Le gouvernement espagnol prolonge le processus d’acquisition de la nationalité
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Le gouvernement espagnol prolonge le processus d’acquisition de la nationalité

Cette prolongation jusqu’à septembre 2021 s’adresse uniquement aux Juifs séfarades qui ont déjà déposé un dossier, le dépôt de nouveaux dossiers étant clos

Un drapeau espagnol près d'Estrema, dans la province de Madrid, le 19 décembre 2018. (Crédit : Pablo Blazquez Dominguez/Getty Images/via JTA)
Un drapeau espagnol près d'Estrema, dans la province de Madrid, le 19 décembre 2018. (Crédit : Pablo Blazquez Dominguez/Getty Images/via JTA)

Le gouvernement espagnol a annoncé jeudi prolonger le délai du processus d’acquisition de la nationalité espagnole à destination des descendants de Juifs séfarades expulsés du pays il y a plus de 500 ans mais qui n’ont pu aller à son terme en raison de la pandémie de coronavirus.

Cette prolongation jusqu’à septembre 2021 s’adresse uniquement à ceux qui ont déjà déposé un dossier, le dépôt des nouveaux dossiers étant clos.

Ce délai permettra ainsi aux candidats de bénéficier d’un délai supplémentaire pour passer les tests obligatoires sur leurs connaissances de la Constitution et sur la culture espagnoles, annulés en raison de la pandémie, ainsi que pour rencontrer un notaire pour une comparution obligatoire.

En octobre dernier, date d’expiration de la loi, le ministère espagnol de l’Intérieur avait rapporté que plus de 132 000 personnes d’origine séfarade, descendant des Juifs expulsés d’Espagne en 1492, avaient demandé la nationalité espagnole cinq siècles plus tard.

Seuls 6 000 demandeurs l’avaient obtenue, selon Pedro Garrido Chamorro, directeur général des registres et du notariat, un organisme dépendant du ministère.

Le ministère n’a pas précisé combien d’individus étaient concernés par l’allongement du délai.

Les demandeurs ont pu faire cette demande pendant quatre ans en vertu d’une loi espagnole adoptée en 2015 pour réparer ce que Madrid considère comme une « erreur historique » : l’expulsion d’environ 200 000 Juifs d’Espagne, selon les historiens, décidée par les Rois catholiques au nom de la « pureté » du sang.

La grande majorité des demandeurs habitent des pays d’Amérique latine, à commencer par le Mexique (20 000), le Venezuela (près de 15 000) et la Colombie (environ 14 000). Il y a eu également de nombreuses demandes en provenance d’Argentine (plus de 4 000) et d’Israël (plus de 3 000).

Les candidats devaient prouver leur origine séfarade – avec l’autorité d’un rabbin local ou une enquête généalogique – et passer un examen d’espagnol à l’Institut Cervantès, dans le cas des non hispanophones. Tous les candidats doivent en outre passer un test de culture et société.

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