La commission antitrust de l’UE enquête sur Teva à propos de la Copaxone
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La commission antitrust de l’UE enquête sur Teva à propos de la Copaxone

Le géant du médicaments israélien fait l'objet d'une enquête pour abus de monopole et a été poursuivi en justice aux États-Unis pour avoir augmenté artificiellement ses prix

Une vue d'ensemble de TEVA Pharmaceutical Industries à Jérusalem, Israël, 11 octobre 2013. (Yonatan Sindel/Flash90)
Une vue d'ensemble de TEVA Pharmaceutical Industries à Jérusalem, Israël, 11 octobre 2013. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les régulateurs de l’Union européenne ont annoncé jeudi avoir ouvert une enquête officielle sur l’entreprise israélienne Teva Pharmaceuticals pour de possibles violations des règles antitrust.

L’enquête de la Commission européenne visera à déterminer si la société pharmaceutique a pris des mesures illégales pour contrecarrer ses concurrents sur son médicament Copaxone contre la sclérose en plaques et a abusé de sa position dominante sur le marché, ce qui constituerait une violation des règles antitrust de l’UE.

En 2019 et 2020, la Commission européenne a mené une opération chez le fabricant de médicaments et, en novembre, les autorités européennes de la concurrence ont annoncé une enquête préliminaire.

« Aujourd’hui, nous avons décidé de lancer une enquête approfondie afin de déterminer si Teva a pu bloquer ou retarder de manière abusive l’entrée sur le marché de ses concurrents pour son médicament phare Copaxone », a déclaré la commissaire européenne chargée de la concurrence, Margrethe Vestager.

La commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager lors d’une conférence de presse sur l’abus de position dominante de la part de Google, à la Commission européenne à Bruxelles, le 27 juin 2017. (Crédit : EMMANUEL DUNAND / AFP)

La Commission a également déclaré qu’elle « dispose d’indications selon lesquelles la campagne de Teva, principalement destinée aux établissements et aux professionnels de la santé, pourrait avoir ciblé des produits concurrents afin de créer une fausse perception des risques sanitaires liés à leur utilisation ».

Toujours en novembre 2020, l’UE a infligé à Teva et à sa filiale Cephalon une amende combinée de 60,5 millions d’euros pour avoir maintenu hors du marché une version générique moins chère du Modafinil, un médicament à succès contre les troubles du sommeil.

En août 2020, les États-Unis ont poursuivi Teva pour avoir augmenté artificiellement le prix du Copaxone et d’autres médicaments.

Pendant une période de 19 mois, de 2013 à 2015, Teva aurait considérablement augmenté le prix d’environ 112 médicaments génériques et serait de connivence avec au moins 86 autres médicaments, ont déclaré les États-Unis dans le procès. Certaines de ces augmentations ont dépassé les 1 000 %.

Copaxone, le seul traitement sans interféron pour la sclérose en plaques, a été développé par l’entreprise pharmaceutique Teva au milieu des années 1990. (Crédit: Institut des sciences Weizmann/JTA)

Les patients auraient payé un total de 350 millions de dollars de plus qu’ils n’auraient dû, avait alors déclaré le ministère américain de la Justice.

Teva a réglé un litige similaire avec les autorités antitrust américaines en 2015.

Les produits génériques sont bien moins chers que les médicaments de marque et permettent aux patients et aux prestataires de soins de santé de réaliser d’énormes économies tout en restant tout aussi efficaces.

Mais dans les accords dits « pay for delay », les fabricants de médicaments dédommagent secrètement leurs rivaux génériques pour contrecarrer l’introduction de versions moins chères des médicaments à succès pendant une période convenue.

Les fabricants de médicaments affirment que l’accord leur laisse suffisamment de temps pour récupérer les frais de recherche et de marketing onéreux encourus pour mettre leurs produits sur le marché.

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