Le procureur général juge « simplistes » les réformes de Shaked
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Le procureur général juge « simplistes » les réformes de Shaked

Yehuda Weinstein se dit "en désaccord total" avec les propositions de la ministre visant à affaiblir le système judiciaire

Le procureur général Yehuda Weinstein (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le procureur général Yehuda Weinstein (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le procureur général Yehuda Weinstein a critiqué dimanche la série de réformes proposée par la ministre de la Justice Ayelet Shaked, qui risquent de secouer les pouvoirs de l’autorité judiciaire d’Israël. Il les a qualifiés de « simplistes et sans fondement ».

La salve de Weinstein, lequel n’a pas mentionné Shaked par son nom, semblait viser la nouvelle ministre de la Justice.

Il s’agit de ses projets de réforme de la Justice, dont les opposants estiment qu’ils risquent d’affaiblir le pouvoir judiciaire et de donner plus de poids aux hommes politiques quant à la composition de la Cour suprême.

« Il y a ceux qui croient que la gouvernance en Israël n’est pas entre les mains des élus, mais dans celles du système judiciaire. Ils croient que la séparation des pouvoirs est devenue incertaine, et devrait être redéfinie », a déclaré Weinstein à la Conférence d’Herzliya.

« Je suis complètement en désaccord avec cette approche, je crois que c’est une approche sans fondement et simpliste de l’idée de gouvernance. »

En prenant ses fonctions le mois dernier, Shaked avait formulé son espoir de faire passer trois réformes controversées : scinder le poste du procureur général en deux ou même trois services différents, donner à la Knesset le pouvoir de passer outre à certaines décisions de justice de la Haute Cour, et réduire le pouvoir de vote des juges de la Cour suprême dans le Comité des nominations des juges qui désigne les magistrats de la Haute Cour.

La ministre de la Justice nouvellement nommée Ayelet Shaked parle à la Conférence annuelle de l'association du Barreau à Eilat le 18 mai 2015. (Crédit photo: Yossi Zamir / Flash90)
La ministre de la Justice nouvellement nommée Ayelet Shaked,  à la Conférence annuelle de l’association du Barreau à Eilat, le 18 mai 2015 (Crédit photo: Yossi Zamir / Flash90)

Dans ses deux années en tant que députée du parti HaBayit HaYehudi, Shaked, qui, contrairement à beaucoup de ses prédécesseurs au ministère de la Justice n’est pas avocate de formation, a cherché à limiter le pouvoir du système judiciaire.

Weinstein a prévenu que jouer avec les pouvoirs du système judiciaire risquait d’avoir des implications plus larges sur l’état de la démocratie en Israël.

« Nous devons nous rappeler que le système judiciaire préserve la démocratie plus que la démocratie préserve le système judiciaire », a déclaré Weinstein.

« La démocratie n’est pas seulement la règle de la majorité. Une démocratie dans laquelle il n’y a pas de limites aux actions des élus n’est pas une démocratie. Une démocratie qui fonctionne sur le pouvoir de la majorité et bafoue les droits des minorités n’est pas une démocratie. Une démocratie qui ne préserve pas l’égalité n’est pas une démocratie. Une démocratie qui ne préserve pas les droits de l’Homme n’est pas une démocratie », a-t-il scandé.

En mai, Shaked avait dit qu’elle estimait que des décisions relatives à la gouvernance avaient été placées à tort entre les mains de la Justice, plutôt qu’entre celles des citoyens et de leurs représentants élus à la Knesset.

« Ce n’est pas un secret que je souhaite œuvrer pour renforcer la souveraineté de la Knesset. Les pouvoirs législatif et exécutif viennent du peuple », avait-elle affirmé.

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