Le Likud commence les négociations pour former sa coalition
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Le Likud commence les négociations pour former sa coalition

Les partis haredim tenteraient de s'unir pour appuyer leurs revendications : le Likud suggère l'absorption de Koulanou, mais pas d'Yisrael Beytenu et exclut Smotrich à la Justice

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances, Moshe Kahlon, à la Knesset le 13 mars 2018. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances, Moshe Kahlon, à la Knesset le 13 mars 2018. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

A peine les élections sont-elles terminées que les négociations entourant la composition des cabinets entre les factions de droite ont commencé.

Un haut responsable du Likud a déclaré jeudi que le parti victorieux devrait confier les prestigieux ministères de la Défense et des Finances à des partenaires de la coalition, mais a refroidi l’enthousiasme de l’Union des partis de droite, qui veut obtenir de la Justice.

« Le Likud n’aura pas la Défense et les Finances », a déclaré l’ancien chef de la coalition David Bitan à la radio de l’armée dans une interview jeudi matin.

Ces propos semblaient contredire les informations émanant du Likud mercredi, lesquelles semblaient suggérer que Benjamin Netanyahu envisagerait de garder le portefeuille de la Défense.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, à Washington DC, le 25 mars 2019. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh)

Le ministre Likud Avi Dichter, ancien chef des services de sécurité du Shin Bet, a également déclaré jeudi qu’il espérait remporter ce poste. « Je n’ai pas caché mon désir de devenir ministre de la Défense », a-t-il déclaré au site Ynet. « J’ai travaillé dans la sécurité nationale pendant 48 ans, je pense que je peux amener de bonnes choses, ainsi que de l’expérience » à ce poste.

La Douzième chaîne a indiqué mercredi que Netanyahu étudiait la possibilité que Koulanou, dirigé par l’ancien ministre du Likud Moshe Kahlon, et Yisrael Beytenu, de l’ancien militant Likud et assistant de Benjamin Netanyahu Avigdor Liberman, fusionneraient en une seule et même faction de 44 sièges.

Cette information a déclenché des fuites au sein du Likud qui suggéraient que les militants sont assez réticents face au retour de Liberman, qui a longtemps critiqué Netanyahu. Mais Kahlon, qui n’a pas rompu avec son ancien foyer politique, et qui a prouvé sa force politique mardi, même dans une élection qui a vu une affluence d’électeurs du Likud, serait le bienvenu.

« Kahlon devrait revenir au Likud », a déclaré Bitan jeudi. « C’est une offre que nous ne ferons pas à Liberman. »

Le dirigeant de l’Union des partis de droite Rafi Peretz (à droite) et le député Bezalel Smotrich sont accueillis par des partisans au siège du parti, le 9 avril 2019. (Flash90)

Rafi Peretz, chef de l’Union des partis de droite, une alliance de partis d’extrême-droite, a déclaré mercredi que son parti demanderait les portefeuilles de l’Education et de la Justice.

Peretz, un rabbin sioniste religieux et ancien aumônier en chef de l’armée israélienne, demandera à Netanyahu d’être nommé ministre de l’Education, une position traditionnellement confiée aux factions politiques sionistes religieuses. L’Union des partis de droite demandera également à ce que son numéro 2, Bezalel Smotrich, obtienne le ministère de la Justice, alors que le parti à l’intention de faire avancer des réformes judiciaires pour affaiblir l’autorité de la Cour suprême.

Bitan n’a pas réagi quant à la demande du portefeuille de l’Education, mais a exclu de confier la Justice à l’extrême-droite.

Le député Likud David Bitan assiste à une réunion de la commission centrale électorale à la Knesset, le 5 mars 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Smotrich ne sera pas ministre de la Justice », a déclaré Bitan, qui était représentant du Likud à la commission électorale centrale.

Ces commentaires semblent confirmer des informations du Likud qui suggéraient que le parti avait l’intention de confier à Smotrich le ministère du Logement – une priorité pour cet homme politique pro-implantation – et de garder le portefeuille de la Justice pour Yariv Levin, du Likud, un ancien vice-président de l’Association du barreau israélien et fervent critique de l’activisme judiciaire et de la Cour suprême.

Par ailleurs, Yahadout HaTorah et Shas, les deux partis ultra-orthodoxes qui ont, à eux deux, obtenu 15 sièges, cherchent à resserrer les rangs dans les négociations de coalition afin d’obtenir plus de concessions de la part de Netanyahu pour leur entrée dans la coalition.

Yaakov Litzman, à la tête de Yahadout HaTorah, a déclaré jeudi matin qu’il souhaitait attirer l’Union des partis de droite dans cette alliance.

Le vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 3 juin 2018. (Marc Israel Sellem/POOL)

« J’ai l’intention de me tourner vers [le chef de Shas] Aryeh Deri pour créer une unité dans les négociations de coalition autour de nos revendications principales », notamment celle de garantir que les étudiants en yeshiva restent dispensés de service militaire, a déclaré Litzman.

En fin de compte, le Likud disposera de nombreux portefeuilles, parce qu’il détient un nombre de sièges largement supérieur à celui de ses partenaires. De 10 ministères lors du gouvernement sortant, son cabinet pourrait en détenir 15 dans le prochain.

Yahadout HaTorah refuse tout poste de ministre, pour des raisons idéologiques (même si son chef Yaakov Litzman était vice-ministre de la Santé), mais Shas devrait se voir confier 3 ou 4 postes au cabinet. Si Koulanou ne fusionne pas avec le Likud, le parti aux 4 sièges disposerait d’un ministère.

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