Le programme américain de « Women’s Strike » appelle à la « décolonisation de la Palestine »
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Le programme américain de « Women’s Strike » appelle à la « décolonisation de la Palestine »

Ce programme suscite des critiques virulente, une journaliste s'interroge: "mais pourquoi la critique d'Israël serait-elle la clé du féminisme en 2017 ?"

Rasmea Odeh, à droite, terroriste palestinienne condamnée en Israël, a été jugée coupable d'avoir menti à l'immigration américaine quand elle a demandé la nationalité en 2004. (Crédit : capture d'écran YouTube/Middle East Eye)
Rasmea Odeh, à droite, terroriste palestinienne condamnée en Israël, a été jugée coupable d'avoir menti à l'immigration américaine quand elle a demandé la nationalité en 2004. (Crédit : capture d'écran YouTube/Middle East Eye)

Un appel à la grève aux États-Unis pour soutenir le féminisme et les droits des femmes a été critiqué pour son appel « à la décolonisation de la Palestine ».

La déclaration sur la Palestine est incluse dans une section sur « le féminisme antiraciste et anti-impérialiste » du programme de la branche américaine du mouvement International Women’s Strike. Le mouvement féministe a organisé ce mercredi des événements dans le monde entier.

Il associe la solidarité avec la Palestine à d’autres causes, dont Black Lives Matter, « la lutte contre la brutalité policière et l’incarcération de masse » et les droits des immigrés.

« Nous voulons démanteler tous les murs, des murs de la prison aux murs de la frontière, du Mexique à la Palestine », peut-on lire dans le programme.

Parmi les détracteurs de ce programme, Emily Shire, rédactrice politique du site féminin Bustle, a écrit dans un article d’opinion dans le New York Times publié mardi qu’en tant que sioniste, elle était « troublée » par les dispositions sur la Palestine.

« Je trouve troublant que l’adoption d’un tel point de vue soit considéré comme une partie essentielle d’un événement qui est censé unir les féministes », a-t-elle écrit.

« Je suis heureuse de débattre de la politique au Moyen-Orient ou d’écouter les critiques des politiques israéliennes. Mais pourquoi la critique d’Israël serait-elle la clé du féminisme en 2017 ? »

Shire a également critiqué l’implication de Rasmea Odeh dans cette grève. Rasmea Odeh est une Palestinienne inculpée et condamnée à la prison à perpétuité par un tribunal militaire israélien en 1970 pour deux attentats à la bombe, dont un en 1969 qui a tué deux Israéliens.

Odeh était parmi les huit auteurs d’un article d’opinion dans The Guardian annonçant le mouvement. Elle a avoué avoir placé la bombe, bien qu’elle a prétendu ces dernières années avoir avoué sous la torture, ce que contestent les responsables israéliens.

« Bien que l’on puisse débattre de la légitimité de la condamnation de Mme Odeh, il n’y a pas lieu de discuter du fait qu’elle ait été membre du Front Populaire pour la Libération de la Palestine, classé comme une organisation terroriste par le Département d’Etat », a écrit Shire.

La nièce de l’une des victimes de l’attentat de 1969 a également critiqué l’implication d’Odeh.

« Expliquez-moi comment ma famille est censée accepter le fait que la femme qui a pris la vie de mon oncle soit désormais considérée comme une héroïne par beaucoup de mes compatriotes Américains. Comment justifier que Rasmea Odeh, une femme qui a tué deux personnes (et avait l’intention d’en tuer davantage !) mène une lutte pacifique au nom des droits de l’Homme ? », a écrit Terry Joffe Benaryeh dans un article publié la semaine dernière dans le Huffington Post.

Odeh est aujourd’hui directrice adjointe au Réseau d’action arabe américain. En novembre 2014, elle a été reconnue coupable de parjure sur sa demande de, citoyenneté américaine. Elle a dissimulé sa condamnation et son incarcération pour les attentats lorsqu’elle est entrée aux États-Unis en 1995. Elle a demandé la citoyenneté en 2004.

En décembre 2016, un juge fédéral a ordonné un nouveau procès dans lequel Odeh sera autorisée à démontrer qu’elle souffrait de stress post-traumatique lorsqu’elle a été interviewée à Detroit au cours du processus de naturalisation, une revendication qui n’a pas été introduite lors de son premier procès.

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