Le parti islamiste Raam ne siègera pas avec l’extrême-droite – Responsable arabe
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Le parti islamiste Raam ne siègera pas avec l’extrême-droite – Responsable arabe

Shaa Mansour Massarwa dit qu'aucun parti arabe israélien ne travaillera avec Smotrich ou Ben-Gvir ; Gantz appelle à la concertation pour écarter Netanyahu

Mansour Abbas, (à gauche), chef du parti islamique conservateur Raam, pendant un rassemblement politique à l'issue de sa réussite électorale lors du scrutin du 23 mars à Maghar, un village du nord d'Israël, le 26 mars 2021. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)
Mansour Abbas, (à gauche), chef du parti islamique conservateur Raam, pendant un rassemblement politique à l'issue de sa réussite électorale lors du scrutin du 23 mars à Maghar, un village du nord d'Israël, le 26 mars 2021. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Shaa Mansour Massarwa, maire de la ville arabe israélienne de Tayibe, a déclaré au micro de la radio militaire que ne jamais siéger avec le chef du Parti sioniste religieux Bezalel Smotrich ou aux côtés d’Itamar Ben Gvir, membre kahaniste du même parti, était un principe « auquel aucun d’entre nous ne renoncera ».

Soulignant qu’il ne faisait que présenter son opinion propre et qu’il ne s’exprimait pas au nom des partis arabes israéliens, Massarwa a ajouté que la question des LGBT représentait aussi une « ligne rouge » pour Raam qui, a-t-il noté, est une formation religieuse et conservatrice.

Le Parti sioniste religieux a gagné six sièges lors des élections, ce qui fait de cette alliance d’extrême-droite un bloc essentiel dans la tentative du Premier ministre Benjamin Netanyahu de rester au pouvoir.

S’il n’est pas membre de Raam ou de la Liste arabe unie, Massarwa a néanmoins joué un rôle dans l’organisation d’une rencontre, ce week-end, entre le leader de Raam et celui du parti Yesh Atid, Yair Lapid, qui tente actuellement de rassembler une coalition qui serait susceptible d’écarter Netanyahu de son poste.

(COMBO) De gauche à droite : Itamar Ben Gvir, chef du parti Otzma Yehudit, le 15 mars 2021 ; le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 11 mars 2021 et Mansour Abbas, dirigeant du parti islamiste conservateur Raam, le 23 mars 2021. (Crédit : sources variées / AFP)

Massarwa a indiqué que s’il n’avait pas lui-même assisté à la réunion, il lui avait été dit que tout s’était bien passé et que les contacts entre les deux partis politiques continueraient. Lapid se serait aussi entretenu, dimanche, avec des représentants de la Liste arabe unie.

Des sources de la Liste arabe unie ont confié à la Radio militaire que le parti n’avait pas encore décidé de la personnalité qu’elle recommanderait au poste de Premier ministre, notant – sans entrer dans les détails – que le soutien du parti aurait un prix pour Lapid.

La Liste arabe unie – une alliance des formations à majorité arabe Taal, Hadash, Balad et Maan – a gagné six sièges lors du scrutin. Toutefois, Balad a fait savoir que le mouvement ne recommanderait pas, quoi qu’il arrive, la candidature de Lapid à la fonction de Premier ministre, a indiqué la station de radio, et que son dirigeant ne se rendrait pas à une réunion organisée dans la semaine entre les responsables de la Liste arabe unie et le chef de Yesh Atid.

La députée Aida Touma-Sliman de la Liste arabe unie a déclaré au site que son mouvement n’avait pas pris de décision sur la personnalité qu’elle soutiendra.

Le maire de Tayibe, Shaa Mansour Massarwa (Crédit : Dov Lieber / Times of Israel)

« La carte politique est complète », a dit Touma-Sliman. « Et clairement, s’il y a une opportunité de remplacer le régime de Netanyahu, alors nous n’hésiterons pas – mais c’est compliqué et rien n’est encore acquis ».

Elle a ajouté que la Liste arabe unie surveillait jusqu’où les politiciens étaient prêts à aller pour remplacer Netanyahu.

Netanyahu a rejeté de manière répétée, avant les élections du 23 mars, la perspective de compter sur le soutien de Raam pour former un gouvernement qualifiant « d’antisioniste » la formation. Toutefois, certains députés du Likud ont évoqué la possibilité d’un partenariat avec Raam au lendemain du scrutin, au cours duquel le Premier ministre et ses alliés de droite ne sont pas parvenus à obtenir une majorité claire.

L’appui de Raam pourrait apporter au bloc pro-Netanyahu une majorité si la faction de droite Yamina devait s’engager également à ses côtés. Samedi, Ayoub Kara, parlementaire issu du Likud de Netanyahu, s’est entretenu avec Abbas.

La députée de la Liste arabe unie Aida Touma-Sliman à la Knesset, le 3 juin 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Ni le bloc pro-Netanyahu, ni celui qui s’oppose au Premier ministre ne disposent actuellement d’une ouverture claire qui permettrait de former une coalition à l’issue du vote de mardi – cela a été la quatrième fois en l’espace de deux ans que les Israéliens sont retournés aux urnes.

Yesh Atid sera le deuxième parti le plus important à la Knesset, forte de 120 membres, avec 17 sièges, suivant le Likud de Netanyahu qui a remporté 30 sièges. Mais aucune formation n’a actuellement le soutien clair d’un nombre suffisant de factions pour lui apporter la majorité de 61 sièges nécessaire pour mettre en place une coalition.

Le parti ultra-orthodoxe Shas, allié de longue-date de Netanyahu, a annoncé lundi qu’il recommanderait ce dernier au poste de Premier ministre.

« Shas va œuvrer en faveur de la formation d’un gouvernement de droite dirigé par Netanyahu qui préservera l’identité juive du pays et qui agira au nom des populations à bas revenu », a noté la formation dans un communiqué.

« Le Shas appelle les partis de droite, et particulièrement Yamina et Tikva Hadasha, à mettre de côté toutes les autres considérations et à rejoindre un gouvernement pleinement de droite et placé sous l’autorité de Benjamin Netanyahu. »

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