La police se prépare à des tensions pour le dernier week-end du Ramadan
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La police se prépare à des tensions pour le dernier week-end du Ramadan

Les groupes terroristes de Gaza menacent de riposter après une nouvelle nuit de violences dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est ; Tsahal en état d'alerte en Cisjordanie

La police se prépare à des  tensions à Jérusalem pour le dernier week-end du Ramadan, le 7 mai 2021. (Crédit : Police israélienne).
La police se prépare à des tensions à Jérusalem pour le dernier week-end du Ramadan, le 7 mai 2021. (Crédit : Police israélienne).

La police se prépare à d’éventuels troubles autour de la Vieille Ville de Jérusalem avant les prières du Ramadan vendredi après-midi, après une nuit de violents affrontements entre extrémistes juifs et Palestiniens dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est.

Un certain nombre de rues autour de la Vieille Ville ont été bloquées par la police dès les premières heures de vendredi pour le dernier week-end du Ramadan, et la police a déclaré que les fermetures resteraient en place jusqu’à plus tard dans l’après-midi.

Selon un communiqué de la police, les forces ont été renforcées dans la ville avant l’arrivée attendue de dizaines de milliers de fidèles.

Le mois sacré musulman du Ramadan est généralement marqué par des tensions accrues autour de la Vieille Ville, qui abrite le site du Mont du Temple, lieu sacré pour les Juifs et les musulmans.

Des musulmans palestiniens prient devant le Dôme du Rocher, sur le mont du Temple, près de la mosquée Al-Aqsa, le 12 février 2021. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

En outre, la semaine dernière, les tensions se sont exacerbées dans le quartier voisin de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, où des dizaines de Palestiniens risquent d’être expulsés à la suite d’une longue bataille juridique avec des Israéliens juifs de droite qui tentent d’acquérir des propriétés dans le quartier, situé juste au nord de la Vieille Ville de Jérusalem.

Jeudi, Palestiniens et Israéliens se sont lancés des pierres et des chaises. Des Palestiniens ont mis le feu à la voiture d’une famille juive, après quoi un Israélien juif a fait feu en l’air. Au moins 15 personnes ont été arrêtées, toutes des Palestiniens.

Des pompiers éteignent la voiture d’une famille juive qui a été incendiée dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 6 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Des dizaines de Palestiniens de Sheikh Jarrah pourraient être expulsés de leurs maisons dans les semaines à venir si la Cour suprême rejette leur appel contre une expulsion en cours. Ils seront probablement remplacés par des nationalistes juifs de droite qui affirment que les maisons palestiniennes ont été construites sur des terres appartenant à des associations juives avant la création de l’État d’Israël.

Selon Ir Amim, un groupe de défense des droits de l’homme de gauche qui se concentre sur Jérusalem, environ 200 familles de Jérusalem-Est sont actuellement menacées d’expulsion, et les dossiers avancent lentement dans les instances administratives et les tribunaux israéliens. Environ 70 de ces familles vivent à Sheikh Jarrah, qui a longtemps été un point central de tensions entre Juifs et Arabes.

Selon l’Association pour les droits de l’homme en Israël, environ 358 000 Palestiniens vivent à Jérusalem-Est, la partie de la ville arrachée à la Jordanie par Israël en 1967, où ils ont des droits de résidence mais généralement pas la citoyenneté israélienne. Les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est comme la capitale d’un futur État palestinien. La même zone abrite 225 000 Israéliens juifs, dont la plupart résident dans des quartiers juifs plus récents tels que Gilo et Ramat Shlomo.

Mais les Juifs nationalistes cherchent depuis longtemps à étendre la présence juive dans les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est – que ce soit par des achats clandestins de maisons palestiniennes, des expulsions ordonnées par les tribunaux ou la construction de projets de logements réservés aux Juifs – créant ainsi des enclaves juives au sein des quartiers arabes.

La police israélienne monte la garde devant une habitation palestinienne occupée par des habitants d’implantations pendant une manifestation dénonçant l’expulsion de familles palestiniennes dans le quartier Sheikh Jarrah de Jérusalem, à la veille d’une audience de la Haute cour sur le sujet, le 5 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Dans ce contexte de violences, des manifestants pro-palestiniens se sont réunis dans le quartier pour des iftars nocturnes – le repas qui a lieu après la rupture du jeûne d’une journée pendant le mois sacré musulman du Ramadan – à de longues tables installées à l’extérieur. Jeudi, le député d’extrême droite Itamar Ben-Gvir a installé ce qu’il a appelé un bureau parlementaire de fortune en face du repas d’iftar.

Les tensions ont fait craindre le déclenchement d’un conflit plus large, le groupe terroriste Hamas et d’autres factions de Gaza mettant en garde contre une recrudescence de la violence sur cette question.

Jeudi, la branche militaire du Jihad islamique palestinien a déclaré qu’Israël serait tenu pour responsable de « chaque goutte de sang [qui] serait versée en Palestine », au lendemain de la mort d’un Palestinien de 16 ans lors d’affrontements avec l’armée.

Illustration : des membres du groupe terroriste des Brigades Mujahideen participent à un exercice militaire sur la plage de la ville de Gaza, le 24 avril 2021. (Crédit : Atia Mohammed/Flash90)

Faisant écho à une rhétorique similaire, la branche armée du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), un autre groupe terroriste basé à Gaza, a averti Israël « de ne pas mettre à l’épreuve la patience de nos combattants », dans un communiqué publié jeudi soir.

Parallèlement, au moins six incendies ont été déclenchés jeudi dans le sud d’Israël par des ballons lestés de dispositifs incendiaires lancés depuis la bande de Gaza dirigée par le Hamas, l’un d’entre eux ayant légèrement endommagé un champ de blé.

Les tensions à Jérusalem, en particulier autour de la Vieille Ville, ont atteint un pic le mois dernier après que la police a empêché les gens de se rassembler devant la Porte de Damas au début du Ramadan – une mesure incendiaire, selon les Arabes, qui venait entraver une tradition de longue date de rassemblement sur le site pendant le mois sacré musulman. Les autorités ont ensuite annulé cette mesure.

Après que des Palestiniens ont filmé des vidéos dans lesquelles ils attaquaient des passants ultra-orthodoxes, le groupe suprémaciste juif Lehava a réagi en défilant dans le centre-ville de Jérusalem en appelant à la « mort des Arabes » et en cherchant des Palestiniens à attaquer.

Yehuda Guetta, 19 ans, a été tué dans une fusillade en Cisjordanie. (Autorisation)

En outre, les tensions sont montées en Cisjordanie la semaine dernière après qu’un homme armé a ouvert le feu sur des adolescents israéliens au carrefour de Tapuah, dans le nord de la Cisjordanie, dimanche, tuant Yehuda Guetta et en blessant deux autres.

Le tireur, Muntasir Shalabi, 47 ans, a été arrêté mercredi soir dans le village de Silwad, au centre de la Cisjordanie, par les forces de sécurité israéliennes.

L’armée avait déjà renforcé ses effectifs en Cisjordanie pour le mois du Ramadan, une période qui connaît régulièrement une recrudescence de la violence.

Emanuel Fabian et Aaron Boxerman ont contribué à cet article.

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