Le masque, nouvelle source d’inspiration pour les créateurs de mode israéliens
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Le masque, nouvelle source d’inspiration pour les créateurs de mode israéliens

Mettant leur talent créatif au service de la nécessité, les stylistes offrent toute une gamme de masques en tissu originaux, fashion et protecteurs - et à double épaisseur

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

La créatrice Lara Rosnovsky utilise des tissus de son ancienne collection pour fabriquer des masques pour ses clients (Autorisation :  Lara Rosnovksy)
La créatrice Lara Rosnovsky utilise des tissus de son ancienne collection pour fabriquer des masques pour ses clients (Autorisation : Lara Rosnovksy)

Quand le gouvernement israélien a conseillé pour la toute première fois le port du masque, aujourd’hui obligatoire, les créateurs de mode locaux ont eu le sentiment qu’une nouvelle opportunité se présentait à eux.

« J’ai réalisé qu’il y aurait une demande pour des masques, pour des produits qui soient sympas et confortables, qui ne soient pas fabriqués en papier ni d’apparence trop chirurgicale », s’exclame la styliste Hagar Sattat. « Les gens vont les porter en permanence dans la journée », a-t-elle ajouté.

En quelques jours, Sattat a imaginé trois styles différents de masques en coton bien ajustés conçus pour les femmes, les hommes et les enfants dans une grande variété de couleurs.

Et elle n’a pas été la seule.

Les nouvelles directives qui ont été émises le 12 avril obligent dorénavant tous les Israéliens âgés de plus de 6 ans de porter des masques lorsqu’ils sortent à l’extérieur, qu’il s’agisse de masques fabriqués à la maison, achetés ou artisanaux.

Au moins dix créateurs de mode ont commencé à présenter leurs masques sur Facebook, fabriqués à l’aide de tissus éclatants, souvent ajustables, et proposant des tailles différentes.

Le masque de Sattat est conçu conformément à sa marque de fabrique, à partir d’une couche de tissu en coton qui couvre le nez et la bouche. Certains arborent un cœur mécanique en or de bon goût ou une rangée de clous en argent – en écho à ses créations de bijoux et de tee-shirts.

« Je voulais quelque chose de simple et de facile à laver, avec un look classique, chic, comme c’est le cas de mes bijoux », explique Sattat, qui crée de la joaillerie depuis 16 ans mais qui a dû mettre ses employés en congé non-payé pendant toute la durée de la pandémie de coronavirus. « J’ai créé ces masques très rapidement ».

מסיכה מעוצבת זה התכשיט החדש ????כולנו כבר מבינות מה עומד להיות האקססורי הכי חשוב בתקופה הקרובה אז עיצבתי לכן מסכות בד רב…

פורסם על ידי ‏‎Hagar Satat | Jewelery‎‏ ב- יום רביעי, 15 באפריל 2020

Sattat travaille avec plusieurs couturières et son père et son frère sont propriétaires d’une fabrique de tee-shirts sérigraphiés, ce qui facilite la production. Ce type d’accès à des machines à coudre et au travail s’avère particulièrement crucial en ce moment.

Zohara Tights, qui crée et fabrique des chaussettes, des bas et des maillots de bain, a fait appel, il y a deux semaines, à plusieurs créateurs pour imaginer 14 masques différents qui viendront s’ajouter à son offre, dit Dana Rapaport, directrice-générale de Zohara.

Parmi ces talents de la mode, Lara Rosnofsky, connue à l’ordinaire pour ses robes et ses kimonos galabiya tout en couleurs. Tous les masques proposés par Zohara sont conçus avec une double épaisseur, explique Rapaport, conformément aux directives du ministère de la Santé.

« Ils se vendent », clame Rapaport.

C’est aussi le cas de Sattat qui a présenté ses créations sur son site internet, le vendredi 10 avril, et qui clamait, le dimanche, avoir déjà reçu « une tonne » de commandes. Elle vend ses masques individuellement, sous la forme d’assemblages pour les familles ou par deux ou par quatre – pour un prix allant de 37 shekels à 99 shekels.

Aujourd’hui, Sattat travaille seule dans son studio de Tel Aviv, répondant aux commandes souscrites par internet.

