Israël en guerre - Jour 147

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Le Hamas a drogué les otages pour les garder dociles en captivité – médecin

Une psychiatre parle de sévices "physiques, sexuels, mentaux et psychologiques"; un otage a été maintenu dans l'obscurité totale pendant des jours et d'autres continuent à souffrir d'états dissociatifs

Des manifestants se rassemblent avec des pancartes montrant les portraits des otages israéliens détenus à Gaza depuis le massacre du 7 octobre par le Hamas, lors d'une manifestation appelant à leur libération sur la place des Otages à Tel Aviv, le 9 décembre 2023. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)
Des manifestants se rassemblent avec des pancartes montrant les portraits des otages israéliens détenus à Gaza depuis le massacre du 7 octobre par le Hamas, lors d'une manifestation appelant à leur libération sur la place des Otages à Tel Aviv, le 9 décembre 2023. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Une spécialiste a déclaré lundi que les otages kidnappés et emmenés à Gaza lors de l’effroyable attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre, avaient été drogués pour rester dociles en captivité et soumis à des abus psychologiques et sexuels.

En 20 ans de prise en charge des victimes de traumatisme, la directrice du service psychiatrique qui soigne à Tel-Aviv des otages israéliens libérés par le Hamas dit n’avoir « jamais rien vu de pareil ».

« Qu’ils soient physiques, sexuels, mentaux ou psychologiques, les sévices subis par ceux qui sont revenus sont tout simplement terribles », lâche Renana Eitan, du centre hospitalier Sourasky-Ichilov. « Il faudra réécrire le manuel »

Quelque 240 otages ont été enlevés en Israël lors du massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre, lorsque quelque 3 000 terroristes ont fait irruption en Israël depuis la bande de Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime, tuant quelque 1 200 personnes et s’emparant de personnes de tous âges sous le couvert d’un déluge de milliers de roquettes tirées sur les villes et villages israéliens.

Une trêve temporaire d’une semaine, fin novembre, a permis au groupe terroriste de libérer 105 des otages enlevés lors de l’assaut du 7 octobre, pour la plupart des femmes et des enfants, ainsi que des ressortissants thaïlandais.

Au moins 138 otages sont toujours retenus à Gaza, dont 18 seraient morts.

L’hôpital a pris en charge 14 anciens otages détenus par le Hamas et certains déclarent avoir été drogués. Les médecins pensent que leurs ravisseurs leur ont fait prendre des benzodiazépines, des médicaments qui ralentissent l’activité cérébrale et ont un effet calmant.

« Il est parfois difficile de gérer de jeunes enfants ou des adolescents et ils savaient qu’en les droguant, ils se tiendraient tranquilles », explique Renana Eitan à des journalistes, dont l’AFP.

« Pendant quelques semaines, une petite fille a même reçu de la kétamine », un puissant anesthésique qui produit un effet de dissociation entre le corps et l’esprit. « Faire ça a un enfant, c’est impensable », s’indigne-t-elle.

Eitan Yahalomi, 12 ans, avec sa mère à l’hôpital Ichilov, le 27 novembre 2023, après avoir été libéré par le Hamas dans le cadre d’un accord de trêve. (Crédit : Armée israélienne)

D’anciens otages continuent de souffrir d’états dissociatifs: « Ils savent qu’ils sont ici au centre hospitalier et l’instant d’après, ils pensent être à nouveau avec le Hamas ».

Leurs geôliers ont soumis certains otages à des pressions psychologiques, faisant par exemple croire à l’un d’entre eux que sa femme était morte, alors qu’elle était toujours vivante en Israël.

Des mineurs ont été séparés de leur famille et ont dû regarder des vidéos très violentes. Une femme affirme avoir été maintenue dans une obscurité totale avec d’autres personnes quatre jours durant.

« Ils sont devenus psychotiques, ont eu des hallucinations », détaille Mme Eitan.

Des cas d’automutilation ont été signalés et certains rapatriés ont des pensées suicidaires. « Mais c’est là notre mission : veiller à ce que de telles choses ne se produisent pas », dit-elle.

Yagil Yaakov, 13 ans, tient la main de sa mère à bord d’un hélicoptère de l’armée, à sa libération par le Hamas, le 27 novembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

‘Les mots manquent’

Le caractère exceptionnel de la situation place les équipes devant un dilemme. D’ordinaire, les professionnels évitent de confronter immédiatement leurs patients à leurs traumatismes.

Mais ils sont parfois les seuls à connaître l’état de santé des otages toujours retenus à Gaza, dont les autorités israéliennes estiment le nombre à 137 : il faut donc les faire parler, reconstituer le décor infernal de leur captivité et décrire les violences, encore et encore.

Les 80 otages ou binationaux ayant recouvré la liberté ont été échangés contre 240 Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes pour atteinte à la sécurité nationale, à l’occasion d’une trêve d’une semaine qui s’est achevée le 1er décembre. En outre, 25 otages étrangers ont été relâchés.

Le choc national provoqué par l’attaque du 7 octobre est tel qu’un centre spécifique de traitement des troubles de stress post-traumatique doit être créé.

5 % de la population israélienne, soit 400 000 personnes, nécessiteraient une prise en charge, d’après Dr Eitan.

Le centre hospitalier Sourasky-Ichilov soigne aussi des centaines de patients blessés physiquement, qu’il s’agisse de soldats, pouvant être transportés par avion en 15 minutes depuis le champ de bataille, ou de civils.

C’est le cas de Tomer Zadik, 24 ans, admis avec une balle dans le bras reçue lors du festival de musique Supernova, théâtre d’un des plus terribles massacres perpétrés le 7 octobre dans les localités israéliennes situées le long de la frontière nord du territoire palestinien administré par le Hamas.

Tomer Tzadik, un Israélien de 24 ans, soigné depuis qu’il a reçu une balle dans le bras lorsque des terroristes du Hamas ont pris d’assaut le festival de musique Supernova le 7 octobre, à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv le 11 décembre 2023. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Il raconte s’être caché pendant des heures avant de réussir à s’échapper.

« Les mots manquent pour décrire les atrocités commises là-bas », dit-il, ajoutant qu’il fait des cauchemars s’atténuant avec le temps.

« Ils voulaient nous briser, pas seulement physiquement. Ils voulaient casser mentalement toute la nation d’Israël », estime-t-il.

« Mais on se laissera pas abattre ».

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