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Le ministre de la Santé rejette les « scénarios apocalyptiques » de Bennett

Horowitz affirme que la situation est sous contrôle et que "répandre la peur" est inutile ; il écarte les confinements mais assure que "notre doigt est toujours sur la gâchette"

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz s'exprime lors d'une conférence de presse près de Tel Aviv, le 30 décembre 2021 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz s'exprime lors d'une conférence de presse près de Tel Aviv, le 30 décembre 2021 (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz a tenté lundi de tempérer les inquiétudes liées à la montée en flèche des taux de morbidité dus au coronavirus, en s’opposant à la prédiction du Premier ministre Naftali Bennett, qui envisage des dizaines de milliers de nouveaux cas par jour.

M. Horowitz, qui a de façon stoïque, affirmé qu’Israël maîtrisait la pandémie en dépit de la flambée du nombre de cas et de la pénurie de tests, a assuré que des mesures de confinement ou d’autres mesures strictes n’étaient pas envisagées.

« Je veux calmer les choses », a déclaré lundi M. Horowitz lors d’une réunion du parti Meretz qu’il dirige à la Knesset. « Nous comprenons que l’infection se propage, mais il n’y a aucune raison de susciter la peur parmi la population et il n’y a pas besoin de paniquer. »

Israël est confronté à une augmentation rapide du nombre de cas de coronavirus, qui serait alimentée par le variant Omicron, qui se propage rapidement. Lundi, le ministère de la Santé a confirmé 6 562 nouveaux cas la veille, soit près du double du nombre de cas enregistrés un peu plus tôt.

Le Premier ministre Naftali Bennett s’exprime lors d’une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 2 janvier 2022. (Crédit : Emil Salman/Pool/Flash90)

Dimanche, M. Bennett a annoncé qu’une quatrième dose de vaccin serait mise à la disposition des personnes âgées d’au moins 60 ans ou du personnel soignant, mais il a également averti que le pays devait se préparer à la possibilité que le nombre de nouvelles infections puisse atteindre 50 000 par jour.

« D’ici le week-end, j’estime que nous aurons franchi la ligne des 20 000 cas vérifiés et, au pic de la vague, il se pourrait que nous dépassions les 50 000 cas vérifiés. Il s’agit de chiffres très élevés », a-t-il déclaré.

M. Horowitz n’a pas mentionné directement M. Bennett dans ses remarques, mais il a semblé faire référence à la prédiction du Premier ministre lorsqu’il a rejeté « les scénarios apocalyptiques totalement inutiles et sans valeur ».

« Ils sèment la peur parmi les citoyens, cela n’aide pas et cela leur nuit », a-t-il déclaré.

Des Israéliens sont soumis à un test de dépistage du coronavirus par des agents de santé dans un centre de dépistage COVID-19 à Ramat Gan, le 2 janvier 2022 (Crédit : AP Photo/Oded Balilty).

Dimanche, Horowitz et d’autres responsables de la Santé se sont également vu présenter plusieurs scénarios par des experts de l’Institut Gertner et du Technion-Israel Institute of Technology, dont le plus extrême prévoyait que 99 % de la population israélienne contracterait le variant Omicron.

Promettant que des mesures de confinement ou d’autres restrictions de grande envergure n’étaient pas à l’ordre du jour, M. Horowitz a également semblé vouloir limiter les attentes quant à ce que le gouvernement pourrait faire pour contenir le virus.

« Comme partout ailleurs dans le monde, nous ne pouvons pas totalement arrêter la propagation d’Omicron. Nos mesures sont donc coordonnées aux caractéristiques de la vague actuelle », a-t-il déclaré. « Nous avons planifié la nouvelle situation et la situation est donc totalement sous contrôle. »

Les commentaires d’Horowitz ont été repris par le chargé de la lutte contre le coronavirus, Salman Zarka, qui a déclaré lors d’une conférence de presse lundi que « nous ne pouvons pas arrêter la propagation de la maladie, nous travaillons à réduire la morbidité pour protéger les gens, en particulier ceux à haut risque. »

Le responsable de la lutte contre le coronavirus en Israël, Salman Zarka, lors d’une conférence de presse sur le coronavirus à Jérusalem, le 29 août 2021. (Crédit :Olivier Fitoussi/Flash90)

Les responsables israéliens parlent de plus en plus de se diriger vers quelque chose qui s’apparente à une « immunité collective », en évitant de nombreuses restrictions et en laissant passer la vague une fois que la maladie a touché une large partie de la population, bien que certaines estimations aient mis en doute l’efficacité d’une telle stratégie.

