Le Hamas nie être impliqué dans l’attaque du Sinaï
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Le Hamas nie être impliqué dans l’attaque du Sinaï

Après la mort de 30 soldats la semaine dernière, le Caire va raser 680 maisons à la frontière pour isoler Gaza

Elhanan Miller est notre journaliste spécialiste des affaires arabes

Un ouvrier palestinien dans un tunnel de contrebande qui passe sous la frontière égyptienne, dans le sud de la bande de Gaza, en février 2013. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Un ouvrier palestinien dans un tunnel de contrebande qui passe sous la frontière égyptienne, dans le sud de la bande de Gaza, en février 2013. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Les responsables du Hamas ont rejeté les accusations de l’Egypte au sujet de la participation palestinienne à l’attaque terroriste de la semaine dernière dans le nord du Sinaï, affirmant que les tunnels utilisés à des fins de contrebande allant de Gaza à la péninsule du Sinaï ont été complètement détruits il y a deux ans.

« Gaza n’a rien à voir avec ce qui se passe à l’intérieur de l’Egypte », affirme le porte-parole du ministère de l’Intérieur du Hamas, Lyad Al-Bozum, dans un communiqué posté samedi sur le site Internet du ministère. « Les tunnels entre Gaza et l’Egypte n’existent plus et sont dans le passé depuis que l’armée égyptienne les ont fermés il y a plus de deux ans ».

Le ministre–adjoint de l’Intérieur égyptien, Samih Bashadi, a précisé au quotidien saoudien A-Sharq Al-Awsat que l’attaque-suicide contre son armée à un point de contrôle près de la ville d’El-Arish qui a tué 30 soldats vendredi dernier, a été menée grâce à l’aide d’agents palestiniens.

Bashadi donnait des précisions sur les déclarations faites par le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi qui a parlé de « mains étrangères » impliquées dans l’attaque.

Mais l’armée égyptienne ne semble pas convaincue lundi par les affirmations de Bozum, à savoir que « la frontière avec l’Egypte est contrôlée et sécurisée, et fait l’objet d’une surveillance accrue de la part des agences de sécurité palestiniennes ».

Selon le quotidien londonien Al-Hayat, l’armée a entamé une procédure de « redistribution démographique temporaire » de la population qui vit le long du côté égyptien de la frontière. Elle compte relocaliser 680 familles pour créer une zone tampon d’une distance comprise entre 1,5 km et 3 km.

Une source sécuritaire anonyme a indiqué au quotidien que les maisons situées le long de la frontière abritaient des puits d’accès aux tunnels difficiles à repérer tant que l’on ne détruit pas les maisons.

Les hélicoptères de l’armée égyptienne ont mené des attaques aériennes contre des cibles à El-Arish et Sheikh Zweid dans le nord du Sinaï dimanche, indique le quotidien Al-Masry Al-Youm. Vingt-trois membres d’Ansar Bayt Al-Maqdis, une organisation affiliée à Al-Qaeda, ont été tués, dont deux personnes qui avaient participé aux attaques de vendredi, affirme le quotidien.

L’Egypte a commencé à détruire les tunnels de contrebande gazouis en 2009, mais a redoublé d’efforts en août 2012 après une attaque terroriste qui a tué 16 agents de la police des frontières près de la frontière israélienne.

Pendant le mandat du président destitué Mohammed Morsi, l’armée avait commencé à noyer les tunnels avec des eaux d’égout en 2013.

En insistant sur le fait qu’il n’y a actuellement aucun tunnel sous la frontière, le responsable du Hamas, Ahmad Youssef, précise à l’agence de presse Maan lundi que la décision égyptienne de créer une zone tampon « n’affectera pas la bande Gaza ». Il ajoute que le Hamas est prêt à déployer ses forces le long de la frontière pour augmenter le sentiment de sécurité des Egyptiens.

Mais le chef des relations extérieures du Hamas, Osama Hamdan, a expliqué à la chaîne qatarie Al-Jazeera dimanche que cette nouvelle zone tampon équivaut à de l’ « incitation contre le peuple palestinien » et « renforcera le siège imposé sur Gaza pendant des années ». Hamdan affirme que ce sont « des mains israéliennes » qui sont impliquées dans l’attaque du Sinaï.

L’Egypte, pour sa part, a fermé jusqu’à nouvel ordre samedi le passage de Rafah.

Le ministre de l’Intérieur du Hamas a arrêté d’ajouter des noms à la liste des personnes qui souhaitent entrer sur le sol égyptien.

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