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Kushner : Netanyahu n’aurait pas été enthousiaste de la reconnaissance de Jérusalem

Dans des mémoires à paraître, le gendre de l’ex-président américain explique que Trump aurait envisagé de remettre en cause sa décision au vu de la réaction de Netanyahu

Jared Kushner, conseiller principal à la Maison Blanche (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'expriment lors d'une conférence de presse à la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 21 décembre 2020. (Capture d'écran/YouTube)
Jared Kushner, conseiller principal à la Maison Blanche (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'expriment lors d'une conférence de presse à la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 21 décembre 2020. (Capture d'écran/YouTube)

Selon The Forward, Jared Kushner, gendre et conseiller principal de l’ex-président américain Donald Trump, révèle dans un livre à paraître qu’au moment de reconnaître Jérusalem capitale d’Israël et d’y déplacer l’ambassade américaine, en 2017, la réaction du Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, avait été plus que tiède.

Citant des extraits du livre mis en ligne par un responsable saoudien, le journal indique que, selon Kushner, la réaction de Netanyahu avait presque remis en cause le projet.

Le livre de Kushner, Breaking History: A White House Memoir, devrait être publié le 23 août.

Le livre expliquerait comment Trump avait informé Netanyahu de cette décision, lors d’un appel téléphonique préalable à l’annonce officielle, ce à quoi l’ex-Premier ministre aurait simplement répondu : « Si vous décidez de le faire, je vous soutiendrais ». Kushner décrit la confusion de Trump, qui s’attendait à une réaction enthousiaste. Il aurait répété la nouvelle, ce à quoi Netanyahu aurait de nouveau « répondu avec peu d’enthousiasme ».

« Trump a remis en question sa décision… [il] se demandait à haute voix pourquoi il prenait ce risque si le Premier ministre israélien ne pensait pas que c’était si important », écrit Kushner, affirmant que Trump avait ensuite dit à l’ex-Premier ministre : « Bibi, je pense que le problème vient de
vous. »

Netanyahu aurait « répliqué froidement » qu’il faisait partie de la solution. Kushner indique avoir vu que Trump était très « déçu ».

Kushner ne donne aucune explication sur la réponse laconique de Netanyahu.

Un communiqué du cabinet de Netanyahu avait indiqué à l’époque que
« Contrairement aux affirmations, le Premier ministre Netanyahu, qui a demandé au président Trump de déplacer l’ambassade à plusieurs reprises, est très heureux et reconnaissant de cette décision. »

Le président Trump aurait dit au Premier ministre Netanyahu, avant de prendre sa décision : « Certains de mes collaborateurs me disent que cette décision est dangereuse pour les États-Unis. Qu’en pensez-vous ? » Netanyahu aurait répondu qu’il ne voyait aucun danger réel et qu’il n’y avait aucune raison de ne pas déplacer l’ambassade.

« L’ambassade n’aurait sans doute pas été transférée si Netanyahu avait répondu autrement au président. »

Jérusalem est la capitale d’Israël depuis sa fondation en 1948, bien qu’une grande partie de la communauté internationale ne la reconnaisse pas, car en vertu du plan de partition initial de l’ONU, Jérusalem devait être une ville internationale.

Le conseiller présidentiel américain Jared Kushner s’exprime aux côtés du conseiller à la sécurité nationale américain Robert O’Brien (à droite) devant un avion d’El Al à l’aéroport d’Abu Dhabi, suite à l’arrivée du tout premier vol israélien vers les EAU, le 31 août 2020. (KARIM SAHIB / AFP)

Trump a officiellement reconnu Jérusalem capitale d’Israël en décembre 2017, lorsqu’il a annoncé son intention d’y transférer l’ambassade. En mai 2018, son administration inaugurait le nouveau poste diplomatique, décision qui a suscité une vive controverse, tant à Washington qu’au Moyen-Orient.

Suite à cette décision, les Palestiniens, qui revendiquent Jérusalem-Est comme capitale d’un futur État, ont rompu leurs relations diplomatiques avec Washington, accusant l’administration Trump de partialité, clairement en faveur d’Israël.

À l’époque, Trump avait déclaré que la décision avait été prise pour promouvoir les intérêts américains et la paix dans la région, par respect pour la souveraineté d’Israël.

Le livre de Kushner révèle également que Trump avait été agacé par la longueur d’un repas (trois heures) auquel il avait pris part avec Netanyahu, lors de sa visite en 2017.

« C’était bien, mais chaque fois que je pensais que c’était terminé , un autre plat arrivait », aurait déclaré Trump à Kushner, se plaignant que le Premier ministre de l’époque « le saoûle de paroles ».

Netanyahu et Trump ont entretenu de bonnes relations pendant toute la durée de son mandat, jusqu’à ce que Trump se sente trahi par Netanyahu lorsque ce dernier a félicité l’actuel président américain, Joe Biden, pour sa victoire électorale en 2020.

Kushner est marié à la fille aînée de Trump, Ivanka, et a été conseiller de la Maison Blanche.

Il a joué un rôle important dans l’action de l’administration précédente au Moyen-Orient, participant aux travaux préparatoires aux accords d’Abraham, qui ont permis à Israël de nouer des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, Bahreïn et et de renouer les liens avec le Maroc.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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