Le Hamas affirme qu’Israël a rejeté ses offres d’échange de prisonniers
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Le Hamas affirme qu’Israël a rejeté ses offres d’échange de prisonniers

Le groupe terroriste de Gaza accuse Jérusalem d'avoir rejeté la proposition, qui inclurait également une trêve à long terme

Des membres du Hamas accueillant des prisonniers palestiniens au passage de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 18 octobre 2011, suite à l'accord Shalit. (Crédit photo:  Abed Rahim Khatib / Flash90)
Des membres du Hamas accueillant des prisonniers palestiniens au passage de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 18 octobre 2011, suite à l'accord Shalit. (Crédit photo: Abed Rahim Khatib / Flash90)

L’organisation terroriste du Hamas a déclaré jeudi qu’Israël a rejeté toutes ses offres d’échange de prisonniers, à la suite d’une proposition qui impliquait également une trêve à long terme et un assouplissement du blocus sur la bande de Gaza.

« Nous avons essayé de faire des progrès et de parvenir à un autre accord d’échange de prisonniers », a déclaré le Hamas dans un communiqué en anglais sur Twitter, « mais tous nos efforts ont été rejetés par l’occupation israélienne et ses dirigeants ne sont pas prêts à conclure un accord ».

Le quotidien arabe Al-Hayat, basé à Londres, a rapporté la semaine dernière qu’un pays occidental était en train de négocier des pourparlers – initiés par le Hamas – entre Israël et le groupe terroriste palestinien. Le rapport indique qu’Israël a promis d’étudier l’offre et d’y répondre après le 15 mai, date à laquelle les Palestiniens ont organisé des manifestations de masse et des émeutes marquant les 70 ans de ce qu’ils appellent la « Nakba », ou catastrophe, de la création d’Israël.

Le rapport ajoute qu’il était probable qu’Israël exige que le Hamas arrête la fabrication d’armes et son projet de tunnels d’attaque, en plus de désarmer sa branche militaire, les Brigades Ezzedine al-Qassam. Le Hamas est « flexible » sur les deux premières revendications, a indiqué Al-Hayat, mais il est peu probable qu’il accepte de désarmer les brigades Qassam ou d’autres groupes armés.

On ne sait pas si c’est cette exigence qui a fait échouer les pourparlers. Le Cabinet du Premier ministre n’a pas répondu à la demande de commentaires du Times of Israel sur le communiqué du Hamas.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré que 62 Palestiniens ont été tués et plus de 2 700 autres blessés lors des affrontements frontaliers cette semaine, qui ont été le point culminant des émeutes hebdomadaires et des protestations autour de l’enclave côtière depuis mars. Tsahal a déclaré mardi qu’au moins 24 des morts étaient des membres des groupes terroristes Hamas et du Jihad islamique palestinien. Ces deux groupes terroristes ont par la suite reconnu que 53 de leurs membres se trouvaient parmi les morts. Israël prétend que le Hamas encourage la violence et l’utilise comme couverture pour des attaques.

Plus tôt ce mois-ci, le quotidien Haaretz a rapporté que le Hamas a exprimé à plusieurs reprises au cours des derniers mois sa volonté d’entamer des pourparlers avec Israël sur un cessez-le-feu à long terme.

Le rapport indique qu’en échange d’une telle trêve, le Hamas veut qu’Israël assouplisse considérablement le blocus de Gaza, approuve des projets d’infrastructure à grande échelle et, éventuellement, accepte un accord d’échange de prisonniers.

Le Hamas, groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, a fait des propositions similaires dans le passé.

Les rapports font suite à plusieurs indications selon lesquelles le Hamas est profondément divisé alors qu’il cherche à sortir de la situation désastreuse de Gaza, où il a pris le pouvoir en 2007. La bande de Gaza est confrontée à une crise économique, aux sanctions de l’Autorité palestinienne basée à Ramallah, aux pressions continues du blocus de sécurité israélo-égyptien et à la montée des troubles internes.

L’année dernière, le Président de l’AP Mahmoud Abbas a imposé une série de mesures contre la bande de Gaza, dont la suspension des paiements de l’Autorité palestinienne à Israël pour l’approvisionnement en électricité de l’enclave côtière. Abbas a également coupé les salaires de milliers de fonctionnaires de Gaza et en a forcé beaucoup d’autres à prendre une retraite anticipée.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

Le mois dernier, le quotidien Israel Hayom a rapporté qu’il y avait des disputes entre les hauts responsables du Hamas sur l’opportunité d’accepter une initiative égyptienne pour arrêter les manifestations « Marche du retour » à la frontière et promouvoir un accord d’échange de prisonniers.

Le dirigeant du Hamas à Gaza Yahya Sinwar souhaitait accepter l’offre, tandis que le dirigeant principal du groupe, Ismail Haniyeh, s’y opposait avec véhémence, selon ce rapport, qui citait des sources importantes du Hamas et de l’Égypte. Le groupe s’est ensuite divisé en deux camps opposés, a-t-il ajouté.

Le 18 avril, le journal libanais Al Akhbar, affilié au Hezbollah, a rapporté qu’un accord sur l’échange de prisonniers a été conclu lors de réunions entre les responsables des services de renseignement égyptiens et les dirigeants du Hamas. Les deux parties sont parvenues à un accord sur le nombre et les noms des prisonniers palestiniens qui seraient inclus dans un échange de prisonniers avec Israël.

Selon le rapport, les Égyptiens ont demandé au Hamas des informations sur deux soldats de Tsahal dont on pense que le groupe détient les corps dans la bande de Gaza. Les deux, Hadar Goldin et Oron Shaul, ont été tués pendant la guerre de 2014 entre Israël et le Hamas, et le groupe terroriste a depuis refusé de fournir des détails à leur sujet.

Le groupe terroriste détiendrait également deux civils israéliens qui sont entrés de leur propre gré à Gaza, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed.

Raphael Ahren et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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