La France insoumise poursuit Raphaël Enthoven en justice
Le philosophe avait notamment qualifié le parti radical de gauche de "passionnément antisémite" ; son avocat s'est dit ravi de "décortiquer tout cela"

Raphaël Enthoven l’a lui-même annoncé sur son compte X : la France insoumise intente une action contre lui pour « injure publique ».
Le parti de gauche radicale reproche à l’écrivain un tweet publié le 1ᵉʳ mai où il qualifiait LFI de « parti détestable, violent, complotiste et passionnément antisémite » – « ce qui, à mon avis, relève non pas de l’injure mais du constat, d’un constat étayé par des centaines de citations et d’attitudes, dont, pour une fois, je vous fais grâce ici… J’aurais dû ajouter ‘dangereux’ mais j’ai écrit ce post longtemps avant que Thomas Portes ne mette en danger la vie d’un Franco-Israélien ou ne dépose une cible dans le dos des athlètes israéliens », a-t-il expliqué ce 23 juillet. Plus intéressant, les Insoumis me reprochent de les traiter de ‘cons’ [et de] […] ‘club de déficients’ », a-t-il ajouté.
Dans la plainte révélée par Le Point, le parti de Jean-Luc Mélenchon accuse l’essayiste de dépasser les limites de la liberté d’expression : « Ces propos relèvent de l’attaque opportuniste et gratuite et constituent une atteinte considérable à l’image du parti, visant à le discréditer dans l’opinion publique. »
Je viens d’apprendre que #LFI me poursuit en justice pour "injures publiques" à cause du post ci-dessous. Quelle drôle d’idée ! ????
La France Insoumise me reproche 3 choses ???????? https://t.co/bUUDjmO6QP— Raphaël Enthoven (@Enthoven_R) July 23, 2024
Cité par le magazine, Enthoven a expliqué sa démarche : « En voyant Glucksmann accueilli par des œufs pourris et aux cris de ‘sale sioniste’, j’ai vu rouge. Alors oui, j’ai écrit ce tweet [LFI, « parti détestable, violent, complotiste et passionnément antisémite »] au ton de pamphlet toujours consultable. Cela dit, si l’on veut bien se donner la peine de disséquer mon message, on se rendra compte qu’il relève du pur constat. Tout ce que j’ai écrit, je peux l’étayer et le prouver. Je n’aurai aucun mal à me défendre et à justifier mes écrits ».
De son côté, Me Richard Malka, conseil de l’écrivain, se satisfait de cette procédure. Une réaction assez inhabituelle pour un avocat quand son client est attaqué, mais qu’il explique au Point : « S’ils veulent avoir un procès sur leur positionnement antisémite, nous serons ravis d’y participer et de décortiquer tout cela. Nous serons ravis d’examiner, au cours de ce procès qui nous est fait, la passion effectivement antisémite de ce mouvement. »







