La justice iranienne minimise la contestation du port du voile
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La justice iranienne minimise la contestation du port du voile

Ces derniers jours, des photos d'une dizaine de femmes tête nue dans la rue, leur voile pendu au bout d'une perche en signe de défi, ont été postées sur les réseaux sociaux

Une Iranienne voilée devant une fresque dessinée su le mur de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 9 novembre 2016. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Une Iranienne voilée devant une fresque dessinée su le mur de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 9 novembre 2016. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

La remise en cause de l’obligation du port du voile par quelques femmes en Iran est « puérile », a déclaré mercredi le procureur général de la République islamique, Mohammad Jafar Montazeri, en minimisant l’importance de cette contestation.

« Il s’agit d’une affaire insignifiante qui n’a rien de préoccupant », a déclaré M. Montazeri, cité par l’agence Isna après la publication inédite sur les réseaux sociaux de photos apparemment prises ces derniers jours à Téhéran et montrant une dizaine de femmes tête nue dans la rue, leur voile pendu au bout d’une perche en signe de défi.

Interrogé sur le cas d’une de ces jeunes femmes, aujourd’hui emprisonnée, M. Montazeri a répondu, selon Isna : « C’était une idée puérile sortie de la tête d’une jeune fille qui a enlevé son voile alors que d’autres mènent leurs activités quotidiennes sans faire d’histoires ».

Les contestatrices ont suivi l’exemple d’une Iranienne arrêtée fin décembre après être montée tête nue sur une armoire électrique dans une artère animée de Téhéran en arborant son voile au bout d’une perche.

La jeune femme a été libérée après environ un mois de détention, selon l’avocate Nasrin Sotoudeh, figure de l’activisme en faveur des droits de l’Homme en Iran.

Me Sotoudeh a indiqué mardi à l’AFP que la justice avait fixé à près de 90 000 euros la caution pour la libération d’une autre contestatrice arrêtée cette semaine, estimant que cela montrait « l’intention » des autorités de la maintenir en détention.

Selon Isna, M. Montazeri a indiqué que les manifestantes solitaires avaient « agi par ignorance » et qu' »elles pourraient avoir été influencées à partir de l’étranger ».

Dans une série de messages sur Twitter, Azar Mansouri a noté qu’au cours des dernières décennies, toutes les tentatives de contrôler la manière de s’habiller des femmes avaient échoué.

« Les femmes montrent leur opposition à toute approche contraignante précisément par leur façon de s’habiller », a-t-elle écrit.

Mercredi, deux photos diffusées sur Twitter ont montré des femmes en tchador semblant apporter un soutien aux contestatrices. L’une tenait un panonceau disant : « J’aime le voile islamique, mais je suis contre le voile islamique obligatoire. »

La loi en vigueur en Iran depuis la Révolution islamique de 1979 impose aux femmes de sortir tête voilée et le corps couvert d’un vêtement ample plus ou moins long.

Le zèle de la police des mœurs à faire respecter cette loi a nettement diminué depuis l’élection, en 2013, du président Hassan Rouhani, et un nombre croissant de Téhéranaises prend des libertés en laissant apparaître nettement leur chevelure.

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