ajoutant que le nouveau gouvernement doit être « sans haredim, sans messianistes », faisant apparemment référence aux partis sionistes religieux de droite.

« C’est la stratégie, mais tactiquement, je ne sais pas. Peut-être que [le chef du parti Avigdor] Liberman vient de conclure un accord avec Netanyahu, peut-être qu’il en a conclu un avec Gantz », ajoute-t-il.

Avigdor Liberman, leader de Yisrael Beytenu, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 19 mars 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Il a souligné que les résultats définitifs n’étaient pas encore publiés mais que le parti était satisfait des prévisions.

« Les résultats parlent d’eux-mêmes », a ajouté Soba au Times of Israël.

Ce scrutin, le deuxième en quelques mois, a été organisé après que Netanyahu a échoué à former une coalition après le vote du mois d’avril. Il a donné lieu à une campagne amère, brutale et agressive où le Likud et Kakhol lavan se sont mutuellement traînés dans la boue.

Après les élections d’avril, Liberman – dont le parti était considéré comme un soutien naturel de Netanyahu – a refusé de rejoindre le gouvernement à moins qu’une loi sur la conscription des étudiants en yeshivot ne soit adoptée sans amendement, ce qu’ont fermement rejeté les ultra-orthodoxes. Cette impasse a été le point de départ des nouvelles élections.

A l’issue du scrutin d’avril, Netanyahu, qui a battu, en juillet, le record de longévité en tant que Premier ministre, a failli perdre le pouvoir quand son parti a échoué à former une coalition. Il a préféré faire voter la dissolution de la Knesset plutôt que de voir le président charger un autre élu de former un gouvernement.

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