La chaîne saoudienne Al-Arabiya ferme ses bureaux à Beyrouth
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La chaîne saoudienne Al-Arabiya ferme ses bureaux à Beyrouth

Sur fonds de tensions, la chaîne craignait "pour la sécurité de ses employés", selon un communiqué

Des journalistes d'al-Arabiya à la frontière de la bande de Gaza (Crédit: Nati Shohat/Flash90)
Des journalistes d'al-Arabiya à la frontière de la bande de Gaza (Crédit: Nati Shohat/Flash90)

La chaîne de télévision à capitaux saoudiens, Al-Arabiya, a annoncé vendredi la fermeture de ses bureaux au Liban pour des raisons de sécurité, un nouveau signe de la tension croissante entre l’Arabie saoudite et le puissant mouvement terroriste libanais Hezbollah.

Les bureaux dans la capitale libanaise de la chaîne d’information en continu et ceux d’Al-Hadath, une chaîne soeur spécialisée dans les directs, ont été fermés, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la télévision.

Al-Arabiya n’a plus de correspondants au Liban, a-t-il ajouté sous le couvert de l’anonymat à Dubaï, siège de cette télévision.

Dans un communiqué, la chaîne a affirmé avoir procédé à une « restructuration » de ses opérations au Liban « en raison des circonstances difficiles et des défis sur le terrain, et en raison des craintes d’Al-Arabiya pour la sécurité de ses employés ».

Elle a néanmoins souligné qu’elle « continuerait à couvrir de près les affaires libanaises ».

La chaîne a ajouté son intention d’aider les employés affectés par cette fermeture à trouver d’autres emplois avec le groupe gérant la chaîne.

Le Hezbollah chiite, un poids lourd du gouvernement libanais, est un allié de l’Iran chiite, pays rival de l’Arabie saoudite sunnite.

Les relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite sont au plus bas, et le Hezbollah qui critique sans cesse les autorités saoudiennes a été placé sur la liste des « organisations terroristes » pour la première fois par l’ensemble des monarchies arabes du Golfe (CCG) menées par le royaume saoudien.

Pendant longtemps un grand allié et bailleur de fonds du Liban, l’Arabie saoudite a suspendu en février une aide de quatre milliards de dollars à ce pays et demandé à ses ressortissants de quitter le Liban. Pour Ryad, le Hezbollah sert de tête de pont à l’Iran pour s’ingérer dans les affaires des pays arabes.

L’Iran et l’Arabie saoudite sont surtout engagés dans des luttes d’influence par procuration, notamment dans les conflits au Yémen et en Syrie où le Hezbollah combat aux côtés du régime de Bachar al-Assad honni par Ryad.

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