Le « bus du Shabbat » du Parti travailliste interdit par la commission électorale
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Le « bus du Shabbat » du Parti travailliste interdit par la commission électorale

Pour le parti, il s'agit de défendre les transports publics pendant le Shabbat. Mais pour la commission et le Shas, ces bus gratuits constituent un 'cadeau de campagne'

Le "bus du Shabbat" de la commission électorale (Capture d'écran : YouTube)
Le "bus du Shabbat" de la commission électorale (Capture d'écran : YouTube)

La commission centrale électorale a interdit vendredi au Parti travailliste de faire circuler un bus gratuit dans le cadre d’une campagne visant à réclamer le fonctionnement des transports publics pendant Shabbat. Elle estime que ce bus s’apparente à un cadeau offert aux électeurs.

Dans la majorité du territoire israélien, il n’y a pas de transports publics du vendredi soir au samedi à la tombée de la luit, lorsque les Juifs pratiquants s’abstiennent de travailler ou de manipuler des machines.

Le magistrat à la Cour suprême Hanan Melcer, qui occupe la tête de la commission électorale, a émis une injonction interdisant au Parti travailliste de faire circuler des transports gratuits jusqu’à nouvel ordre en amont des élections du 9 avril, affirmant qu’une telle initiative relevait d’activités de campagne. La formation et son leader Avi Gabbay ont jusqu’à lundi pour répondre à ce jugement.

Melcer s’est prononcé après une plainte déposée par le parti Shas, qui s’oppose aux transports publics lors du Shabbat. Pour la formation ultra-orthodoxe, ce bus pouvait être considéré comme un cadeau de campagne interdit.

« M. Gabbay, je vous prie de réfléchir une nouvelle fois au caractère sacré du Shabbat et au respect de la tradition dans laquelle vous avez grandi chez votre père. Ne transformez pas le Shabbat en médiocre outil de campagne », a commenté le responsable du Shas et ministre de l’Intérieur Aryeh Deri sur Twitter après la décision de la commission.

Avi Gabbay, chef du parti travailliste, lors d’une conférence du groupe
‘Besheva’, a Jérusalem, le 12 février, 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Répondant à Deri, Gabbay a juré de se battre pour les transports publics pendant Shabbat, ajoutant que ce sujet serait au cœur de la campagne de son parti.

« Nous ne permettrons pas au Shas de déterminer qu’il n’y a pas de transports publics le jour du Shabbat. Le 10 avril, nous changerons également cela », a-t-il dit dans un communiqué.

Le Parti travailliste avait indiqué vendredi matin sur sa page Facebook que le « bus du Shabbat » circulerait d’abord à Rishon Lezion puis dans d’autres villes du pays lors des prochains week-ends.

La plainte visant à empêcher la formation travailliste de faire circuler le bus est survenue après que le Shas a également critiqué Benny Gantz, à la tête de Hossen LeYisrael, qui avait défendu le fonctionnement des transports publics lors de la journée de repos juive. Jouant sur les mots de son slogan de campagne « Israël avant tout » – la formation ultra-orthodoxe avait dit qu’elle placerait « le judaïsme avant tout ».

Les députés du Shas ont également fait savoir leur mécontentement après le lancement, la semaine dernière, d’une ligne de bus publique dans la ville de Tibériade, au nord du pays.

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