L’armée israélienne promeut son premier colonel Bédouin
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L’armée israélienne promeut son premier colonel Bédouin

Le lieutenant-colonel Hassan Abu Salb devra tripler le recrutement bédouin de l’armée

Un soldat israélien bédouin dans une tente installée près de la frontière de la bande de Gaza, le 6 juillet 2014. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Un soldat israélien bédouin dans une tente installée près de la frontière de la bande de Gaza, le 6 juillet 2014. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’armée israélienne a décidé de promouvoir son premier colonel issu de la communauté bédouine. La promotion attend actuellement l’approbation du ministre de la Défense, a annoncé lundi l’armée.

Actuellement lieutenant-colonel, Hassan Abu Salb devrait prendre la responsabilité d’un programme de la Branche des Ressources humaines qui a pour objectif d’augmenter le recrutement de la communauté bédouine dans l’armée.

Ce poste viendra s’ajouter à son rôle actuel à la direction de l’unité des pisteurs de la division de Cisjordanie.

Son nouveau grade de colonel sera techniquement temporaire et cérémoniel, a annoncé l’armée. Elle accorde parfois temporairement un grade supérieur à des officiers pour leur permettre de prendre en charge une tâche spécifique qu’ils ne pourraient pas remplir sans ce titre.

Environ 250 000 Bédouins vivent dans le pays, selon les chiffres du gouvernement israélien. L’armée israélienne n’a pas pu fournir d’estimation du nombre de Bédouins servant actuellement dans ses rangs, mais des estimations non officielles portent ce chiffre à environ 1 500.

L’armée espère tripler son recrutement au sein de la communauté, et mieux intégrer les soldats bédouins, une mission dont sera chargée Abu Salb.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, pendant une visite sur la base militaire du bataillon de reconnaissance bédouin, le 26 juillet 2016. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)
Avigdor Liberman, ministre de la Défense, pendant une visite sur la base militaire du bataillon de reconnaissance bédouin, le 26 juillet 2016. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Les Bédouins, comme tous les citoyens arabes d’Israël, ne sont pas obligés de faire leur service militaire.

Ces derniers mois, l’armée a envoyé des lettres aux jeunes bédouins approchant de l’âge de l’enrôlement pour les inviter à se porter volontaire en leur présentant diverses options, a annoncé le quotidien Haaretz en décembre.

« Aujourd’hui, plus que jamais, Tsahal vous permet de servir à différents postes qui sont utiles à Tsahal, et à vous, personnellement », peut-on lire dans la lettre.

Traditionnellement, beaucoup de Bédouins servent dans les unités d’élite de pistage de l’armée israélienne. L’armée veut à présent élargir le spectre des options qui leur sont proposées.

Environ 80 Bédouins ont signé l’année dernière pour un programme spécial de deux ans de l’armée, qui est plus court que les 32 mois que les hommes juifs effectuent habituellement. En plus de leur formation militaire, le cours donne à ses recrues la possibilité de passer leur permis poids lourds pour tenter d’être plus attractif.

Yaqoub Mousa Abu al-Qian (Crédit : autorisation)
Yaqoub Mousa Abu al-Qian (Crédit : autorisation)

Les relations entre l’Etat et la communauté bédouine ont pris un mauvais tournant le mois dernier, quand un grand nombre de policiers a été déployé à Umm al-Hiran, un village bédouin non reconnu du désert du Néguev, pour exécuter un ordre de démolitions de maisons.

Dans la pénombre du petit matin, la police a abattu Yaqoub Mousa Abu al-Qian, un habitant du village, quand sa voiture a renversé et tué le premier sergent Erez Levi.

Les proches d’Abu al-Qian affirment qu’il n’était pas un terroriste, et avait perdu le contrôle du véhicule quand il a renversé des policiers, alors qu’il avait déjà été blessé par balle. Une vidéo de la police semble montrer des policiers tirer sur lui avant que sa voiture n’accélère vers un groupe d’agents.

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