L’Autorité palestinienne reste ouverte au Quartet
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L’Autorité palestinienne reste ouverte au Quartet

Selon le conseiller diplomatique d'Abbas, le Conseil de sécurité de l’ONU ou le Quartet, qui incluent Washington, pourraient aider à la reprise du processus de paix

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président américain Donald Trump participe au Sommet islamo-américain au Centre de conférences du roi Abdulaziz à Riyad, le 21 mai 2017 (AFP / MANDEL NGAN)
Le président américain Donald Trump participe au Sommet islamo-américain au Centre de conférences du roi Abdulaziz à Riyad, le 21 mai 2017 (AFP / MANDEL NGAN)

Les Palestiniens sont fermement opposés à ce que les Etats-Unis gardent leur leadership dans les pourparlers de paix avec Israël. Cependant, ils sont maintenant ouverts au rôle de Washington dans le cadre d’un plan multilatéral de paix qui pourrait ouvrir la voie à la création d’un Etat palestinien, a déclaré un haut responsable palestinien au Times of Israël ce mardi.

Suite à la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre, les dirigeants palestiniens ont déclaré que Washington ne pouvait plus jouer son rôle historique et central dans le processus de paix – un rôle occupé pendant plus de deux décennies.

L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas boycotte l’administration américaine concernant les accords de paix au Proche-Orient depuis la déclaration du président américain Donald Trump sur Jérusalem. Ces derniers jours, les Palestiniens ont refusé de rencontrer le vice-président américain Mike Pence, qui a quitté la région ce mardi.

Abbas cherche actuellement à ce qu’un nouveau pays favorable à la création d’un Etat palestinien prenne le rôle des Etats-Unis dans les pourparlers de paix. Il s’est ainsi rendu à Bruxelles cette semaine afin de chercher le soutien de l’UE.

Majdi al Khalidi, le plus haut conseiller diplomatique d’Abbas, a déclaré au Times of Israël que les Palestiniens étaient prêts à travailler avec les Etats-Unis si Washington faisait partie d’un effort international multipartite.

Mahmoud Abbas, leader de l’Autorité palestinienne, est reçu par Federica Mogherini, chef de la diplomatie étrangère de l’UE, avant d’assister à un sommet européen des Affaires étrangères au Conseil européen de Bruxelles le 22 janvier 2018 (EMMANUEL DUNAND / AFP)

« Nous ne pouvons pas accepter les Etats-Unis seuls. Mais nous ne sommes pas contre la participation des Etats-Unis à un mécanisme multilatéral », a-t-il déclaré.

Khalidi a affirmé que les Palestiniens seraient enclins à accepter deux modèles différents pour un processus multilatéral. Le premier serait organisé avec le Quartet du Moyen-Orient, qui comprend les Etats-Unis, les Nations unies, la Russie et l’Union européenne. D’autres pays pourraient également éventuellement être ajoutés.

L’autre cadre souhaité serait avec des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU : la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Comme avec le Quartet, Khalidi a déclaré que d’autres pays pourraient être inclus dans ce dernier modèle.

Le Conseil de sécurité de l’ONU, accompagné de l’Allemagne, a notamment désigné le cadre de l’accord nucléaire iranien historique signé en 2015.

Cependant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été catégorique sur le fait que Jérusalem accepterait uniquement les Etats-Unis comme partenaire pour la paix.

« Il n’y a pas d’alternative au leadership américain dans le processus diplomatique », a-t-il déclaré aux ambassadeurs israéliens dimanche. « Celui qui n’est pas prêt à parler de paix avec les Américains ne veut pas la paix. »

Les Etats-Unis ont participé aux dernières négociations entre Israël et les Palestiniens, et notamment en 2010 et en 2014 – initiatives de paix qui ont finalement échoué.

Lundi, Federica Mogherini, responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, a déclaré que Bruxelles était prêt à jouer un rôle central, aux côtés des Etats-Unis, élargissant ainsi le rôle international dans la médiation entre Israël et les Palestiniens.

« Nous avons affirmé notre conviction que le cadre devait être multilatéral. Nous continuerons à travailler au sein du Quartet, qui inclut les Etats-Unis, la Russie et les Nations unies, en élargissant cela à quelques pays arabes, et éventuellement à la Norvège », a-t-elle déclaré aux journalistes après une rencontre lundi avec Abbas.

Les hauts responsables participent à une réunion en présence du P5+1, de l’Union européenne et de l’Iran à l’hôtel Beau Rivage Palace, le 31 mars 2015, à Lausanne (AFP / BRENDAN SMIALOWSKI / POOL)

« Le président palestinien était tout à fait d’accord avec cette idée de ne pas avoir les Etats-Unis comme seul interlocuteur pour le processus de paix, mais d’avoir un cadre multilatéral dans lequel l’Union européenne jouerait un rôle central avec les autres, y compris nos partenaires du Quartet, y compris les Etats-Unis », a-t-elle ajouté.

M. Abbas, dans son discours de lundi à Bruxelles, a demandé aux Etats membres de l’UE de « reconnaître » rapidement l’Etat de Palestine, estimant que cela aiderait les Palestiniens à obtenir la paix.

Dans un entretien accordé à l’AFP dimanche à Bruxelles, Riad al-Malki, ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, a déclaré que la reconnaissance de l’Etat de Palestine serait « une manière de répondre » à la déclaration de Jérusalem.

Mais des diplomates et des hauts responsables à Bruxelles ont déclaré lundi que la reconnaissance de la Palestine n’était pas envisagée – l’UE laissant la reconnaissance entre les mains des membres individuels. Le meilleur espoir d’Abbas serait donc de progresser vers un « accord d’association » avec le bloc multipartite.

Raphael Ahren et l’AFP ont contribué à cet article.

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