La famille de l’Israélienne arrêtée en Russie refuse l’extradition du hacker
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La famille de l’Israélienne arrêtée en Russie refuse l’extradition du hacker

Après avoir vu le ministre de la Justice, l'avocat d'Issachar demande instamment de ne pas extrader le ressortissant russe aux USA en vue d'un éventuel échange avec la Russie

Naama Issachar et sa mère Yaffa dans une photo publiée sur Instagram, au mois de juillet 2018.
Naama Issachar et sa mère Yaffa dans une photo publiée sur Instagram, au mois de juillet 2018.

La famille de la jeune femme israélienne emprisonnée en Russie pour trafic de drogue a rencontré vendredi le ministre de la Justice Amir Ohana, lui demandant de ne pas extrader un pirate informatique russe dont la détention est considérée comme essentielle dans cette affaire.

« Notre demande à ce stade était modeste… de demander au ministre de s’abstenir pour le moment, par le pouvoir de l’autorité légale dont il dispose, de procéder à l’extradition vers les États-Unis », a déclaré Boaz Ben Zur, un avocat représentant Naama Issachar, aux journalistes après la rencontre.

Issachar, 26 ans, a été condamnée la semaine dernière à sept ans et demi de prison par un tribunal russe pour trafic de drogue. Elle est détenue en Russie depuis avril, date à laquelle une dizaine de grammes de marijuana ont été trouvés dans son sac lors d’une escale à Moscou, alors qu’elle rentrait en avion en Israël depuis l’Inde.

La lourde peine, que les responsables israéliens ont dénoncée comme disproportionnée, est liée à l’extradition imminente d’Aleksey Burkov, qui a été arrêté en Israël en 2015 à la demande d’Interpol.

Aleksey Burkov durant une audience du tribunal en Israël. (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Burkov, un spécialiste en informatique, est recherché aux États-Unis pour détournement de fonds dans le cadre d’un vaste fraude à la carte de crédit dans laquelle il aurait volé des millions de dollars à des consommateurs américains.

La Russie demande également son extradition et a insisté à plusieurs reprises auprès d’Israël pour qu’il lui soit remis.

Israël aurait rejeté les demandes de libération de Burkov en Russie en échange d’Issachar, qui a également la citoyenneté américaine.

Ben Zur a demandé à Ohana de retarder l’extradition de Burkov vers les Etats-Unis pour des raisons humanitaires.

« Il n’y a pas de cas humanitaire plus clair que celui d’une citoyenne qui a été plongée dans une situation où elle n’a commis aucun acte grave », a-t-il dit. « Elle se retrouve avec une sentence dont tout le monde reconnaît qu’elle vise d’autres objectifs, dans une procédure injuste. »

L’avocat a déclaré que Ohana avait accepté d’examiner la demande et que la famille ferait appel devant la Cour suprême qui, en août, a donné son feu vert à l’extradition, si nécessaire.

Ohana n’a pas fait de commentaires après la réunion, mais a déclaré jeudi qu’il s’attendait à ce que l’extradition ait lieu dans un proche avenir.

Il a également rejeté l’idée de lier le sort d’Issachar à celui de Burkov, mettant en garde contre de graves conséquences si Israël acceptait un échange.

« Je suggère de ne pas créer ici un précédent très dangereux, à savoir que chaque fois qu’un pays veut faire extrader quelqu’un, il capture un Israélien et en fait un bouc émissaire », a déclaré Ohana à la radio publique Kan.

Le ministre de la Justice Amir Ohana prend la parole à la Knesset, le 11 septembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Lors d’une réunion vendredi à Jérusalem avec le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a discuté du cas d’Issachar et de l’extradition de Burkov, selon les médias israéliens.

Les rapports n’indiquaient pas comment Pompeo avait réagi.

Netanyahu a envoyé mardi une demande officielle au président russe Vladimir Poutine demandant la grâce d’Issachar. Moscou a déclaré que le leader russe examinerait la demande.

La famille d’Issachar a exprimé l’espoir que les liens étroits entre Netanyahu et Poutine, qui se sont rencontrés à de nombreuses reprises ces dernières années, pourraient aider à obtenir la libération d’Issachar « dans les prochains jours, après qu’elle ait été inculpée pour un crime qu’elle n’a pas commis ».

Un responsable du ministère des Affaires étrangères a déclaré vendredi sur le site d’informations Ynet qu’Israël espère qu’Issachar sera libérée avant la visite prévue de Poutine à Jérusalem au début de l’année prochaine.

Ces derniers jours, des médias ont rapporté que les responsables israéliens pensent que Burkov pourrait être lié aux renseignements russes. La Treizième chaîne a également rapporté dimanche que c’était l’évaluation dominante en Israël, bien qu’elle n’ait pas fourni de source pour cette allégation.

Burkov, dans une interview avec la Treizième chaîne, a nié toute implication de ce type.

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