Le Fatah annule une grève destinée à contester le sommet américain de Bahreïn
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Le Fatah annule une grève destinée à contester le sommet américain de Bahreïn

Un responsable du parti a expliqué que la grève avait été annulée pour ne pas nuire à l'économie et ne pas perturber les examens des lycéens

Une Palestinienne marche devant les boutiques fermées pour cause de grève contre le système de sécurité sociale proposé par l'AP, à Hébron, le 15 janvier 2019. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)
Une Palestinienne marche devant les boutiques fermées pour cause de grève contre le système de sécurité sociale proposé par l'AP, à Hébron, le 15 janvier 2019. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)

Le parti du Fatah de l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas a décidé d’annuler une grève qu’il avait prévue pour protester contre l’atelier économique conduit par les Etats-Unis dans la capitale du Bahreïn, Manama, la semaine prochaine.

Samedi, le Fatah a annoncé dans un communiqué qu’une grève, concernant les secteurs public et privé, aurait lieu le 25 juin pour marquer « le rejet et la condamnation de l’atelier de Manama » par le peuple palestinien.

La faction a aussi déclaré que des « marches et des événements nationaux de colère » contre la conférence auront lieu le 24 juin et appelé les Palestiniens à « escalader la résistance populaire contre l’occupation et les gangs d’implantation » le 26 juin.

Pourtant, le parti a déclaré dans un communiqué dimanche que la grève était annulée, notant qu’au lieu de cela, « des marches dans la patrie et dans la diaspora » seront organisées.

L’administration américaine et Bahreïn ont annoncé à la mi-mai qu’ils accueilleront un atelier économique à Manama les 25 et 26 juin « qui facilitera les discussions sur une vision ambitieuse et réalisable et un cadre de travail pour garantir un avenir prospère au peuple palestinien et à la région ».

Des officiels américains ont dit que le sommet traitera de la dimension économique de son prochain plan pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Les Palestiniens ont fermement refusé d’y participer. Abbas a fait savoir que les dirigeants palestiniens à Ramallah n’en accepteront pas ses résultats et demandent que tout effort de paix commence par le traitement des questions politiques plus que par les aspects économiques.

Manifestants palestiniens avec le drapeau du Fatah, à Hébron, dans le centre de la Cisjordanie, le 4 novembre 2015. (Crédit : AFP/Hazem Bader)

Depuis que le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël et a initié le transfert de l’ambassade américaine vers Jérusalem, les responsables palestiniens à Ramallah ont significativement réduit les liens avec Washington.

Bassam Zakarneh, un membre du Conseil révolutionnaire du Fatah, a dit que le parti avait annulé le grève en grande partie pour éviter de perturber les examens de fin d’étude dans les lycées, prévus dans les prochains jours, y compris les 24 et 26 juin.

« Nous avons voulu nous assurer que les lycéens se concentrent sur leurs examens », a-t-il expliqué lors d’un appel téléphonique.

Zakarneh a aussi souligné que le Fatah a partiellement annulé la grève pour éviter de nuire à l’économie locale.

« Quand tous les magasins et les commerces sont fermés, il y a des répercussions pour l’économie, a-t-il dit. Etant donné la situation économique difficile, nous ne voulons pas causer des tensions supplémentaires sur l’économie ».

Les Palestiniens des villes de Cisjordanie respectent généralement les grèves quand le Fatah et l’Organisation de libération de la Palestine appellent à faire grève.

Le Fatah domine l’Autorité palestinienne, qui contrôle les villes cisjordaniennes et certains villages. Le groupe terroriste du Hamas contrôle la bande de Gaza.

Wasel Abu Yousef, membre du comité exécutif de l’OLP, a accusé le Fatah d’avoir annoncé la grève au départ sans parvenir à un consensus avec l’OLP.

« Le Fatah a fait erreur », a-t-il dit dans un appel téléphonique. « Nous ne sommes pas parvenus à un consensus autour de la tenue d’une grève, et le Fatah n’aurait pas dû l’annoncer, mais je suis soulagé qu’ils aient finalement décidé de l’annuler. »

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