« Ce qui va se passer, à l’instar de ce qui se passe dans le monde entier, c’est que les restrictions qui ont quelque peu fonctionné [contre d’autres variants] seront tout simplement inefficaces contre Omicron, et nous en aurons fini que lorsque la quasi-totalité des personnes susceptibles d’être infectées l’auront été », a déclaré dimanche à Ynet le professeur Eran Segal de l’Institut Weizmann, prédisant qu’il faudrait environ trois semaines avant que les chiffres ne commencent à baisser.

Zarka a déclaré lors de la conférence de presse que cette idée n’a « aucune validité scientifique ».

« Nous n’avons pas de politique d’infection massive. [Les affirmations selon lesquelles nous essayons d’atteindre] l’immunité collective n’ont aucun fondement. Nous sommes actuellement confrontés à une vague combinée, avec la variante Delta toujours active, et un certain nombre de patients hospitalisés en souffrent », a-t-il déclaré.

Eran Segal (Autorisation)

Dans un rapport remis dimanche au cabinet chargé de la lutte contre le coronavirus, M. Segal avait prédit qu’entre 2 à 4 millions de personnes sur les quelque 9,5 millions d’habitants d’Israël finiraient par contracter le variant Omicron, mais que le nombre de cas graves simultanés ne dépasserait pas le record actuel d’environ 1 200.

Selon les chiffres du ministère de la Santé, le nombre de cas graves s’élevait lundi à 110, soit le premier pic important d’hospitalisations depuis qu’Omicron s’est introduit dans le pays.

Les hôpitaux ont commencé à tirer la sonnette d’alarme, déclarant que si, lors des vagues précédentes, le système avait réussi à gérer 1 200 cas graves simultanés, cette fois-ci, le personnel est déjà mis à rude épreuve en raison de l’épidémie de grippe actuelle et d’un nombre croissant de membres du personnel en quarantaine.

Horowitz a été un farouche opposant aux confinements ou à des mesures similaires qui pourraient nuire à l’économie, et en décembre, il aurait empêché Bennett d’imposer un confinement aux personnes non vaccinées, à l’instar de l’Autriche.

Le personnel médical de l’hôpital Hadassah Ein Kerem porte des équipements de sécurité alors qu’il travaille dans le service COVID de l’hôpital, récemment rouvert, à Jérusalem, le 27 décembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Néanmoins, Israël a imposé une série d’autres mesures, qui ont changé régulièrement et certains ont déploré la confusion engendrée.

Horowitz a déclaré lundi que les règles étaient constamment repensées en fonction de l’évolution de la situation.

« Nous avons le doigt sur la gâchette en permanence et nous gérons les risques de manière dynamique, jour après jour », a-t-il déclaré. « Si nous ne le faisons pas, nous risquons d’endommager gravement l’un des trois fondements : la santé, l’économie ou la démocratie. »

La ministre de l’Education Yifat Shasha-Biton, également connue pour être une opposante à de nombreuses restrictions, a adressé des critiques au ministère de la Santé lundi après l’expiration d’un programme qui permettait aux élèves de rester à l’école même s’ils étaient cas-contacts, les responsables ne parvenant pas à se mettre d’accord sur la prolongation du dispositif.

Mme Shasha-Biton a accusé le ministère de refuser obstinément d’envisager la prolongation du programme, ce qui, selon elle, est « totalement injustifié ».

« L’annulation du programme nuit aux enfants renvoyés à la maison et aux petites classes, et il y a également des conséquences pour les parents contraints de rester chez eux, et sur l’économie », a-t-elle déclaré à Ynet.

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