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Aviv Kohavi promet de contrer davantage la menace iranienne

"Les opérations visant à détruire les capacités de l'Iran vont continuer", a déclaré le chef de l'armée, évoquant notamment le programme nucléaire de la république islamique

Le chef d'État-major Aviv Kohavi s'exprime lors d'une cérémonie sur la base de la marine israélienne de Haïfa, le 2 septembre 2021. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef d'État-major Aviv Kohavi s'exprime lors d'une cérémonie sur la base de la marine israélienne de Haïfa, le 2 septembre 2021. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’État-major de l’armée israélienne Aviv Kohavi a promis, mardi, de continuer les opérations militaires visant à contrer les capacités militaires de l’Iran et notamment son programme nucléaire.

« Les opérations de destruction des capacités iraniennes continueront, partout et n’importe quand, et les plans opérationnels contre le programme nucléaire iranien vont encore être développés et améliorés, » a commenté Kohavi lors d’une cérémonie accueillant le nouveau responsable des Renseignements militaires, Aharon Haliva.

Le général de brigade Tamir Hayman, chef des Renseignements sortant, a estimé que la république islamique était actuellement stable mais il a prédit sa chute finale.

« Même si c’est un régime injuste et totalitaire qui opprime ses citoyens et qui finira par s’effondrer, il reste stable pour le moment », a-t-il déclaré.

« L’Histoire nous a bien appris ce qu’il advient en fin de compte de ce type de régime obscur », a-t-il continué.

Les discussions entre l’Iran et les puissances mondiales concernant la limitation du programme nucléaire de Téhéran en échange d’une levée de sanctions sont dans l’impasse depuis le mois de juin. Toutefois, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a indiqué lundi que l’Iran s’attentait à ce que les pourparlers visant à faire revivre l’accord sur le nucléaire qui avait été conclu en 2015, appelé le JCPOA, reprennent au début du mois de novembre.

Au début du mois, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait indiqué dans un rapport que l’Iran avait multiplié par quatre son stock d’uranium enrichi à 60 % depuis le mois de mai. Elle avait également annoncé que ses contrôles et ses missions de vérification avaient été « gravement entravés » depuis le mois de février, après le refus opposé par la république islamique de laisser accéder les inspecteurs aux équipements de surveillance de l’agence.

Des caméras de télévision devant le Grand hôtel de Vienne où ont lieu les négociations à huis-clos sur l’accord sur le nucléaire, en Autriche, le 20 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Florian Schroetter)

Les puissances mondiales, de leur côté, perdent patience, des mois après la suspension des négociations qui avaient commencé au mois d’avril à Vienne, sous les auspices de l’Union européenne, pour redonner vie à l’accord international de 2015.

Les États-Unis sont sur le point d’abandonner leurs efforts, avait averti le secrétaire d’État américain Anthony Blinken au mois de septembre.

La république islamique s’est petit à petit libérée de ses obligations mentionnées dans l’accord sur le nucléaire depuis 2019, année où le président américain Donald Trump a décidé de remettre en vigueur les sanctions à son encontre suite au retrait des États-Unis du JCPOA.

Israël n’a cessé de répéter que l’Iran cherchait à fabriquer une arme atomique. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’était ouvertement opposé à l’accord de 2015 qui, selon lui, permettrait à terme à l’Iran de se doter d’un arsenal nucléaire, et il avait publiquement recommandé au président américain Joe Biden de ne pas tenter de réintégrer le JCPOA.

Lors d’une rencontre avec Biden le mois dernier à la Maison Blanche, l’actuel Premier ministre Naftali Bennett avait évoqué le « cauchemar » d’une situation où un régime islamique radical obtiendrait l’arme nucléaire et Biden, de son côté, avait promis publiquement que les États-Unis ne permettraient « jamais » à Téhéran de fabriquer une bombe.

La république islamique a accusé l’État juif de manière répétée d’actes de sabotage commis sur ses sites nucléaires et d’avoir tué un certain nombre de ses scientifiques.

Samedi, l’Iran a demandé avec force à l’agence atomique des Nations unies de condamner un acte de « sabotage » survenu dans une installation nucléaire située à l’Ouest de Téhéran, un acte attribué à Israël.

L’Iran a affirmé qu’en date du 23 juin, le pays avait déjoué une attaque contre un bâtiment appartenant à sa propre agence nucléaire à Karaj, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

L’usine de fabrication de pièces détachées de centrifugeuses près de Karaj, en Iran, une photo publiée en ligne par Edward Majnoonian, usager de Google, au mois de mai 2019. (Capture d’écran/Google Maps)

A l’époque, le pays n’avait pas identifié la nature de l’attaque et la télévision d’État s’était contentée de dire que « les saboteurs ne sont pas parvenus à mener à bien leur plan ».

Dimanche, le dirigeant de l’agence atomique iranienne, Mohammad Eslami, a indiqué que le groupe de veille de l’ONU et les puissances occidentales avaient échoué à « condamner l’acte terroriste qui a gravement endommagé le site ».

« Ce dernier acte de sabotage de la part du régime d’occupation de Jérusalem contre notre programme nucléaire est le dernier acte terroriste en date commis contre le complexe de TESA à Karaj », a pour sa part commenté l’agence de presse officielle INRA.

Une reprise de l’accusation lancée par Eslami d’une attaque israélienne. Eslami a ajouté que l’Agence internationale de l’énergie atomique des Nations unies devait « donc clarifier son positionnement sur l’incident ».

L’AFP a contribué à cet article.

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