Le Labour est dirigé par des antisémites – ex-chef d’un observatoire du racisme
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Le Labour est dirigé par des antisémites – ex-chef d’un observatoire du racisme

Trevor Phillips a déclaré que Jeremy Corbyn figure parmi ceux qui, dans le parti, affichent une partialité antisémite, citant l'incident du dépôt de gerbe en Tunisie

Des manifestants lors d'une manifestation aux abords des bureaux du parti d'opposition du Labour dans le centre de Londres, le 4 septembre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Daniel LEAL-OLIVAS)
Des manifestants lors d'une manifestation aux abords des bureaux du parti d'opposition du Labour dans le centre de Londres, le 4 septembre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Daniel LEAL-OLIVAS)

L’ancien responsable de l’observatoire officiel de l’égalité des droits au Royaume-Uni a accusé le parti travailliste d’être dirigé par des « antisémites et des racistes », ajoutant qu’il ne croyait pas les affirmations du chef de la formation, Jeremy Corbyn, lorsque ce dernier clamait qu’il n’avait pas de préjugés anti-juifs.

« Cela n’aide pas que l’un de nos grands partis, celui auquel j’appartiens, soit dirigé par des antisémites et des racistes qui veulent à la base éliminer tous ceux qui sont en désaccord avec eux », a commenté Trevor Phillips durant une discussion organisée vendredi dans un think-tank, selon le Mail, le tabloïd britannique du dimanche.

Phillips est l’ancien chef de la Commission de l’égalité et des droits de l’Homme au Royaume-Uni, qui fait la promotion de l’égalité des droits et supervise les politiques anti-discrimination en Grande-Bretagne.

Interrogé pour savoir si ses propos comprenaient Corbyn, il a répondu par l’affirmative.

« Je pense que les manières de voir de Jeremy Corbyn ont été largement partagées et exposées », a-t-il répondu.

Trevor Phillips (Capture d’écran : YouTube)

Les propos de Phillips surviennent alors que le Labour tente de sortir d’une crise portant sur l’antisémitisme dans ses rangs qui déchire le parti depuis quelques mois. Accusé de protéger l’antisémitisme en son sein, Corbyn est lui-même fustigé pour avoir montré des sentiments anti-juifs.

Mardi, le comité exécutif national du parti a adopté les dispositions contenues dans la définition de l’antisémitisme mise au point par l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance), ajoutant une clause vague et controversée protégeant la critique d’Israël, ce qui a entraîné la colère d’un grand nombre de membres de la formation.

Certains, au sein de la communauté juive, ont salué l’adoption tardive de la définition, disant que c’était un premier pas, tout en estimant qu’il reste beaucoup à faire pour retrouver la confiance des Juifs du pays.

Un sondage récent a révélé que presque 40 % des Juifs britanniques « réfléchiraient sérieusement à émigrer » si Corbyn devait un jour devenir Premier ministre.

Jeremy Corbyn s’adresse à la foule à Trafalgar Square à Londres, en Angleterre, le 13 juillet 2018. (Niklas Hallen / AFP / Getty Images / via JTA)

Corbyn aura toutefois cherché à diluer davantage la signification de l’adoption de cette définition en tentant par ailleurs de faire approuver, lors de la rencontre du comité, une déclaration stipulant qu’il ne « doit pas être considéré comme antisémite de décrire Israël, ses politiques ou les circonstances de sa fondation comme racistes ». Sa proposition n’a pas obtenu de soutien et elle n’a pas été présentée au vote.

Si Corbyn a expliqué que l’antisémitisme n’avait pas sa place dans son parti, Phillips a estimé, pour sa part, que ses actions passées laissent apparaître une partialité antijuive. Il a spécifiquement cité un incident survenu en 2014 lors duquel le chef du Labour a déposé une gerbe en Tunisie en hommage aux terroristes palestiniens impliqués dans l’attaque meurtrière contre l’équipe israélienne lors des Jeux Olympiques de Munich, en 1972.

Jeremy Corbyn (deuxième à partir de la gauche) tenant une couronne lors d’une visite aux martyrs de Palestine, en Tunisie, en octobre 2014. (Page Facebook de l’ambassade palestinienne en Tunisie)

« Avant cela, il était toujours possible pour Jeremy Corbyn de dire qu’il n’avait rien à voir avec tout ça. Avec cela, il s’est placé de lui-même dans le groupe », a dit Phillips, selon l’article.

La formation a rejeté les propos tenus par Phillips, disant au journal britannique que « Jeremy Corbyn et les dirigeants du parti sont des anti-racistes de toute une vie qui sont déterminés à s’attaquer à l’antisémitisme au sein du Labour comme dans la société au sens large ».

Dans une interview donnée le mois dernier, l’ancien grand-rabbin Jonathan Sacks a qualifié Corbyn de dangereux antisémite. Le parti travailliste a rejeté cette affirmation qu’il a qualifié d’absurde et offensante.

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