L’agence de presse officielle algérienne accusée d’antisémitisme
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L’agence de presse officielle algérienne accusée d’antisémitisme

L'agence de presse a qualifié un groupe d'eurodéputés, dans lequel figurent les Français Raphaël Glucksman et Bernard Guetta, de "lobby maroco-sioniste"

Raphaël Glucksmann. (Crédit : Harald Krichel/CC BY-SA 4.0)
Raphaël Glucksmann. (Crédit : Harald Krichel/CC BY-SA 4.0)

Le mois dernier, un groupe d’eurodéputés a tenté d’attirer l’attention de l’Union européenne (UE) sur la situation délétère de la liberté de la presse en Algérie. En réaction, dans une dépêche du 19 mai, l’Agence de presse officielle algérienne (APS), a qualifié le groupe de « lobby maroco-sioniste ».

Le qualificatif visait ainsi en particulier les députés européens Raphaël Glucksman et Bernard Guetta. Dans le groupe de responsables politiques, on retrouve également Salima Yenbou de France, Hannah Neumann d’Allemagne, Maria Arena de Belgique, Tinek Strik de Hollande et Heidi Hautala de Finlande.

« Quel crédit accorder au soutien de cette coalition à la cause de la liberté d’expression lorsqu’elle vient en appui à un régime [au Maroc] où les détenus d’opinion croupissent par centaines dans des geôles où ils retrouvent pour la plupart leur dernier refuge sur terre », ajoutait l’Agence de presse officielle algérienne, répondant à un article de l’Agence de presse marocaine, au sujet du groupe d’eurodéputés.

Interrogé par Medi1TV, William Lawrence, professeur des sciences politiques et des affaires internationales à l’American University et ancien responsable Afrique du nord à l’International Crisis Group, a estimé que, par le qualificatif employé, l’Agence de presse algérienne adoptait un discours antisémite.

“Il est évident que la déclaration algérienne vient alimenter l’antisémitisme en essayant d’attaquer la croyance juive”, a déclaré le chercheur. « C’est vraiment obscène et antisémite de fonder leur critique sur le sionisme et le judaïsme. »

Alors qu’ils étaient 130 000 en 1940, la communauté juive d’Algérie ne compterait aujourd’hui plus qu’une poignée de personnes, qui « vivent cachés au milieu d’une population qui confond antisémitisme et haine d’Israël », écrivait l’an dernier la LICRA.

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