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Le Premier ministre de l’AP rend hommage aux « martyrs et victimes » de Jénine

Aux côtés d'hommes armés et du père d'un terroriste, Mohammed Shtayyeh a décrit le camp de réfugiés de Jénine comme un symbole de l'unité palestinienne

Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammed Shtayyeh, lors d'une visite dans une tente de deuil élevée pour les tireurs palestiniens, tués lors d'affrontements avec les troupes israéliennes, dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, le 16 octobre 2022. (Crédit : Twitter)
Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammed Shtayyeh, lors d'une visite dans une tente de deuil élevée pour les tireurs palestiniens, tués lors d'affrontements avec les troupes israéliennes, dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, le 16 octobre 2022. (Crédit : Twitter)

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP), Mohammed Shtayyeh, a visité dimanche une tente de deuil élevée pour les tireurs palestiniens tués en affrontant les troupes israéliennes dans le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie.

Sur une photo publiée en ligne, Shtayyeh est vu debout aux côtés d’hommes armés masqués portant des insignes affiliés à différents groupes terroristes, dont le Jihad islamique palestinien.

La photo montre également Fathi Hazem, le père d’un terroriste qui a perpétré une fusillade meurtrière à Tel Aviv en avril, debout à côté du Premier ministre palestinien.

« Depuis ce camp de victimes, le camp de réfugiés de Jénine, nous affirmons que le sang des martyrs et l’obscurité des cellules de prison que nos prisonniers sont forcés d’endurer ne seront pas vains », a déclaré Shtayyeh lors de sa visite.

« Cette lutte est un processus de longue haleine, de génération en génération, de victimes en victimes. Jénine a créé une unité nationale sur le terrain », a déclaré le dirigeant palestinien.

« Le camp de réfugiés [de Jénine] est l’école de la nationalité palestinienne et un frère du camp de réfugiés de Shuafat, d’Anata, de Naplouse, de Rafah, de la Vieille Ville de Jérusalem et de tout autre endroit qui fait partie de la lutte palestinienne », a-t-il ajouté.

Shtayyeh est le Premier ministre de l’AP depuis 2019, et est membre du comité central du Fatah.

Ces derniers mois, le haut fonctionnaire a intensifié sa rhétorique contre Israël et s’est montré plus catégorique dans son soutien aux familles de terroristes palestiniens abattus.

Son ton plus sévère semble refléter la tendance de la direction palestinienne de ces derniers mois.

En juillet, le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, a lui-même téléphoné aux pères de deux tireurs palestiniens tués lors d’un échange de tirs avec les troupes israéliennes en Cisjordanie, pour leur présenter ses condoléances.

« Nous sommes tous en deuil. C’est notre destin et nous ne pouvons pas y échapper. Nous devons faire des sacrifices pour la patrie », avait-il déclaré à l’époque.

Israël accuse depuis longtemps l’AP d’Abbas d’encourager le terrorisme et les activités militantes en honorant publiquement les tireurs et les terroristes et en versant des allocations à leurs familles s’ils sont tués ou incarcérés dans des prisons israéliennes.

Les pères de deux tireurs palestiniens tués lors d’un affrontement avec les troupes israéliennes en Cisjordanie parlant au téléphone avec le dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le 24 juillet 2022. (Crédit : Twitter)

Selon certains analystes, les dirigeants manifestent leur soutien aux groupes armés palestiniens, ce qui peut être une tentative pour gagner un plus grand soutien face à la popularité croissante du groupe terroriste du Hamas.

Abbas a annulé les élections prévues l’année dernière, invoquant le refus d’Israël d’autoriser le vote à Jérusalem-Est, annexée par Israël, que les Palestiniens revendiquent comme leur capitale. Mais selon les analystes palestiniens, Abbas a hésité par crainte que le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, ne l’emporte sur le Fatah en Cisjordanie.

En mai, le Hamas a remporté 28 des 51 sièges du conseil des étudiants de l’université de Birzeit – première fois que des candidats alignés au groupe terroriste islamiste prenaient le contrôle de cet organe. Le Fatah dominait auparavant les conseils d’étudiants en Cisjordanie.

Un étudiant palestinien portant une chemise du Hamas est soulevé lors d’un rassemblement en soutien au groupe, lors de la célébration d’une victoire aux élections étudiantes à l’Université de Birzeit, dans la banlieue de Ramallah, le 19 mai 2022. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

La visite de Shtayyeh à Jénine, ce dimanche, intervient dans un contexte de tensions accrues à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

L’armée israélienne et la police sont en état d’alerte maximal depuis le début des fêtes du Nouvel an juif, avec des tensions déjà fortes en raison d’une offensive anti-terroriste israélienne qui a fait plus de 100 morts du côté palestinien et qui a entraîné plus de 2 000 arrestations au cours d’opérations nocturnes qui ont eu lieu dans toute la Cisjordanie.

Le nord de la Cisjordanie a connu une recrudescence des violences ces derniers mois. Des hommes armés palestiniens ont attaqué à plusieurs reprises des postes militaires, des soldats déployés le long de la barrière de sécurité en Cisjordanie, des implantations israéliennes ou encore des civils sur les routes.

Le service de liaison de l’armée avec les Palestiniens a déclaré dimanche qu’il avait révoqué les permis d’entrée en Israël de 164 parents de « membres d’un groupe terroriste palestinien » dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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