Le chatbot du compte Facebook de Netanyahu suspendu
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Le chatbot du compte Facebook de Netanyahu suspendu

Le géant des réseaux sociaux a dénoncé une atteinte à la vie privée et elle a également supprimé un post du Premier ministre pour violation des règles de confidentialité

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu reçoit son deuxième vaccin contre le coronavirus de Pfizer-BioNTech au Sheba Medical Center de Ramat Gan, le 9 janvier 2021. (Crédit : Amos Ben-Gershom / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu reçoit son deuxième vaccin contre le coronavirus de Pfizer-BioNTech au Sheba Medical Center de Ramat Gan, le 9 janvier 2021. (Crédit : Amos Ben-Gershom / GPO)

Facebook a supprimé, lundi, un post du Premier ministre Benjamin Netanyahu et suspendu un chatbot exploité par son compte officiel – une suspension qui durera une semaine – pour violation de la politique de confidentialité mise en œuvre par le réseau social.

Le chatbot envoyait des messages privés aux abonnés, leur demandant de donner des informations personnelles sur d’éventuels Israéliens âgés de 60 ans et plus qui ne s’étaient pas fait vacciner contre le coronavirus. Il ajoutait que le Premier ministre saurait les persuader de se faire administrer l’injection, a expliqué Facebook Israel dans un communiqué.

La même requête d’informations figurait dans la publication qui a été supprimée.

« Conformément à notre politique de confidentialité, nous n’autorisons pas les contenus qui partagent des informations médicales ou qui les réclament », a noté la firme.

Un message chatbot prétendant provenir du Premier ministre a recueilli des informations sur les intentions de vote des utilisateurs avant que Facebook n’intervienne pour rappeler les règles d’utilisation des robots. (Capture d’écran du 21 mars 2019)

Répondant à cette décision, le parti du Likud au pouvoir a fait savoir que la campagne lancée sur les réseaux sociaux « a pour objectif d’encourager les Israéliens âgés de plus de 60 ans à se faire vacciner de manière à épargner leurs vies après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a mis à la disposition de chaque citoyen des vaccins ».

« Nous appelons tous les Israéliens à se faire vacciner de manière à ce que nous puissions ouvrir l’économie et devenir le premier pays dans le monde à émerger du coronavirus », a ajouté le communiqué.

Ce n’est pas la première fois que Netanyahu est sanctionné par le géant des réseaux sociaux concernant l’utilisation de son chatbot.

Au mois de septembre 2019, le jour des élections, Facebook avait suspendu le chatbot de Netanyahu, en début d’après-midi, jusqu’à l’heure de la fermeture des bureaux de vote après le partage illégal d’informations issues de sondages. Publier les résultats d’enquêtes d’opinion le jour d’un scrutin est strictement interdit au sein de l’Etat hébreu.

Photo d’illustration : Les employés d’un Call Center de compétences (CCC) travaille pour l’équipe des opérations communautaires de Facebook à Essem, en Allemagne, le 23 novembre 2017. (Crédit : AP Photo/Martin Meissner)

Un porte-parole de Facebook avait expliqué ce jour-là « travailler avec les responsables électoraux, partout dans le monde, pour aider à garantir l’intégrité du vote. Notre politique établit explicitement que les développeurs sont dans l’obligation de se soumettre à toutes les lois applicables dans le pays où leurs applications sont accessibles ».

Et une semaine avant ce scrutin, Facebook avait temporairement suspendu le robot après une mise en garde de ce dernier auprès des abonnés qui avaient laissé entendre qu’un « gouvernement faible, gauchiste et laïc, qui s’appuiera sur les Arabes qui veulent détruire chacun d’entre nous – femmes, enfants et hommes » pouvait potentiellement être élu. Netanyahu avait déclaré qu’il ne partageait pas ce point de vue sur les Arabes et que le message transmis aux abonnés n’avait pas été écrit par ses soins.

Au début du mois, Facebook a temporairement suspendu de sa plateforme le président américain Donald Trump après que ce dernier a incité ses partisans à envahir le Capitole américain, une prise d’assaut qui avait entraîné plusieurs morts en date du 6 janvier. La firme a annoncé, cette semaine, qu’elle confierait à une instance de contrôle semi-indépendante le soin de déterminer l’éventuelle continuation de ce bannissement de son réseau social.

Twitter a d’ores et déjà banni définitivement Trump de sa plateforme.

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