Rechercher

L’armée pourrait éviter certaines villes arabes pendant ses déploiements

C'est Yitzhak Turgeman, à la tête de la logistique au sein de Tsahal, qui a tenu ces propos, citant des inquiétudes sur des perturbations violentes lors de manœuvres vers le nord

Le général de brigade Yitzhak Turgeman, chef sortant de l'administration de la Technologie et de la Logistique au sein de l'armée israélienne sur une photo non-datée. (Crédit : Armée israélienne)
Le général de brigade Yitzhak Turgeman, chef sortant de l'administration de la Technologie et de la Logistique au sein de l'armée israélienne sur une photo non-datée. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne prévoit de contourner un certain nombre de villes arabes du nord du pays lors de potentiels déploiements de troupes, a indiqué le responsable sortant de la logistique de Tsahal dans un entretien publié vendredi.

Le général de brigade Yitzhak Turgeman, chef de l’administration technologique et logistique connue sous son acronyme en hébreu, Atal, a ainsi confié au quotidien Maariv que l’armée ferait en sorte d’éviter de traverser le Wadi Ara, une zone marquée par la présence de villes arabes et traversée par une autoroute, après avoir tiré les enseignements des violences communautaires qui, au mois de mai, ont éclaté dans le pays dans le contexte du conflit d’onze jours qui a opposé Israël aux groupes terroristes de la bande de Gaza.

« Ce qui m’inquiète véritablement… c’est l’impact de possibles perturbations violentes en termes de sécurité intérieure et de déplacement de convois de transport militaire », a dit Turgeman. « C’est un facteur qui, je le pense, peut potentiellement réduire de manière significative la capacité de manœuvre de l’armée israélienne », a-t-il ajouté.

Turgeman a noté que des itinéraires alternatifs menant au nord, sur les fronts de la Syrie et du Liban, pourraient être utilisés plutôt que l’autoroute qui traverse Wadi Ara – et qui devait initialement être empruntée par l’armée lors de déploiements majeurs.

« Nous n’avons pas peur d’emprunter cette route, mais cette perspective de prendre le Wadi Ara et l’inquiétude que cela entraîne ne valent pas la peine », a estimé Turgeman. « En temps de guerre, l’armée fera ce qui est juste de faire afin d’amener les soldats sur les lieux du conflit dans les meilleurs délais et nous avons pour cela suffisamment d’alternatives », a-t-il ajouté.

Le chef de la logistique a néanmoins affirmé que l’armée avait mis en place de nouvelles unités chargées de garantir la sécurité des convois qui se déplacent dans tout le pays et que ces troupes disposeraient d’outils de dispersion d’émeute.

Wadi Ara (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Turgeman quittera Tsahal dans deux semaines après 34 ans de service.

Ces propos ont été tenus alors que les militaires ont mené un exercice dans la ville arabe d’Umm al-Fahm, cette semaine – une initiative qui a été critiquée par les résidents de la ville et par certains soldats y ayant pris part, selon certaines informations. La municipalité a aussi écrit une lettre ouverte condamnant une présence de l’armée « inacceptable et blessante pour les sentiments des habitants », a noté Reuters.

Il y avait eu, au mois de mai, des émeutes massives dans de nombreuses villes arabes et dans des villes mixtes israéliennes qui abritent des habitants arabes et Juifs au cours du conflit qui avait éclaté entre le groupe terroriste palestinien du Hamas et Israël, à Gaza.

Même si elles n’avaient pas été sans précédent, ces violences intercommunautaires avaient été parmi les pires de toute l’Histoire du pays, faisant éclater au grand jour les tensions de longue date entre Juifs et Arabes israéliens.

Par ailleurs, les communautés arabes ont connu une recrudescence importante des violences ces dernières années, dont le principal moteur est le crime organisé.

Dans de contexte, les Arabes israéliens blâment la police qui, selon eux, ne parvient pas à réprimer les puissantes organisations criminelles et détourne très largement le regard face à ces violences – querelles familiales, guerres de gangs issus de la mafia et violences faites aux femmes. La communauté souffre également de décennies de négligences.

Ces dernières semaines, la police a renforcé ses activités dans les localités arabes dans le cadre d’une opération majeure appelée « Route sûre », et elle a arrêté des dizaines de personnes soupçonnées de posséder des armes à feu illégales ou de les vendre, ou qui seraient mises en cause dans des crimes liés aux stupéfiants ou à la circulation.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...