Le Liban impose un couvre-feu total de 11 jours face à l’essor du coronavirus
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Le Liban impose un couvre-feu total de 11 jours face à l’essor du coronavirus

Ce renforcement des restrictions intervient après la multiplication d'appels de responsables des services de santé pour des mesures plus strictes face à la saturation des hôpitaux

Le centre-ville de Beyrouth, déserte, en pleine confinement pour endiguer la pandémie de coronavirus, le 10 janvier 2021. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)
Le centre-ville de Beyrouth, déserte, en pleine confinement pour endiguer la pandémie de coronavirus, le 10 janvier 2021. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)

Le Liban impose à partir de jeudi un couvre-feu total pendant onze jours avec également une limitation des vols en provenance de pays considérés à haut risque, pour tenter d’endiguer la propagation en flèche du nouveau coronavirus.

« Il est interdit de sortir dans la rue et sur les routes entre 5 heures du matin le jeudi 14 janvier 2021 et 5 heures du matin le lundi 25 janvier », selon un communiqué diffusé lundi à l’issue d’une réunion du Conseil supérieur de la défense.

Les Libanais ne pourront donc pas sortir de chez eux pendant cette période, même pas pour faire des courses alimentaires, faire de l’exercice ou promener leur animal domestique. Quelques exceptions sont prévues pour le personnel de santé, les journalistes, des employés du secteur alimentaire et d’autres travailleurs jugés essentiels.

Les supermarchés ne feront que des livraisons. Des rumeurs concernant leur possible fermeture totale a provoqué un vent de panique à travers le pays, des foules dévalisant certains rayons.

Le pays faisait déjà l’objet d’une mesure de confinement depuis le 7 janvier, avec un couvre-feu nocturne à partir de 18 heures.

Ce renforcement des restrictions intervient après la multiplication d’appels de responsables des services de santé pour des mesures plus strictes face à la saturation des hôpitaux.

Des patients ont dû attendre ces derniers jours pendant des heures aux services d’urgences avant d’obtenir un lit en soins intensifs. Certains ont même été contraints de se faire soigner à domicile ou dans leur voiture.

Les membres de la Croix-Rouge libanaise, portant des combinaisons de protection contre les matières dangereuses, transfèrent un patient âgé atteint de coronavirus au département COVID-19 de l’hôpital universitaire Nabih Berri, dans la ville de Nabatiyeh, au sud du Liban, le 9 janvier 2021. (Crédit : Mahmoud ZAYYAT / AFP)

Les réseaux sociaux sont inondés de photos, vidéos, témoignages, souvent poignants, et d’appels désespérés à l’aide.

« La tragédie à laquelle nous assistons dans les hôpitaux nécessite des mesures drastiques », avait déclaré le président Michel Aoun, plus tôt dans la journée.

Selon le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab, l’épidémie est « hors de contrôle » et le système de santé risque l' »effondrement ».

Fardeau partagé

Les hôpitaux privés, qui représentent plus de 80 % du secteur hospitalier libanais, sont désormais contraints d’augmenter la capacité de leurs unités de soins intensifs pour porter une plus grande part du fardeau.

Toujours dans l’attente du paiement d’arriérés par l’Etat, certains d’entre eux rechignaient à accueillir des patients atteints du Covid-19 ou à accroitre leur capacité d’accueil.

Les frontières terrestres et maritimes seront aussi fermées à tous les voyageurs pendant ces onze jours, sauf à disposer d’un visa ad hoc. Le nombre de passagers arrivant à l’aéroport de Beyrouth sera abaissé à 20 % du niveau de janvier 2020.

Les voyageurs en provenance de Bagdad, d’Istanbul et d’Adana en Turquie, du Caire et d’Addis Abeba seront contraints à une quarantaine de sept jours dans un hôtel, à leurs frais. Avec un test PCR à l’arrivée au Liban et un autre six jours plus tard.

Le petit pays de six millions d’habitants a recensé lundi 222 391 cas, dont 1 629 décès. Et il a battu des records des derniers jours, enregistrant vendredi un pic de 5 440 nouveaux cas de Covid-19.

Selon Firass Abiad, directeur de l’hôpital universitaire Rafic Hariri à Beyrouth, principal établissement mobilisé dans la lutte contre le coronavirus, plus de 30 000 nouveaux cas ont été recensés du 3 au 10 janvier.

Les restrictions avaient été allégées pendant les fêtes, avec notamment restaurants, bars et discothèques qui ont pu rester ouverts jusqu’à 3 heures du matin.

Avec une hausse de 70 % des contaminations par rapport à la semaine précédente, le Liban fait désormais partie des pays connaissant l’une des plus fortes progressions au monde, selon les chiffres compilés par l’AFP.

Il arrive derrière des pays comme le Portugal (+73 %), le Nigeria (+77 %) et l’Irlande (+190 %).

Le Liban doit recevoir en février sa première livraison du vaccin américano-allemand Pfizer-BioNTech.

La crise sanitaire au Liban vient se greffer à la pire crise économique du pays depuis des décennies, qui a doublé le taux de pauvreté, selon l’ONU.

« C’est l’enfer », titrait en Une lundi le quotidien local Al-Akhbar.

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