Le militant écologiste Alon Tal candidat à la présidence du KKL-JNF
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Le militant écologiste Alon Tal candidat à la présidence du KKL-JNF

Les partis politiques israéliens et courants religieux restent muets sur les chances de l'universitaire d'être nommé au poste à l'approche du prochain Congrès sioniste en octobre

Le professeur Alon Tal (à gauche) avec le législateur du parti Bleu-Blanc (Kakhol-Lavan) Miki Haimovitch au port de Tel Aviv lors de la soirée électorale du 17 septembre 2020. (Autorisation : Alon Tal)
Le professeur Alon Tal (à gauche) avec le législateur du parti Bleu-Blanc (Kakhol-Lavan) Miki Haimovitch au port de Tel Aviv lors de la soirée électorale du 17 septembre 2020. (Autorisation : Alon Tal)

L’une des personnalités les plus en vue dans la défense de l’environnement met au défi les partis politiques et organisations communautaires et religieuses israéliennes qui participeront au prochain Congrès sioniste. Il les conjure de prendre au sérieux l’affirmation du Fonds national juif KKL-JNF, selon laquelle l’organisation israélienne représente « la première organisation verte » d’Israël, et de le choisir ainsi en tant que prochain président.

Dans son programme, le professeur Alon Tal, directeur du Département des politiques publiques de l’Université de Tel Aviv, a déclaré que l’organisation « manquait de leadership et de vision pour vraiment faire d’Israël le leader international du développement durable qu’il pourrait être ».

Toutes les organisations écologiques importantes ont signé des lettres demandant à Benny Gantz, chef du parti Kakhol-Lavan, et à Yair Lapid, chef de Yesh Atid, de soutenir publiquement la candidature de Tal.

Après avoir cofondé le Mouvement vert, qui s’est présenté à deux élections israéliennes, Tal a rejoint le parti de Benny Gantz, Hosen L’Yisrael, en 2019, obtenant la 25e place sur la liste de la Knesset ; mais il est tombé à la 45e place, donc inéligible, après la fusion du parti de Gantz avec Yesh Atid pour former Kakhol lavan (dont Yesh Atid s’est depuis séparé).

Le professeur Alon Tal photographié debout au-dessus du wadi Bokek près de la mer Morte. (Autorisation : Alon Tal)

Il a joué un rôle majeur dans le lancement de la plateforme écologique de Kakhol lavan, et il est proche du député et militant écologiste Miki Haimovitch.

Ni Kakhol lavan ni Yesh Atid n’ont déclaré publiquement quel était leur candidat préféré à la présidence du KKL, bien qu’il a été rapporté que Yesh Atid souhaitait que son député Elazar Stern, ancien général de division de l’armée, obtienne le poste. Selon le journal Calcalist, Yesh Atid pourrait offrir à Kakhol lavan un siège à la Knesset s’il accepte également de le soutenir.

Elazar Stern, membre de la Knesset. (Autorisation : Hadas Parush / Flash 90)

Le KKL, créé en 1901 pour acheter et développer des terres pour former des implantations juives, est principalement connu pour les centaines de millions d’arbres qu’il a plantés dans tout Israël. L’organisation sert de gardien, au nom du peuple juif, de 13 % des terres du pays, dont la gestion appartient à l’Autorité foncière d’Israël. Sorte d’ONG, officiellement enregistrée en tant qu’entreprise au service du public, elle œuvre dans les domaines de la conservation des eaux et forêts, de l’éducation, du développement des communautés, du tourisme, et de la recherche et développement.

Tal a présenté un plan d’action prioritaire en 10 points pour l’organisation, qui prévoit la formulation d’une stratégie de long terme et une mise-à-jour de la législation existante pour préserver durablement les forêts dans lesquelles « les générations précédentes ont travaillé si dur pour planter et cultiver ». Il souhaite également l’accélération de la transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables en Israël, l’expansion des réseaux de pistes cyclables dans les forêts du KKL, l’augmentation de la couverture d’arbres dans les zones urbaines afin de fournir de l’ombre à mesure du réchauffement climatique, et la restauration du budget recherche du KKL pour garantir qu’Israël maintienne sa réputation d’innovateur international dans les domaines de l’écologie, du boisement et de l’agriculture.

Sur cette photo non-datée, un enfant brandit une boîte bleue du KKL-JNF pour recueillir des dons. La boîte bleue fut l’un des premiers moyens de collecter des fonds pour le tout nouveau Fonds national Juif KKL-JNF et était présente dans de nombreux foyers juifs. (Autorisation : KKL-JNF)

Reste à savoir si les compétences environnementales de Tal influenceront le vote. La présidence du KKL, tout comme celles de l’Agence juive, du Keren Hayessod et de l’Organisation sioniste mondiale, est une nomination politique attribuée selon des considérations politiques pas nécessairement liées à une expérience spécifique. Elle se décide lors de négociations entre les partis politiques et les courants religieux représentés au Congrès sioniste mondial qui se tient tous les cinq ans. Cette année, la rencontre est prévue du 20 au 22 octobre.

« C’est bien de dire que le KKL concerne l’écologie et le reboisement », a déclaré une source proche du mouvement. « Mais rappelez-vous qu’il s’agit en fait d’une organisation de développement foncier chargée d’acheter des terres au nom du peuple juif. » Il a ajouté qu’il était important de s’assurer que l’organisation puisse tenir tête aux politiciens et maintenir son indépendance.

En tant que premier propriétaire foncier du pays, le KKL bénéficie des revenus des ventes et locations des terres. Sa richesse en fait une tentation extrême pour les politiciens, et des tentatives ont été faites par le passé pour la nationaliser.

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman (à gauche) et le chef du KKL-JNF Daniel Atar plantent un arbre lors de Tou BiShvat à la résidence de l’ambassadeur américain à Jérusalem, le 12 février 2020. (Autorisation: Rafi Ben Hakoon / KKL-JNF)

Ces dernières années, le KKL a perdu de son éclat, la branche israélienne ne bénéficiant plus du soutien des branches de la diaspora, qui ont fractionné et ouvert leurs propres bureaux en Israël.

Le président actuel du KKL est Daniel Atar du Parti travailliste.

Au cours de sa longue carrière de militant écologiste et d’universitaire, Tal, qui a immigré des États-Unis en Israël il y a 40 ans, a fondé l’organisation de défense juridique à but non lucratif Adam Teva v’Din et l’Institut Arava pour les études environnementales au kibboutz Ketura dans le sud d’Israël. Il a également présidé l’organisation Life and Environnement.

Il a dirigé le sous-comité du KKL sur le développement durable, qui a conçu en 2005 les nouvelles politiques de l’organisation pour le programme de restauration des forêts, des réservoirs et des cours d’eau. À partir de 2006, il a présidé pendant plus d’une décennie le comité d’aménagement du territoire du KKL. En 2008, à l’occasion du 60e anniversaire d’Israël, il a reçu le prix du ministère de l’Environnement pour l’ensemble de ses réalisations.

Promenade dans une forêt du Fonds national Juif KKL-JNF aux environs de Jérusalem, le 21 avril 2011. (Autorisation : Miriam Alster / Flash90).
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