Son site représente généralement 25 % de ses activités. Il représente dorénavant 100 % de tout son travail et elle note une augmentation de
30 % de ses commandes en ligne. Elle n’a pas encore mis à la vente sa collection de bijoux pour le printemps, espérant pouvoir la lancer seulement au moment de la réouverture de son magasin.

« Pour l’instant, le masque est le nouvel accessoire du printemps », s’exclame-t-elle.

La styliste Dalit Ciporkin propose, elle aussi, ses propres masques – extérieur coton, intérieur gaze – en cadeau aux clients commandant un vêtement à la vente.

« Achetez avec amour et recevez avec amour », a écrit Ciporkin sur ses pages Facebook et Instagram. Elle offre également une livraison gratuite.

Et pendant ce temps, ce qui n’est pas non plus négligeable, fabriquer des masques aide également à passer le temps, déclare Lydia Rener, qui crée et qui vend des sacs 100 % tissu depuis son studio situé à Tel Aviv, près de la rue Nachalat Binyamin.

Rener a fabriqué son premier masque pour son usage personnel il y a environ un mois, quand les gens ont commencé à en mettre pour se protéger du coronavirus.

« J’avais tout le nécessaire pour en fabriquer dans le studio et je l’ai créé comme je crée mes sacs, avec deux couches, une couche extérieure et une couche intérieure », indique Rener, qui utilise souvent de la toile gommée pour ses sacs à main vegan.

C’est quand des gens l’ont arrêtée dans la rue pour savoir où elle avait trouvé son masque qu’elle a su que le moment était venu d’en fabriquer et d’en vendre.

« Ça m’occupe pour le moment », indique Rener. « Cela ne va pas remplacer les sacs, mais ça me donne quelque chose à faire et un moyen de rester active dans mon travail ».

פורסם על ידי ‏‎Lydia Rener‎‏ ב- יום רביעי, 15 באפריל 2020

Tous les masques de Rener sont à double épaisseur et ajustables. Ils sont disponibles à son studio de Tel Aviv ou par messenger, et auprès de sa boutique en ligne Etsy au prix de 52,73 shekels.

Et ils sont tous fabriqués par Rener.

« C’est moi et moi seule pour le moment, pour le meilleur ou pour le pire », s’amuse-t-elle. « Et j’adore être en contact avec mes clients ».

Adi Bakshi a commencé à créer des masques quand le gouvernement israélien a commencé à recommander le port du masque à l’extérieur (Autorisation : Adi Bakshi)

Ce sont les clients de la styliste Adi Bakshi qui l’ont poussée à faire des masques, explique cette dernière, connue pour ses séries de foulards à bouton pour les adultes et les enfants.

« Je n’ai rien voulu faire avant d’avoir compris à quoi devaient ressembler les masques », ajoute Bakshi, diplômée de Shenkar, qui conçoit ses propres collections de foulards depuis onze ans.

« Quand le Premier ministre et le ministre de la Santé ont expliqué qu’il fallait que nous nous couvrions le nez et la bouche et que nous pouvions aussi utiliser des foulards, alors j’ai su que je pouvais faire quelque chose », ajoute-t-elle.

Comme pour les foulards qui sont devenus sa marque de fabrique, et qui sont souvent réversibles, les masques de Bakshi sont ajustables en fonction du visage, avec deux couches de tissu et complètement lavables. Ils coûtent environ 59 shekels l’unité et peuvent être achetés avec un foulard au prix de 148 shekels.

« L’idée, c’est d’acheter plusieurs masques pour plusieurs personnes en sachant qu’ils sauront s’adapter à tous », note-t-elle.

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פורסם על ידי ‏Adi Bakshi עדי בקשי‏ ב- יום שלישי, 7 באפריל 2020

Ses ventes sont nombreuses actuellement auprès des individus et des entreprises qui veulent que leurs logos figurent sur le tissu. Toutefois, ce sont les familles qui en achètent en majorité, « pour maman, papa et les enfants », dit Bakshi.

« Je pense que quelque chose va changer dans notre style de vie », indique-t-elle. « Nous allons porter des masques dans les bus, dans les trains et dans les avions, et dans la file d’attente du bureau de poste. Les gens mettront des masques métalliques ou en tissu et ils vont finalement en faire un accessoire. On peut se balader avec ce type de masque et se sentir mieux ».

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