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L’affaire Abramovitch pousse le Portugal à durcir les critères de naturalisation

La marginalisation du milliardaire israélo-russe, objet de sanctions sévères en raison de ses liens avec Poutine soulève de nombreuses questions et pousse Lisbonne à changer la loi

Des châles de prière juifs sont entreposés sur une étagère à l'entrée de la synagogue de Lisbonne, le 5 mai 2015. (Crédit : Francisco Seco /AP Photo)
Des châles de prière juifs sont entreposés sur une étagère à l'entrée de la synagogue de Lisbonne, le 5 mai 2015. (Crédit : Francisco Seco /AP Photo)

Le ministre des Affaires étrangères portugais a annoncé mercredi que le pays allait durcir la loi accordant la citoyenneté aux descendants de juifs séfarades, qui avait notamment permis au milliardaire russo-juif Roman Abramovitch de devenir citoyen.

Abramovitch, qui a été sanctionné par les pays occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en raison de ses liens avec le président russe Vladimir Poutine, a reçu la citoyenneté portugaise l’année dernière en vertu de cette loi.

Selon les dispositions d’une loi de 2015 accordant la citoyenneté portugaise aux descendants des juifs séfarades persécutés au Portugal et en Espagne par l’Inquisition au 15e siècle, les arbres généalogiques des demandeurs sont examinés par des experts de l’une des communautés juives du Portugal, à Lisbonne ou à Porto.

Cette citoyenneté – qui a permis à Abramovitch d’obtenir pour la première fois un passeport de l’Union européenne – a soulevé des questions, car la plupart des Juifs russes sont ashkénazes et n’ont pas de racines séfarades. Les autorités portugaises enquêtent pour savoir si la citoyenneté a été attribuée en bonne et due forme, et un rabbin de haut rang aurait été arrêté la semaine dernière dans le cadre de cette enquête.

Les candidats devront désormais démontrer un « lien effectif avec le Portugal », selon le décret présenté mercredi par le ministre des affaires étrangères Augusto Santos Silva, rapporte Reuters.

Les modifications, qui, selon Santos Silva, ne seront pas rétroactives, ont déjà reçu le feu vert du président Marcelo Rebelo de Sousa et devraient entrer en vigueur prochainement, mais aucune date n’a été communiquée.

Le propriétaire du Chelsea Football Club anglais, le magnat russe Roman Abramovich, à sa sortie du tribunal de Londres, le 4 octobre 2011. (AP/File)

Selon le journal portugais Publico, les demandeurs seraient tenus, en vertu des nouvelles dispositions, de fournir des documents supplémentaires, tels que l’héritage d’une propriété sur le territoire portugais ou la preuve d’une visite antérieure dans le pays.

L’UE a sanctionné Abramovich dans le cadre des mesures visant la Russie, auquel Santos Silva a déclaré que Lisbonne se joindra.

Il a toutefois déclaré qu’Abramovich ne pouvait pas être interdit d’entrée dans le pays puisqu’il en a la nationalité.

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